Oui, vous pouvez assurer un prêt immobilier avec une maladie de Berger. L'assureur étudie votre dossier au cas par cas : la stabilité de votre fonction rénale et les garanties demandées orientent sa réponse. Selon les conditions de votre prêt, la loi Lemoine peut aussi supprimer le questionnaire de santé. Quant à la convention AERAS, elle encadre l'accès à l'assurance pour les risques aggravés, sans ouvrir de droit automatique.
Ce qu'il faut retenir
- La maladie de Berger est vue comme un risque aggravé de santé, mais elle n'interdit pas d'assurer votre prêt.
- La décision dépend de l'ancienneté et de la stabilité de la maladie, de votre fonction rénale et des garanties souhaitées.
- La loi Lemoine peut supprimer le questionnaire de santé sous conditions de montant et d'âge.
- La convention AERAS encadre l'étude des dossiers à risque aggravé, sans ouvrir un droit automatique à l'assurance.
- En cas de surprime, exclusion ou refus, vous pouvez comparer d'autres offres et demander une réévaluation si votre état est stabilisé.
Peut-on obtenir une assurance emprunteur avec une maladie de Berger ?
Oui, c'est possible. La maladie de Berger, aussi appelée néphropathie à IgA, est une atteinte du rein classée comme risque aggravé de santé par les assureurs. Concrètement, votre dossier est examiné de plus près, ce qui ne signifie pas qu'il sera refusé.
La réponse dépend surtout de votre situation médicale réelle. Une maladie ancienne, stable et bien suivie n'est pas évaluée de la même façon qu'une atteinte récente ou évolutive. L'assureur cherche à cerner votre niveau de risque, puis ajuste sa proposition.
La maladie de Berger n'est pas la même chose qu'une insuffisance rénale avancée : ce sont deux situations médicales distinctes, que l'assureur ne traite pas de façon identique. Pour les atteintes rénales plus sévères, vous pouvez consulter notre guide sur l'assurance de prêt en cas de maladie rénale. Cette page-ci se concentre sur la maladie de Berger.
La maladie de Berger fait partie de ce qu'on appelle le risque aggravé, un terme qui regroupe les situations de santé nécessitant une analyse spécifique de l'assureur.
Quand le questionnaire de santé s'applique-t-il encore avec la loi Lemoine ?
Le questionnaire de santé reste la règle pour la plupart des prêts. C'est là que vous déclarez vos antécédents médicaux, dont la maladie de Berger.
La loi Lemoine (loi n° 2022-270 du 28 février 2022) a toutefois supprimé ce questionnaire dans certains cas. Vous en êtes dispensé lorsque la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par emprunteur et que le crédit est remboursé avant votre 60e anniversaire (ces seuils peuvent évoluer, vérifiez les conditions en vigueur). Pour un couple qui partage la couverture à parts égales, ce plafond se calcule par emprunteur.
Sans questionnaire, l'assureur ne peut ni vous demander d'informations de santé, ni exiger un examen médical, ni appliquer de surprime fondée sur votre état de santé, conformément à l'article L. 113-2-1 du code des assurances. Attention, la loi ne vous garantit pas pour autant un tarif standard. Elle supprime la collecte d'informations de santé sous conditions, sans créer de droit à une tarification standard. Le détail des conditions est dans notre guide sur la loi Lemoine.
Au-delà de ces seuils, l'assureur peut de nouveau demander des informations de santé. On revient alors au droit commun de la déclaration du risque, dans lequel votre maladie doit être déclarée fidèlement.
Les conséquences d'une déclaration inexacte dépendent de votre bonne foi. Une fausse déclaration intentionnelle peut entraîner la nullité du contrat, au titre de l'article L. 113-8 du code des assurances. Une omission ou une inexactitude commise sans mauvaise foi n'entraîne pas la nullité, mais d'autres conséquences prévues par l'article L. 113-9 du code des assurances, comme une réduction de l'indemnité.
Que peut regarder l'assureur dans un dossier de maladie de Berger ?
