Obtenir une assurance de prêt immobilier quand on a un problème de santé est souvent un vrai casse-tête. Bonne nouvelle : la majorité des emprunteurs finissent par obtenir une couverture acceptable, parfois sans surprime, grâce aux lois récentes et aux dispositifs d’accès au crédit. Découvrez notre guide de l'assurance prêt pour personne malade.

Ce qu'il faut retenir :

  • Assurer un prêt avec une maladie est possible : plusieurs niveaux d’étude existent.
  • Vous bénéficiez de droits spécifiques : droit à l’oubli, convention AERAS, limitation des surprimes, confidentialité.
  • Le choix du bon assureur peut réduire fortement la surprime et les exclusions.
  • La banque doit accepter la délégation si l’équivalence de garanties est respectée.
  • En 2026, selon les profils, une délégation permet souvent de diviser le coût par 2 (ex : passer de 70 €/mois à 35 €/mois sur 200 000 €).

Assurance prêt pour personne malade : comment ça fonctionne ?

Assurer un prêt immobilier lorsqu’on a, ou qu’on a eu, un problème de santé peut sembler compliqué, mais le fonctionnement est en réalité très encadré.

Exemple :

Pour un prêt de 200 000 € sur 20 ans, un emprunteur de 35 ans :

  • assurance “standard” : 0,10 % à 0,25 % du capital assuré (TAEA indicatif)
  • soit environ 17 € à 42 €/mois (selon contrat, garanties, quotité)

En risque aggravé, le coût peut monter au-delà, surtout si surprime + garanties lourdes.

Pourquoi l’assurance emprunteur analyse la santé ?

Contrairement à une assurance auto ou habitation, l’assurance emprunteur couvre votre capacité à rembourser le prêt en cas de maladie, d’invalidité ou de décès. C’est pour cette raison que :

  • un questionnaire de santé peut être demandé. Il est fortement déconseillé de faire une fausse déclaration : en cas d’omission ou de mensonge, l’assureur peut réduire l’indemnisation ou annuler les garanties selon les cas.
  • Un questionnaire de santé peut être demandé, sauf si vous remplissez les conditions de suppression prévues par la loi Lemoine.


Pas de questionnaire de santé si :
le montant assuré par personne est ≤ 200 000 €, et si le remboursement du prêt est prévu avant vos 60 ans.

Exemple :

  • Emprunteur 42 ans, prêt 20 ans → fin à 62 ans → questionnaire possible
  • Emprunteur 38 ans, prêt 20 ans → fin à 58 ans → pas de questionnaire si ≤ 200 000 € assurés

Les étapes de l’étude de risque : comment votre dossier est analysé ?

  • Le questionnaire de santé : vos déclarations concernant votre état de santé, vos traitements, opérations passées, arrêts de travail, etc. Selon vos réponses, trois possibilités : acceptation immédiate, demande de pièces complémentaires, ou passage en étude médicale approfondie.
  • Les examens médicaux ou rapports complémentaires : l'assureur peut demander une analyse sanguine, un rapport médical de votre médecin, voire même un compte-rendu d'hospitalisation.
  • La décision finale de l'assureur : quatre décisions sont possibles.
  • Acceptation standard : contrat sans surprime ni exclusion ;
  • Acceptation avec surprime : tarif augmenté en raison du risque ;
  • Acceptation avec exclusion : certaines garanties ne couvrent pas votre maladie ;
  • Refus d’assurance : uniquement si le risque est jugé incompatible avec l’assurance de prêt.

Exemple :

Sur un contrat à 0,18 %, si surprime :

  • +50 % → TAEA passe à 0,27 %
  • +100 % → TAEA passe à 0,36 %

Pour 200 000 € sur 20 ans (ordre de grandeur) :

  • 0,18 % ≈ 30 €/mois
  • 0,27 % ≈ 45 €/mois
  • 0,36 % ≈ 60 €/mois

Même en cas de refus, d’autres assureurs peuvent accepter. Les réponses varient beaucoup d’un assureur à l’autre.

Risque standard vs risque aggravé : quelle différence ?

Un risque standard signifie que vous n'avez pas d'antécédent significatif. Vous aurez donc une assurance classique, sans surprime.

En revanche, un risque aggravé signifie une maladie chronique, un ancien cancer, une maladie cardiaque, auto-immune, etc. Cela peut entraîner une surprime, une exclusion, ou une étude AERAS (niveau 2 ou 3 si nécessaire).

