Une hyperthyroïdie n'empêche pas d'assurer un prêt immobilier. Tout se joue d'abord sur un point, la présence ou non d'un questionnaire de santé. Sans questionnaire, vous n'avez rien à déclarer sur votre thyroïde. Avec questionnaire, l'assureur regarde la cause, la stabilisation et le suivi, jamais un barème automatique.
Ce qu'il faut retenir
- Si les conditions de la loi Lemoine sont réunies, aucune question de santé ne peut vous être posée, donc rien à déclarer sur l'hyperthyroïdie.
- Quand un questionnaire s'applique, seule une réponse exacte aux questions posées compte.
- Si l'hyperthyroïdie doit être déclarée, l'assureur examine la cause, la stabilisation, le suivi et d'éventuelles complications, au cas par cas.
- La maladie de Basedow est la cause la plus fréquente d'hyperthyroïdie, mais aucun barème public de surprime par pathologie n'existe.
- L'hyperthyroïdie n'apparaît pas dans la grille de référence AERAS, elle relève donc d'une étude individualisée.
Faut-il déclarer une hyperthyroïdie à l'assurance emprunteur ?
La première question n'est pas médicale, elle est administrative. Avant de parler de votre thyroïde, vérifiez si un questionnaire de santé vous est demandé. C'est ce filtre qui décide de tout le reste.
Depuis la loi Lemoine, l'assureur ne peut plus poser de questions de santé lorsque deux conditions sont réunies en même temps. La part assurée ne doit pas dépasser 200 000 euros par assuré, et le remboursement du prêt doit se terminer avant votre 60e anniversaire. Ces règles figurent à l'article L113-2-1 du Code des assurances. Vérifiez la version en vigueur au moment de votre démarche.
Quand ces conditions s'appliquent, vous n'avez rien à déclarer au sujet de votre hyperthyroïdie. Pas de questionnaire, pas de question sur la thyroïde, pas de médecin-conseil sur ce point. Cette situation concerne une grande partie des projets de résidence principale.
Quand un questionnaire de santé reste demandé, la règle est simple. Vous répondez uniquement aux questions réellement posées, avec exactitude. Vous n'avez pas à ajouter d'informations que l'assureur ne demande pas, et une réponse honnête protège votre contrat en cas de sinistre.
| Situation | Ce que vous déclarez sur l'hyperthyroïdie |
|---|---|
| Sans questionnaire de santé (conditions loi Lemoine réunies) | Rien. Aucune question de santé n'est autorisée |
| Avec questionnaire de santé | Une réponse exacte aux seules questions posées |
Que regarde l'assureur si l'hyperthyroïdie doit encore être déclarée ?
Quand un questionnaire s'applique, l'assureur ne juge pas un mot, il lit un dossier. Une hyperthyroïdie ancienne, bien suivie et sans complication ne se lit pas comme une forme récente et instable. L'analyse reste individuelle.
Le médecin-conseil s'intéresse surtout à quelques éléments concrets.
- La cause de l'hyperthyroïdie, par exemple une maladie de Basedow, un nodule ou une thyroïdite.
- La stabilisation du traitement et l'évolution des bilans.
- Le suivi médical, qui se fait le plus souvent au long cours et dont la fréquence dépend de votre médecin.
- D'éventuelles complications cardio-métaboliques ou des rechutes.
Ces critères servent à comprendre votre situation, pas à appliquer une grille de tarifs toute faite. Aucun barème public ne fixe une surprime automatique selon la cause de l'hyperthyroïdie. Toute décision dépend de votre dossier complet et de la politique de l'assureur.
| Élément examiné | Pourquoi il compte pour l'assureur |
|---|---|
| La cause de l'hyperthyroïdie | Elle oriente la lecture globale du risque |
| La stabilisation du traitement | Elle montre une évolution favorable ou non |
| Le suivi médical | Il traduit une prise en charge active |
| Les complications ou rechutes | Elles pèsent davantage qu'un diagnostic isolé |
Des bilans récents et un suivi régulier donnent à l'assureur une image claire de votre situation. C'est souvent ce qui fait la différence.
Notre conseil : Rassemblez vos comptes rendus et vos dernières analyses avant de déposer votre demande. Un dossier complet évite les allers-retours et accélère la réponse.
La maladie de Basedow change-t-elle l'analyse de l'assurance emprunteur ?
