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Assurance de prêt immobilier et bipolarité

Delphine Bardou
Directrice Générale Adjointe
MAJ le 10.07.2026

Un trouble bipolaire n’empêche pas d’assurer un prêt immobilier. La loi Lemoine supprime parfois tout questionnaire de santé. Sans cette dispense, la décision dépend de votre dossier médical, des garanties demandées et du contrat, avec la délégation d’assurance et la convention AERAS comme recours.

Ce qu’il faut retenir

  • En présence d’un trouble bipolaire, l’assureur mène une étude individuelle du dossier, sans refus automatique prévu par un texte.
  • Hors loi Lemoine, l’assureur peut répondre par un tarif standard, une surprime, une exclusion ou un refus.
  • La loi Lemoine supprime le questionnaire de santé quand la part assurée reste sous 200 000 € par personne et que le prêt s’achève avant vos 60 ans.
  • Aucun barème public ne fixe de surprime propre au trouble bipolaire, chaque dossier est étudié individuellement.
  • La délégation d’assurance et la convention AERAS ouvrent des recours quand les conditions proposées sont trop lourdes.

Peut-on obtenir une assurance emprunteur avec un trouble bipolaire ?

Aucun texte n’interdit d’assurer un prêt immobilier en raison d’un trouble bipolaire. Lorsqu’il est déclaré, il peut conduire l’assureur à traiter la demande comme un risque aggravé de santé, avec une étude individuelle plutôt qu’un rejet de principe. Aucune liste officielle ne classe nommément le trouble bipolaire, chaque situation étant appréciée au cas par cas. L’accès à l’assurance reste ouvert. Ce qui varie, c’est le niveau des conditions de couverture.

Le trouble bipolaire est une maladie psychiatrique chronique, à l’évolution très variable, qui alterne des épisodes maniaques ou hypomaniaques et des épisodes dépressifs. C’est ce qui explique pourquoi l’assureur s’intéresse autant à la stabilité de votre état qu’au diagnostic lui-même. Le diagnostic seul ne suffit jamais à décider de l’issue.

Ce qui est possibleCe qui n’est jamais garanti d’avanceCe qui dépend de votre dossier
Accéder à une assurance et comparer plusieurs contratsUne acceptation automatiqueLe niveau éventuel de surprime
Solliciter la délégation d’assuranceUn tarif toujours standardL’étendue exacte des garanties
Faire réexaminer un dossier via la convention AERASUne couverture sans aucune exclusionLe délai d’instruction du dossier

Ce tableau résume vos droits, les incertitudes et les points qui se décident vraiment au cas par cas.

Quand le trouble bipolaire doit-il être déclaré dans le questionnaire de santé ?

La vraie question est simple. Recevez-vous un questionnaire de santé ? Si le prêt entre dans le champ de la loi Lemoine, aucune information médicale n’est demandée et votre trouble bipolaire n’a pas à être déclaré. Si ce n’est pas le cas et qu’un questionnaire de santé vous est soumis, vous devez y répondre avec exactitude.

Questionnaire suppriméQuestionnaire maintenu
Part assurée ≤ 200 000 € par personne et prêt soldé avant vos 60 ansUn des deux seuils n’est pas respecté
Aucune information de santé ni examen médicalDéclaration sincère de vos antécédents attendue
Le trouble bipolaire n’est pas déclaréLe trouble bipolaire est analysé par l’assureur

Une fausse déclaration intentionnelle peut entraîner la nullité de la couverture. L’assureur refuse alors sa prise en charge en cas de sinistre alors que le crédit reste dû. Une omission commise sans mauvaise foi bénéficie d’un traitement plus protecteur. La bonne foi joue toujours en votre faveur.

Si un questionnaire vous est soumis, sa forme varie d’un assureur à l’autre. Il porte le plus souvent sur des éléments que votre psychiatre peut vous aider à réunir, comme ceux listés ci-dessous. Le contenu exact attendu reste celui du questionnaire ou de la notice que l’assureur vous transmet.

  • La forme diagnostiquée et sa date, attestées par votre psychiatre.
  • Le nombre et l’ancienneté des épisodes, maniaques, hypomaniaques ou dépressifs.
  • Les éventuelles hospitalisations, avec leurs dates.
  • Le nombre de jours d’arrêt de travail sur les dernières années.
  • Le traitement de fond suivi et un point récent sur votre état.

Comment l’assureur évalue-t-il un trouble bipolaire ?

L’assureur raisonne en risque futur. Il cherche à mesurer la probabilité qu’un épisode conduise à un arrêt de travail, à une invalidité ou à une hospitalisation pendant la durée du prêt. Le libellé du diagnostic compte moins que la trajectoire réelle de la maladie et sa stabilité dans le temps.