Repère 2026

  • Risque standard : souvent 0,10 % à 0,25 %
  • Risque aggravé : très variable, mais on voit souvent 0,30 % à 0,70 %, parfois plus selon pathologie + âge + garanties.

Le rôle essentiel de la délégation d’assurance

Si l’assurance de votre banque refuse ou impose une surprime élevée, la délégation d’assurance permet de choisir un autre assureur.

Les avantages sont nombreux :

  • conditions souvent plus favorables pour les profils médicaux ;
  • exclusions plus faibles ;
  • surprimes plus maîtrisées ;
  • meilleure adéquation entre contrat et situation médicale

Exemple chiffré 2026 (économie)
Prêt : 250 000 € / 25 ans, quotité 100 %, emprunteur 40 ans

  • contrat bancaire : 0,45 % → coût ≈ 94 €/mois
  • contrat délégation : 0,25 % → coût ≈ 52 €/mois
    ➡️ économie ≈ 42 €/mois, soit 12 600 € sur 25 ans (ordre de grandeur).
Tanguy Mur
Tanguy Mur
Expert en assurance emprunteur
J’ai accompagné un couple dont le prêt était bloqué. Toutes les assurances refusaient leur dossier à cause d’un problème de santé. Grâce à nos partenariats avec des assureurs flexibles, nous avons trouvé une solution, permettant au couple de respecter les exigences de la banque et d’obtenir enfin leur prêt immobilier.

Quels sont les droits pour les malades et anciens malades ?

Lorsque vous présentez un problème de santé, vous bénéficiez de protections légales et de garanties d’accès au crédit. Ces dispositifs ont été créés pour éviter les refus abusifs, limiter les surprimes et garantir l’égalité de traitement des emprunteurs.

Le droit à l’oubli

Durées mises à jour (réforme 2022 et évolutions 2025) :

  • 5 ans après la fin du traitement, pour tous les anciens cancers (à condition d’absence de rechute).
  • La grille AERAS encadre certaines pathologies (conditions d’accès, surprimes/exclusions), mais ce n’est pas le “droit à l’oubli” : ce sont deux dispositifs distincts.

Traitement terminé le 10 mars 2021 → droit à l’oubli applicable à partir du 11 mars 2026 (si pas de rechute).

Tanguy Mur
Tanguy Mur
Expert en assurance emprunteur
Le droit à l’oubli permet à une personne guérie d’une maladie de ne plus avoir à la déclarer. C’est une avancée majeure, car elle évite les surprimes, les exclusions et les refus d’assurance liés à d’anciennes pathologies.

La Convention AERAS

AERAS peut plafonner la surprime pour certains emprunteurs “revenus modestes” selon des critères précis (revenu + montant / durée / type de prêt). (voir convention AERAS)

Fonctionnement en 3 niveaux d'analyse :

  • Niveau 1 : analyse standard de l’assureur
  • Niveau 2 : étude approfondie par un service médical spécialisé
  • Niveau 3 : examen par un pool d’assureurs si refus aux niveaux précédents

Plafonds de surprime :

La convention limite les surprimes pour certains emprunteurs :

  • Surprime plafonnée pour les revenus modestes ;
  • Exclusions encadrées.

Cas d'éligibilité :

  • Difficultés à obtenir une assurance standard
  • Pathologies chroniques, cancers récents, maladies génétiques, auto-immunes…

La confidentialité médicale : secret et non-discrimination

La banque peut refuser un prêt pour plusieurs motifs (solvabilité, garanties). En revanche, elle n’a pas accès à vos données médicales : elle ne peut pas fonder sa décision sur votre maladie “en tant que telle”.

Les lois qui protègent les emprunteurs

Plusieurs lois récentes renforcent vos droits, en particulier si vous avez un risque de santé.

  • La loi Lemoine : suppression du questionnaire de santé dans certains cas, résiliation possible à tout moment….
  • Lois Hamon et Bourquin : Hamon = changement possible la 1ère année ; Bourquin = changement annuel à date anniversaire.
    LCB-FT : hors sujet ici (anti-blanchiment).

Ces dispositifs permettent chaque année à des milliers d’emprunteurs concernés par des pathologies chroniques ou lourdes d’obtenir un crédit immobilier, souvent à un tarif bien plus raisonnable que prévu.

Comment bien choisir une assurance prêt pour personne malade ?

Lorsque vous présentez un problème de santé, le choix de l’assurance emprunteur ne peut pas se limiter au prix. Il vous faut identifier l’assureur capable d’accepter votre profil tout en offrant une couverture réellement protectrice. Voici la méthode que nous appliquons en courtage pour orienter nos clients vers le bon contrat.