La maladie de Basedow revient souvent dans les recherches, et pour une bonne raison. C'est une hyperthyroïdie d'origine auto-immune, et elle représente environ 70 % des hyperthyroïdies chez l'adulte selon la HAS. Elle touche près de 2 % des femmes et 0,4 % des hommes en Europe, avec un pic entre 20 et 40 ans, d'après l'Assurance Maladie.
Sur le plan du traitement, les repères existent aussi. Sous antithyroïdiens de synthèse (les médicaments qui régulent l'activité thyroïdienne), les bilans se normalisent en général en 3 à 8 semaines, et un traitement d'entretien dure souvent 12 à 18 mois pour un premier épisode. Ces chiffres décrivent une maladie qui se stabilise, pas un risque figé.
Pour l'assurance emprunteur, Basedow suit exactement le même raisonnement que les autres hyperthyroïdies. On revient toujours au filtre du questionnaire, puis à la lecture du dossier si une déclaration est nécessaire. Son caractère auto-immun et la possibilité de rechute expliquent simplement pourquoi l'assureur regarde le suivi de près.
Beaucoup de contenus en ligne affichent des pourcentages de surprime ou d'exclusion pour Basedow. Aucun barème public officiel ne les valide.
| Ce qui est établi | Ce que certains sites affirment sans base publique |
|---|---|
| Basedow est la cause la plus fréquente d'hyperthyroïdie | Des taux de surprime fixes par pathologie |
| La maladie se stabilise avec un traitement suivi | Un délai d'attente identique pour tout le monde |
| Chaque dossier est instruit individuellement | Une exclusion systématique des garanties invalidité |
Basedow reste donc une hyperthyroïdie comme une autre au regard de la méthode d'analyse.
Quand la convention AERAS peut-elle aider en cas d'hyperthyroïdie ?
Quand un questionnaire de santé s'applique et que votre dossier est jugé comme un risque aggravé, la convention AERAS prend le relais. Elle ne remplace pas la loi Lemoine, elle intervient dans les cas où une déclaration reste nécessaire. Son but est d'ouvrir l'accès à l'assurance, pas de garantir un tarif.
AERAS s'applique dans un cadre précis. La part assurée sur l'ensemble de vos crédits ne doit pas dépasser 420 000 euros, et l'échéance de remboursement doit intervenir avant votre 71e anniversaire. Pour une résidence principale, un crédit relais n'est pas compté dans cette part assurée. Ces plafonds peuvent évoluer, vérifiez la version en vigueur sur le site officiel AERAS.
Le dossier peut passer par plusieurs niveaux d'examen, jusqu'à une étude personnalisée. À l'issue, plusieurs réponses sont possibles, une acceptation aux conditions standard, une surprime, une exclusion de certaines garanties ou un refus. Les délais sont encadrés dès lors que le dossier est complet et que le médecin-conseil de l'assureur dispose de tous les éléments médicaux pour statuer. Dans ce cas, l'assurance dispose de 3 semaines pour répondre, et le prêteur de 2 semaines à compter de la transmission de votre acceptation de la proposition. Le devis d'assurance obtenu dans ce cadre reste valable 4 mois, sous réserve que le montant et la durée du prêt définitif soient inférieurs ou égaux à ceux retenus par ce devis.
L'hyperthyroïdie, la maladie de Basedow et les termes associés n'apparaissent pas dans la grille de référence de la convention AERAS. Pas de régime public spécifique donc. Votre dossier relève du cadre général, avec une étude au cas par cas.
Le droit à l'oubli, lui, est un dispositif distinct. Il permet de ne plus déclarer certaines pathologies, mais il concerne uniquement le cancer et l'hépatite virale C, cinq ans après la fin du protocole thérapeutique. Il ne s'applique pas à l'hyperthyroïdie.
| Dispositif | Ce qu'il change pour vous | Condition ou périmètre clé |
|---|---|---|
| Loi Lemoine | Supprime le questionnaire de santé | Part assurée jusqu'à 200 000 euros et fin du prêt avant 60 ans |
| Convention AERAS | Facilite l'accès en cas de risque aggravé | Encours assuré jusqu'à 420 000 euros et échéance avant 71 ans |
| Droit à l'oubli | Dispense de déclarer certaines maladies | Cancer et hépatite C uniquement, hors hyperthyroïdie |
Ce tableau vous aide à repérer quel cadre s'applique à votre situation avant même de comparer les offres.