Quand le questionnaire s'applique, l'assureur examine votre dossier en détail avant de se prononcer. Pas de grille automatique : chaque situation est étudiée individuellement.
Ancienneté et stabilité de la maladie
L'assureur regarde depuis quand la maladie est connue et comment elle a évolué. Une situation stable dans la durée pèse davantage qu'une atteinte récente ou fluctuante. Un suivi médical régulier joue clairement en votre faveur.
Fonction rénale, albuminurie/protéinurie, tension, traitements
Les indicateurs médicaux comptent beaucoup. L'assureur peut demander un bilan récent portant sur la fonction rénale, l'albuminurie ou protéinurie, la tension artérielle et les traitements en cours. Ces éléments lui permettent de mieux cerner votre situation ; aucun seuil officiel ne prédétermine la réponse.
Garanties demandées et niveau de couverture
La réponse varie selon les garanties souhaitées. La garantie décès n'est pas analysée comme les garanties invalidité (ITT/IPT) ou perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA), plus sensibles à une atteinte rénale. Le niveau de couverture demandé et la quotité assurée influencent aussi la proposition finale.
Que change vraiment la convention AERAS pour la maladie de Berger ?
La convention AERAS (s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) organise l'accès à l'assurance et au crédit pour les personnes présentant un risque aggravé. Elle prévoit plusieurs niveaux d'examen lorsque l'assurance est refusée au tarif standard.
Sa portée mérite d'être bien comprise. La convention AERAS n'ouvre pas un droit automatique à l'assurance. Elle impose un cadre d'étude et des voies de recours, mais l'assureur garde la main sur sa décision.
La grille de référence AERAS liste par ailleurs certaines pathologies pour lesquelles les assureurs s'engagent à des conditions précises, parfois sans surprime ni exclusion. Pour en bénéficier, la part assurée sur l'encours cumulé ne doit pas dépasser 420 000 € et l'échéance des contrats d'assurance doit intervenir avant le 71e anniversaire de l'emprunteur (seuils indicatifs, susceptibles d'évoluer selon la législation). Cette grille ne couvre que des situations et des critères déterminés. Si une pathologie n'y figure pas, l'assurance n'est pas impossible pour autant, car l'étude se fait alors au cas par cas.
Notre conseil
Avec une maladie de Berger, voici ce que la convention AERAS change vraiment. Le dispositif vous donne un cadre d'examen et des voies de recours, pas une garantie de résultat. Un dossier clair et stabilisé reste votre meilleur appui, sans que rien ne soit acquis d'avance.
Quelles décisions l'assureur peut-il prendre : standard, surprime, exclusion, ajournement, refus ?
Une fois votre dossier étudié, l'assureur peut prendre plusieurs types de décisions, de l'acceptation standard au refus. Aucune n'est systématique ; tout dépend de votre situation et des garanties demandées.
| Décision possible | Ce que cela signifie | Ce que vous pouvez faire |
|---|---|---|
| Acceptation standard | Couverture aux conditions normales, sans majoration | Comparer malgré tout pour vérifier le meilleur rapport garanties/prix |
| Surprime | Majoration du tarif sur une ou plusieurs garanties | Mettre plusieurs offres en concurrence, envisager une réévaluation ultérieure |
| Exclusion de garantie | Un risque précis n'est pas couvert (souvent lié au rein) | Vérifier l'étendue de l'exclusion et comparer d'autres contrats |
| Ajournement | Décision différée le temps d'observer la stabilité | Fournir un suivi médical à jour et représenter le dossier plus tard |
| Refus | L'assureur ne propose pas de couverture | Explorer la délégation d'assurance et les recours prévus par AERAS |
Ce tableau montre les réponses possibles, pas un parcours type. La décision réelle dépend de l'ancienneté, de la stabilité, de la fonction rénale, des traitements et des garanties demandées. Une même personne peut recevoir des réponses très différentes selon les assureurs.
Comment limiter le risque de refus ou de surprime ?