Comparer plusieurs assureurs spécialisés

Lorsqu’un profil présente un risque médical, les différences entre assureurs deviennent très importantes :

  • taux de surprime ;
  • exclusions imposées ;
  • niveau de garantie en incapacité et invalidité ;
  • conditions d’acceptation ;
  • interprétation des pathologies.

C’est pourquoi la délégation d’assurance est presque toujours indispensable. Elle permet d’accéder à des assureurs spécialisés, souvent plus souples que l’assurance bancaire.

Comprendre les exclusions courantes

Certaines exclusions peuvent avoir un impact majeur sur votre couverture. Parmi les plus fréquentes :

  • Troubles psychologiques ;
  • Problèmes de dos (hors accident) ;
  • Maladies chroniques (cardiaques, auto-immunes, digestives…) ;
  • Restrictions géographiques pour les expatriés ou voyageurs fréquents ;
  • Professions à risques et certains sports (escalade, équitation, plongée, ski…)

Chaque exclusion doit être vérifiée en fonction de votre maladie. C’est souvent là que se trouvent les différences majeures entre deux contrats.

Surprime vs exclusion : comment faire le bon choix ?

Il n’y a pas de “bonne” ou “mauvaise” solution universelle. Tout dépend de votre situation.

Cas 1 : Surprime faible et garanties complètesSouvent le meilleur choix. Vous payez un peu plus, mais êtes entièrement couvert en ITT/IPT/PTIA.
Cas 2 : Exclusion large de garantieSouvent défavorable. Si l’exclusion concerne précisément votre maladie, le contrat perd son intérêt (ex. exclusion “maladie cardiaque” pour un cardiaque).
Cas 3 : Surprime élevée vs exclusion partielleIl faut arbitrer selon votre âge, votre pathologie, votre besoin de couverture réelle, et les alternatives proposées par d'autres assureurs.

Simuler plusieurs scénarios pour réduire le coût

Pour un emprunteur malade, la simulation est indispensable car elle permet d’évaluer :

  • le TAEA (taux réel de l’assurance) ;
  • l’impact de la quotité (surtout pour les couples) ;
  • les différences bancaires vs assurances externes ;
  • le coût sur toute la durée du prêt ;
  • l’impact d’une exclusion ou d’une surprime.

À profil médical similaire, deux assureurs peuvent proposer un tarif différent, une exclusion vs une couverture complète, une acceptation vs un refus. D'où la nécessité de tester plusieurs scénarios.

Assurance prêt pour personne malade : solutions selon votre maladie

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Maladies psychologiques et neurologiques

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FAQ : Assurance prêt pour personne malade

Peut-on obtenir une assurance emprunteur après un cancer ?

Oui… droit à l’oubli à 5 ans sans rechute.
Exemple 2026 : fin traitement 2020 → droit à l’oubli 2025.

Quelles maladies entraînent une surprime ?

Les surprimes dépendent de la pathologie, de son évolution et de vos traitements. Les maladies qui génèrent le plus souvent une surprime sont les maladies cardiaques, renales, neurologiques, digestives, les maladies auto-immunes, le diabète, les troubles psychiatriques, les maladies du dos.

Peut-on refuser mon prêt si un assureur refuse de me couvrir ?

Pas automatiquement, mais cela peut bloquer le prêt si vous ne trouvez pas d’assurance acceptée par la banque.

Puis-je changer d’assurance même si j’ai une maladie évolutive ?

Oui. La loi Lemoine permet de changer d’assurance à tout moment et sans frais même avec une maladie chronique ou évolutive. Seule contrainte : la nouvelle assurance doit offrir des garanties équivalentes à celles exigées par votre banque.

Qui a accès à mes informations médicales ?

Vos informations médicales sont strictement confidentielles. Elles ne peuvent être consultées que par le médecin-conseil de l’assureur et les professionnels soumis au secret médical. Ni votre conseiller bancaire, ni l’équipe commerciale d’un assureur n’y ont accès. La banque ne reçoit que la décision d’assurance, jamais les détails médicaux.

Chiffres clés 2026

  • 0,10 % à 0,25 % : fourchette souvent observée sur profils “standard”
  • 0,30 % à 0,70 % : fourchette fréquente en “risque aggravé”
  • +50 % à +200 % : surprimes courantes selon pathologie / âge / garanties
  • ≤ 200 000 € assurés + fin avant 60 ans : pas de questionnaire (Lemoine)