Comment comparer les assurances de prêt si vous avez une hyperthyroïdie ?
Comparer, ce n'est pas seulement regarder un prix. Avec une hyperthyroïdie, le bon réflexe est de lire d'abord les garanties et les exclusions, puis le tarif. Une offre moins chère qui exclut les suites de votre pathologie peut vous coûter cher le jour d'un sinistre.
Gardez en tête la règle de l'équivalence des garanties. Vous pouvez choisir un contrat autre que celui de votre banque, tant que le niveau de protection reste équivalent. C'est souvent la voie la plus adaptée quand un risque médical entre en jeu, car les grilles de tarification varient beaucoup d'un assureur à l'autre.
Si votre dossier passe par un questionnaire, comparez aussi les réponses médicales. Deux assureurs peuvent lire la même hyperthyroïdie de façon différente, l'un avec une exclusion, l'autre avec une surprime, un troisième aux conditions standard. Faire jouer la concurrence a donc un vrai sens ici.
Avant de signer, quatre points à vérifier.
- Les garanties couvertes, notamment décès, PTIA et invalidité/incapacité.
- Les exclusions liées à la thyroïde ou aux affections associées.
- La réponse médicale proposée par chaque assureur.
- Le prix, une fois seulement que les garanties sont comparables.
| Ce que je compare | Pourquoi c'est décisif |
|---|---|
| Garanties | Elles définissent ce qui est réellement couvert |
| Exclusions | Elles peuvent viser les suites de l'hyperthyroïdie |
| Réponse médicale | Elle varie d'un assureur à l'autre |
| Prix | Il ne se juge qu'à garanties équivalentes |
On ne peut pas vous promettre un meilleur taux du seul fait de votre situation médicale. En revanche, comparer plusieurs contrats reste le moyen le plus fiable de trouver une couverture adaptée à votre profil. Nos assureurs partenaires, comme d'autres acteurs du marché, sont analysés dans nos fiches conseils.
Une hyperthyroïdie peut constituer un risque aggravé de santé au sens de la convention AERAS. Lorsqu'un questionnaire de santé s'applique, l'assureur peut identifier ce risque et déclencher l'instruction AERAS. Sans questionnaire autorisé par la loi Lemoine, cette information reste tout simplement non collectée.
FAQ
L'hyperthyroïdie ouvre-t-elle droit au droit à l'oubli ?
Non. Le droit à l'oubli concerne uniquement le cancer et l'hépatite virale C, cinq ans après la fin du protocole thérapeutique. L'hyperthyroïdie n'entre pas dans ce dispositif et suit les règles générales de déclaration.
Peut-on changer d'assurance de prêt une fois l'hyperthyroïdie stabilisée ?
Oui, la loi Lemoine permet de résilier votre assurance emprunteur à tout moment pour en choisir une autre, tant que les garanties restent équivalentes. Une situation médicale stabilisée est souvent un bon moment pour comparer à nouveau les offres.
Faut-il déclarer une hyperthyroïdie ancienne et guérie si un questionnaire est demandé ?
Vous répondez seulement aux questions réellement posées, avec exactitude. Si le questionnaire porte sur des antécédents concernés, une réponse honnête reste la meilleure protection pour votre contrat en cas de sinistre.
Pour en savoir plus sur l'hyperthyroïdie et l'assurance emprunteur :
- Service-Public.fr Consulter la fiche sur l'assurance emprunteur et la loi Lemoine Consulté le 27/07/2026
- Convention AERAS Comprendre la convention AERAS et ses plafonds Consulté le 27/07/2026
- Haute Autorité de santé Prise en charge des hyperthyroïdies de l'adulte Consulté le 27/07/2026

J’ai une hyperthyroïdie de Basedow, mais je suis stabilisée. Ca pose quand meme problème pour les contrats ?
Bonjour,
Merci pour votre question. La maladie de Basedow, même stabilisée, peut influencer les conditions de souscription à une assurance emprunteur. Les assureurs évaluent généralement les antécédents médicaux pour déterminer les risques associés. Dans le cas d’une hyperthyroïdie stabilisée, certaines compagnies peuvent appliquer des surprimes ou des exclusions spécifiques, notamment sur les garanties liées à l’incapacité temporaire de travail (ITT) et à l’invalidité permanente totale (IPT).
Pour optimiser vos chances d’obtenir une couverture adaptée, il est recommandé de :
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Bonne journée.