Vous pouvez assurer un prêt immobilier avec un syndrome de Marfan. Tout dépend du cadre légal applicable à votre crédit, de la présence ou non d'un questionnaire de santé, et des garanties que l'assureur décide finalement de couvrir. Cette page vous explique ce qui change concrètement pour votre dossier.
Ce qu'il faut retenir
- Le syndrome de Marfan place votre dossier en risque aggravé de santé, mais une assurance de prêt reste accessible.
- Si votre crédit remplit les conditions de la loi Lemoine, aucun questionnaire de santé n'est demandé et vous n'avez pas à déclarer la pathologie.
- Hors loi Lemoine, vous devez répondre exactement aux questions posées, sans les minimiser.
- La convention AERAS s'applique de plein droit et prévoit un examen approfondi des dossiers difficiles.
- En cas d'ajustement, d'exclusion ou de refus, la mise en concurrence des assureurs reste votre meilleur levier.
Peut-on obtenir une assurance emprunteur avec un syndrome de Marfan ?
Oui, vous pouvez assurer un prêt immobilier malgré un syndrome de Marfan. L'assureur évalue l'impact de la pathologie sur chaque garantie demandée, puis adapte sa proposition à votre dossier.
Le syndrome de Marfan est une maladie génétique rare qui touche le tissu conjonctif et peut affecter plusieurs organes, notamment le cœur et l'aorte. Selon l'Assurance Maladie, une maladie rare touche moins d'une personne sur 2 000, et le syndrome de Marfan concerne environ 12 000 personnes en France.
Pour un assureur, ce qui compte, c'est l'impact de la pathologie sur chaque garantie du contrat, en particulier le décès, la perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA) et l'incapacité de travail. C'est ce qui classe votre demande parmi les dossiers en risque aggravé de santé.
Faut-il déclarer le syndrome de Marfan dans le questionnaire de santé ?
Tout repose sur un seul critère, la présence ou non d'un questionnaire de santé. Si la loi le supprime, l'assureur ne peut recueillir aucune information médicale et vous n'avez rien à déclarer. Si le questionnaire est maintenu, vous devez répondre exactement aux questions posées.
| Situation | Ce que vous devez faire |
|---|---|
| Questionnaire supprimé (loi Lemoine) | Rien à déclarer, aucune question de santé ne peut vous être posée |
| Questionnaire maintenu | Répondre avec exactitude à chaque question, sans minimiser la pathologie |
Une déclaration inexacte n'a pas les mêmes conséquences selon qu'elle est intentionnelle ou non. Une fausse déclaration volontaire qui modifie l'appréciation du risque rend le contrat nul. Une simple omission de bonne foi n'entraîne pas cette nullité. Avant un sinistre, l'assureur peut maintenir le contrat avec une prime plus élevée ou le résilier. Après un sinistre, l'indemnité est réduite proportionnellement aux primes qui auraient dû être versées.
Notre conseil : prenez le temps de relire chaque question du questionnaire de santé et appuyez-vous sur vos comptes rendus médicaux pour y répondre. Une réponse exacte protège votre couverture le jour où vous en avez besoin.
Quels documents peuvent être demandés après une réponse positive ?
Lorsque vous signalez le syndrome de Marfan, l'assureur peut demander des documents médicaux supplémentaires pour étudier votre dossier. Un compte rendu de suivi cardiologique ou un bilan de l'aorte font partie des pièces les plus fréquemment demandées. Ces demandes varient d'un assureur à l'autre selon votre profil, sans qu'une liste standard s'applique à tous.
Dans quels cas la loi Lemoine supprime-t-elle le questionnaire médical ?
La loi Lemoine supprime le questionnaire de santé lorsque deux conditions sont remplies simultanément. La part assurée ne doit pas dépasser 200 000 euros par personne, tous prêts immobiliers confondus, et le remboursement doit se terminer avant votre 60e anniversaire. Cette règle est en vigueur depuis le 1er juin 2022.
Qui est dispensé du questionnaire ?
- Encours assuré inférieur ou égal à 200 000 euros par assuré, tous prêts immobiliers confondus.
- Dernière échéance du crédit avant le 60e anniversaire de l'emprunteur.
- Les deux conditions doivent être remplies ensemble.
La comparaison reste utile même sans questionnaire, car le tarif, les garanties et les modalités varient d'un assureur à l'autre.
Que peut décider l'assureur si le syndrome de Marfan doit être étudié ?
Quand un questionnaire est demandé et que vous signalez la pathologie, plusieurs scénarios sont possibles. L'assureur peut accepter votre dossier aux conditions standard, l'accepter avec une majoration de prime, exclure certaines garanties ou refuser de couvrir un risque précis.
| Décision possible | Ce que cela signifie pour vous |
|---|---|
| Acceptation standard | Vous êtes couvert aux conditions habituelles du contrat |
| Acceptation avec ajustement | La couverture est accordée, avec une majoration de la cotisation |
| Exclusion de garantie | Un risque précis lié à la pathologie n'est pas pris en charge |
| Refus sur une garantie | Une garantie demandée n'est pas accordée, ce qui ouvre la voie à la convention AERAS |
Aucun barème public ne fixe le montant d'une majoration ni un taux d'acceptation propre au syndrome de Marfan. La décision dépend de votre profil et des garanties demandées. Comparer plusieurs assureurs prend alors tout son sens.