Critère observéPourquoi il compte pour l’assureur
Ancienneté du diagnostic et des épisodesUn trouble ancien et régulier se prévoit mieux qu’un trouble récent
Fréquence des rechutes et des hospitalisationsDes rechutes répétées augmentent le risque d’un sinistre pris en charge
Régularité du suivi psychiatriqueUn suivi structuré traduit une maladie encadrée
Traitement de fond et observanceLes régulateurs de l’humeur, dont le lithium, se prennent sur une longue période
Arrêts de travail récentsIls renseignent sur le retentissement concret du trouble

Le début du trouble bipolaire est souvent précoce, entre 15 et 25 ans. En moyenne, dix ans s’écoulent entre les premiers signes et un traitement adapté. Ces chiffres expliquent pourquoi l’assureur regarde l’histoire longue de la maladie plutôt qu’un instantané.

Bon à savoir : votre psychiatre peut documenter le diagnostic, l’absence de crise récente, la stabilité sous traitement et la régularité du suivi. Ces éléments objectivent votre situation sans transformer pour autant un bon dossier en acceptation certaine.

Quelles garanties posent le plus de difficultés en cas de trouble bipolaire ?

Une assurance de prêt regroupe plusieurs garanties qui ne réagissent pas de la même façon à un trouble psychiatrique. Elle peut couvrir le décès, la perte totale et irréversible d’autonomie, l’invalidité permanente, l’incapacité temporaire de travail et, en option, la perte d’emploi. Les conditions applicables varient d’une garantie à l’autre et dépendent du contrat comme de ses exclusions. Comparez chaque poste séparément, du décès à l’invalidité et à l’incapacité de travail.

GarantieQuestion à vérifier dans le contratPoint d’attention
DécèsLe trouble bipolaire est-il couvert sans restriction ?Étendue à vérifier dans les conditions générales
PTIALa garantie s’applique-t-elle sans condition liée au trouble ?À lire avec les définitions du contrat
Invalidité permanenteLes affections psychiatriques sont-elles incluses ou aménagées ?Poste à comparer avec attention
Incapacité temporaire de travailLes arrêts d’origine psychiatrique sont-ils pris en charge ?Clauses psychiatriques à examiner de près
Perte d’emploiEst-elle proposée et à quel coût ?Garantie facultative

La convention AERAS aide-t-elle vraiment en cas de trouble bipolaire ?

La convention AERAS facilite l’accès à l’assurance des personnes présentant un risque aggravé de santé. Elle s’active lorsque l’assureur demande des informations de santé, donc jamais lorsque la loi Lemoine supprime le questionnaire. Elle organise un réexamen du dossier à plusieurs niveaux, mais elle n’oblige pas l’assureur à proposer un contrat. Trois mécanismes distincts méritent d’être connus.

MécanismeCe qu’il faitCondition principale
Examen AERAS à plusieurs niveauxRéexamen encadré du dossier par paliers successifsPart assurée ≤ 420 000 € et échéance du prêt avant le 71e anniversaire
Grille de référenceListe de pathologies assurables à des conditions standard ou proches du standardCorrespondre à une situation prévue par la grille
Droit à l’oubliDispense de déclaration de certaines pathologiesRéservé au cancer et à l’hépatite virale C

Deux points importants à garder en tête. Le droit à l’oubli ne concerne pas le trouble bipolaire. Il vise le cancer et l’hépatite virale C, après un protocole thérapeutique terminé depuis au moins cinq ans et une échéance du contrat d’assurance avant votre 71e anniversaire. La grille de référence AERAS, dans son édition de septembre 2023, ne comporte pas d’entrée dédiée au trouble bipolaire. Cela confirme l’absence de barème public et le principe d’un examen au cas par cas.

Bon à savoir : pour un achat de résidence principale, un éventuel prêt relais n’est pas pris en compte dans le calcul de la part assurée retenue pour l’accès au dispositif AERAS.

La loi Lemoine permet-elle d’éviter le questionnaire de santé ?

Oui, sous conditions, et c’est souvent la clé. La loi Lemoine supprime le questionnaire de santé lorsque la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par assuré et que le prêt s’achève avant votre 60e anniversaire. Ces deux conditions s’appliquent ensemble. Si elles sont réunies, aucune information de santé ne peut vous être demandée et votre trouble bipolaire n’entre pas dans l’analyse.

Cas couvert par la dispenseCas non couvert
Part assurée ≤ 200 000 € par personne et fin du prêt avant 60 ansPart assurée supérieure au seuil
Emprunt à deux, chaque part appréciée individuellementÉchéance du crédit après le 60e anniversaire
Pas de sélection médicaleQuestionnaire de santé maintenu

Pour un couple, le seuil s’apprécie par personne. Un achat à deux peut donc rester sous la dispense même si le montant total dépasse 200 000 €. La loi permet aussi de résilier votre assurance à tout moment après la signature de l’offre de prêt. Si votre situation s’améliore, vous pouvez déposer un nouveau dossier et viser de meilleures conditions.

Comment réduire le risque de refus, de surprime ou d’exclusion ?

Une démarche méthodique change souvent l’issue d’un dossier. Avant de demander un devis, quelques préparatifs font toute la différence.