Vous ne maîtrisez pas votre état de santé, mais vous pouvez agir sur la façon de présenter et de comparer votre dossier.
Comparer hors contrat groupe
Le contrat groupe proposé par la banque est rarement le plus adapté à un risque aggravé. La délégation d'assurance vous permet de choisir un contrat externe, souvent plus souple sur les profils médicaux. Notre guide sur la délégation d'assurance détaille cette possibilité. Faire jouer la concurrence reste le meilleur réflexe : les conditions varient fortement d'un assureur à l'autre.
Préparer un dossier médical clair
Un dossier complet et lisible facilite l'étude. Rassemblez vos bilans récents, l'historique du suivi néphrologique et vos traitements. Un dossier qui témoigne d'une maladie stable et bien suivie aide l'assureur à mieux cerner le risque, sans garantir la réponse, mais en mettant toutes les chances de votre côté.
Demander une réévaluation si la situation est stabilisée
Une surprime ou une exclusion n'est pas toujours définitive. Si votre état se stabilise, vous pouvez présenter un dossier actualisé à un nouvel assureur. La stabilité de votre fonction rénale et un suivi dans la durée peuvent changer la donne.
Questions fréquentes
Peut-on assurer un prêt à deux si un seul emprunteur a une maladie de Berger ?
Oui. Chaque co-emprunteur est examiné selon sa propre situation de santé. Celui qui ne présente pas de risque aggravé est en général couvert aux conditions habituelles ; l'autre voit son dossier étudié au cas par cas. La répartition de la quotité entre les deux peut aussi être ajustée.
La maladie de Berger figure-t-elle dans la grille de référence AERAS ?
La grille de référence AERAS ne couvre que certaines pathologies et conditions précises. Son absence ne signifie pas qu'une assurance est impossible : l'étude reste individuelle dans tous les cas. Le mieux est de vérifier votre situation auprès d'un assureur ou d'un courtier avant de conclure.
Une surprime d'assurance emprunteur est-elle définitive ?
Pas nécessairement. Si votre maladie se stabilise et que votre suivi le confirme, vous pouvez présenter un dossier actualisé à un autre assureur. Comparer régulièrement les offres reste utile, car les conditions varient d'un contrat à l'autre.
Pour aller plus loin, sources officielles :
- Convention AERAS et grille de référence AERAS Consulter la convention AERAS Consulté le 17/07/2026
- ameli.fr - Maladie rénale chronique : comprendre Comprendre la maladie rénale chronique Consulté le 17/07/2026
- ameli.fr - Traitement de la maladie rénale chronique Le traitement de la maladie rénale chronique Consulté le 17/07/2026

J’ai une maladie de Berger avec néphropathie IgA mais ma fonction rénale est bonne. Ca passe comment en général ?
Bonjour,
La maladie de Berger, ou néphropathie à IgA, est souvent considérée par les assureurs comme un risque aggravé de santé. Même avec une fonction rénale normale, cette pathologie peut entraîner des surprimes ou des exclusions de garanties lors de la souscription d’une assurance emprunteur.
Généralement, les assureurs appliquent une période d’attente d’au moins deux ans après le diagnostic pour évaluer la stabilité de la maladie. Entre 2 et 5 ans, une surprime d’environ 150 % sur la garantie décès peut être appliquée, avec des exclusions possibles sur les garanties d’incapacité de travail (IT) et de perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA). Après 5 ans, la surprime sur la garantie décès peut diminuer entre 50 % et 100 %, avec des exclusions limitées aux affections rénales pour les garanties IT et PTIA. Après 10 ans, il est possible d’obtenir un tarif normal.
Pour optimiser vos chances d’obtenir une couverture adaptée, il est recommandé de :
– Fournir un bilan rénal complet et récent lors de votre demande.
– Comparer les offres de différents assureurs, car les conditions peuvent varier.
– Envisager de passer par un courtier spécialisé en risques aggravés de santé pour vous accompagner dans vos démarches. Nos experts sont disponibles au
01 82 83 36 33 pour vous accompagner.
Bon courage dans vos démarches !