Quelles garanties sont les plus sensibles dans ce type de dossier ?
Les garanties décès et PTIA sont les plus scrutées, car elles couvrent les risques les plus lourds. Les garanties d'incapacité (ITT) et d'invalidité (IPT) attirent elles aussi une attention particulière. Ajustements et exclusions se concentrent généralement sur ces postes, plutôt que sur l'ensemble du contrat.
Comment la convention AERAS peut-elle aider en cas de refus ou de dossier difficile ?
La convention AERAS s'applique de plein droit à toute personne présentant un risque aggravé de santé. Le dispositif s'active automatiquement dès que votre profil le justifie, sans que vous ayez à faire quoi que ce soit de particulier.
La convention couvre les dossiers immobiliers dont le remboursement s'achève avant le 71e anniversaire de l'emprunteur et dont la part assurée ne dépasse pas 420 000 euros au total. L'étude de votre dossier se déroule en trois niveaux, du traitement classique jusqu'à l'examen le plus approfondi pour les situations les plus complexes.
Le parcours AERAS en trois niveaux
- Niveau 1, examen classique du dossier par l'assureur.
- Niveau 2, réexamen par un service médical spécialisé si le niveau 1 n'aboutit pas.
- Niveau 3, étude par un pool d'assureurs pour les situations les plus difficiles.
Si un assureur refuse, la convention prévoit l'examen de garanties alternatives pour trouver une couverture adaptée à votre situation.
Quelles solutions comparer si l'assurance standard ne passe pas ?
Un premier refus ou une exclusion ne ferme pas toutes les portes. D'autres options existent pour avancer dans votre projet.
- La délégation d'assurance vous permet de choisir un contrat autre que celui de la banque, souvent plus adapté à votre profil.
- L'assurance sur une seule tête peut fonctionner si le montage du prêt s'y prête, en concentrant la couverture sur l'un des co-emprunteurs.
- La banque accepte parfois d'autres garanties en complément, comme la caution ou l'hypothèque.
- Un courtier spécialisé dans les dossiers en risque aggravé peut porter votre demande auprès de plusieurs assureurs.
La loi Lemoine vous permet aussi de changer d'assurance emprunteur à tout moment. Vous pouvez renégocier votre couverture après la signature si une meilleure offre se présente.
Pourquoi comparer plusieurs assureurs reste utile même avec AERAS ?
Chaque assureur applique sa propre grille d'évaluation médicale. À profil identique, une offre peut être nettement plus favorable qu'une autre, sur le prix comme sur l'étendue des garanties. Comparer plusieurs offres augmente vos chances d'obtenir une couverture complète à un coût maîtrisé, même quand la convention AERAS s'applique.
FAQ
Le syndrome de Marfan empêche-t-il d'obtenir une assurance de prêt immobilier ?
Non. La pathologie place votre dossier en risque aggravé, mais une couverture reste accessible, éventuellement avec un ajustement de prime ou une exclusion ciblée. La convention AERAS et la mise en concurrence des assureurs aident à trouver une solution.
Dois-je déclarer un syndrome de Marfan si mon prêt entre dans la loi Lemoine ?
Non. Quand les conditions de la loi Lemoine sont remplies, l'assureur ne peut pas poser de questions médicales et vous n'avez rien à déclarer.
Le droit à l'oubli s'applique-t-il au syndrome de Marfan ?
Non. Le droit à l'oubli concerne les anciennes pathologies cancéreuses et l'hépatite virale C, sous conditions. Le syndrome de Marfan, maladie génétique chronique, n'entre pas dans ce dispositif.
Pour en savoir plus sur l'assurance emprunteur et le syndrome de Marfan :
- Service-Public.fr Consulter la fiche sur l'assurance emprunteur Consulté le 30/07/2026
- Convention AERAS Comprendre la convention AERAS et le droit à l'oubli Consulté le 30/07/2026
- Assurance Maladie (Ameli) Maladies rares : définition et prise en charge Consulté le 30/07/2026

J’ai le syndrome de Marfan, je vais avoir des soucis pour l’assurance emprunteur ? C’est pas une forme très grave et je suis bien suivi mais ca m’inquiète un peu pour mon dossier…
Bonjour,
Merci pour votre message. Le syndrome de Marfan est souvent considéré par les assureurs comme un risque aggravé, ce qui peut entraîner des surprimes ou des exclusions de garanties. Toutefois, chaque dossier est unique, et votre suivi médical régulier ainsi que la forme non grave de votre pathologie sont des atouts.
Pour optimiser vos chances d’obtenir une assurance emprunteur adaptée, voici quelques conseils :
– **Préparez un dossier médical complet** : incluez votre dernier bilan cardiovasculaire, les résultats d’échographies et de scanners de l’aorte, ainsi que les comptes rendus de vos suivis ophtalmologiques et orthopédiques.
– **Comparez les offres** : les contrats proposés par les banques ne sont pas toujours les plus avantageux pour les profils présentant des risques médicaux. Utiliser notre comparateur en ligne gratuit peut vous aider à trouver une assurance mieux adaptée à votre situation.
N’hésitez pas à nous contacter si vous avez besoin d’un accompagnement personnalisé. Nous sommes là pour vous aider à concrétiser votre projet immobilier en toute sérénité.
Bonne continuation dans vos démarches !