  • Vérifier si la loi Lemoine s’applique, car elle supprime alors toute sélection médicale.
  • Rassembler un dossier médical clair, diagnostic, épisodes, hospitalisations, traitement, arrêts de travail.
  • Comparer les garanties poste par poste, pas seulement le prix affiché.
  • Déposer plusieurs demandes en parallèle pour ne pas dépendre d’un seul assureur.
LevierEffet attenduLimite
Délégation d’assuranceChoisir un contrat individualisé à garanties au moins équivalentesLe nouveau contrat doit respecter l’équivalence de garanties
Dossier médical documentéInstruction plus rapide et étude plus fineN’emporte aucune acceptation automatique
Mise en concurrence de plusieurs assureursComparer surprimes, exclusions et garantiesDemande du temps et de l’organisation
Convention AERASRéexamen encadré d’un dossier refusé au niveau standardN’oblige pas l’assureur à proposer un contrat

La délégation d’assurance vous autorise à souscrire un contrat différent de celui de la banque, à garanties au moins équivalentes. Les grilles de tarification varient fortement d’un assureur à l’autre, une couverture jugée trop restrictive au départ peut trouver une meilleure réponse ailleurs. Une proposition transmise dans le cadre AERAS reste valable 4 mois, ce qui vous laisse le temps de comparer sans repartir de zéro.

Que faire si l’assurance emprunteur refuse ou limite la couverture d’un emprunteur bipolaire ?

Un premier refus ne ferme pas l’accès au crédit. Il engage l’assureur qui l’a prononcé, pas les autres. Quatre étapes pour rebondir sans perdre de temps.

  1. Réinterrogez votre éligibilité à la loi Lemoine, un ajustement du montant ou de la durée peut faire basculer le prêt sous la dispense.
  2. Demandez par écrit la motivation d’un refus lié à l’assurabilité, cela clarifie ce qui est en cause.
  3. Sollicitez une délégation d’assurance auprès d’un contrat plus ouvert au risque médical.
  4. Activez la convention AERAS si l’étude standard n’aboutit pas, le dossier complet devant être traité dans un délai maximal de 5 semaines.

Ces délais sont précis. Le dispositif AERAS prévoit 3 semaines côté assureur et 2 semaines côté prêteur après acceptation de la proposition, soit cinq semaines au total. Avec ces repères et la validité de 4 mois d’une proposition, vous pouvez mener la comparaison calmement, sans vous précipiter.

Notre conseil : un premier refus, ça arrive. Un dossier médical soigné et la mise en concurrence de plusieurs assureurs modifient souvent l’issue. Un courtier spécialisé en risque aggravé peut orienter votre demande vers les contrats les plus ouverts à votre profil.

FAQ

Un trouble bipolaire empêche-t-il d’obtenir le crédit immobilier lui-même ?

Non. L’accord du prêt et l’assurance sont deux décisions distinctes. La banque peut exiger une assurance, mais un refus d’assurance ne vaut pas refus de crédit. La délégation permet souvent de trouver une couverture ailleurs.

Peut-on améliorer son assurance emprunteur une fois le trouble stabilisé ?

Oui. Vous pouvez résilier votre assurance à tout moment après la signature de l’offre de prêt et présenter un nouveau dossier. Une situation clinique plus stable peut ouvrir la porte à de meilleures conditions, sans garantie de résultat.

Une hospitalisation ancienne pour trouble bipolaire doit-elle encore être déclarée ?

Si la loi Lemoine s’applique, aucune information de santé n’est demandée. Si ce n’est pas le cas, vous devez déclarer ce que le questionnaire vous demande. Il n’existe pas d’effacement automatique dans le temps, comme le droit à l’oubli réservé au cancer et à l’hépatite virale C.

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Reassurez-moi
2 commentaires
B
Bally
Le 21 janvier 2023

Je suis bipolaire mais stabilisée depuis une dizaine d années
Serai je assurée pour mon prêt immobilier ?

Reassurez-moi
Expert Réassurez-moi
Le 23 janvier 2023

Bonjour,

Je vous invite à appeler nos experts assurance emprunteur directement au 01 82 83 36 33 (appel gratuit & sans engagement), ils répondront à toutes vos questions,

Cordialement

B
Belhadj
Le 18 janvier 2022

Je voudrais savoir mon fils à emprunter tout en étant bipolaire de très grande somme à la banque il vas très mal dépression y’a t’il un recours svp je ne sais pas quoi faire il c’est rendu compte de toutes les erreurs qu’il a fais merci de me renseigner merci

Reassurez-moi
Expert Réassurez-moi
Le 20 janvier 2022

Bonjour,

Le plus simple est de prendre rdv avec son conseiller bancaire et de voir ce qu’il est possible de mettre en place afin d’échelonner les paiements.
Vous pouvez également demander une mise sous tutelle auprès du tribunal afin de gérer ses comptes et donc ses remboursements. C’est le juge qui décidera si oui ou non une mise sous tutelle est nécessaire.

Si vous ne trouvez pas un accord avec sa banque vous pouvez saisir le médiateur bancaire. Je vous invite à lire cette page : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F20523
tout y est expliqué.

Bonne journée.