Depuis 2016, il est obligatoire pour tout salarié d’être couvert par une complémentaire santé. C'est désormais aussi le cas dans la fonction publique d'État, avec une mise en application progressive jusqu'à mi-2026. En effet, celle-ci couvre intégralement l'employé en cas de problème de santé lié ou non à son activité professionnelle. Réassurez-moi vous propose un tour d’horizon des obligations et exceptions pour la mutuelle santé au travail. Une couverture aussi nommée "mutuelle d’entreprise" ou "complémentaire santé collective".

La complémentaire santé collective de votre entreprise

Les employeurs du secteur privé ont l’obligation de mettre en place une mutuelle collective au profit de leurs salariés. En contrepartie, ces derniers bénéficient d’avantages fiscaux et sociaux :

  • Une déduction du bénéfice imposable. Les cotisations de la complémentaire santé versées par l’employeur sont déductibles de l’assiette servant au calcul de l’impôt sur les sociétés (conformément à l’article 39 du Code Général des Impôts).
  • Une exonération de charges sociales. La part employeur payée pour la mutuelle du salarié peut être exonérée de charges sociales dans la limite de 6 % du Plafond Annuel de la Sécurité sociale (PASS) + 1,5 % du salaire annuel brut. Le montant total ne peut excéder 12 % du PASS.

Une mutuelle d'entreprise obligatoire

La loi Ani sur la mutuelle santé prévoit l’obligation d'une mutuelle collective pour tous les employeurs du secteur privé. Elle s'applique au bénéfice de tous les salariés depuis le 1er janvier 2016.

Ces dispositions concernent tous les employeurs, indépendamment de la taille, de la structure juridique ou du domaine d’activité. Ainsi, cette obligation concerne les TPE et PME, au même titre que les grands comptes.

En cas de non-respect de cette obligation, l’employeur s’expose au risque de sanction de l’URSSAF. De plus, les salariés peuvent intenter une action en justice devant le Conseil de prud’hommes. Ils ont alors la possibilité de solliciter le remboursement de leurs dépenses de santé, ainsi que des dommages et intérêts.

Refuser la mutuelle d'entreprise

Le salarié peut parfois l'accepter ou la refuser si les clauses prévues au contrat d'assurance ne lui conviennent pas. Ainsi, l’employé n’est pas tenu d’accepter la proposition de mutuelle de son employeur si :

  • Il bénéficie déjà d’une mutuelle collective en tant qu’ayant droit. Il faut alors comparer les garanties offertes par la mutuelle de l'employeur par rapport à celle déjà souscrite. Attention, si l'employé souhaite rester sur cette mutuelle, il se peut qu'il ne puisse plus la résilier ensuite.
  • S’il se trouvait déjà dans l’entreprise au moment de la mise en place de la mesure. Dans ce cas, l’employé devra faire une demande écrite de dispense d’adhésion s'il le souhaite.
  • S’il bénéficie de l'Aide à la Complémentaire Santé (ACS).
  • S’il est salarié à temps très partiel.
  • S’il est en CDD ou contrat de mission (les dispositions légales varient selon la durée du contrat).
  • S’il est apprenti.

Dans ces cas, le salarié est libre de choisir la mutuelle d'entreprise ou une mutuelle individuelle. En l’absence de ces conditions, il est impossible pour l’employé de refuser la complémentaire santé proposée par son employeur.

Salariés, à votre départ de l’entreprise, vous pouvez bénéficier de la portabilité de votre mutuelle santé collective, c’est à dire que vos garanties santé seront maintenues pendant 12 mois maximum.

Les garanties minimum de la mutuelle santé patronale

Depuis 2014, le décret n°2014-1025 du 8 septembre 2014 prévoit que les contrats présentés aux salariés doivent inclure un panier minimum de soins.

Ce niveau minimal de garanties inclut notamment :

  • Le remboursement intégral du ticket modérateur pour les consultations et les prestations remboursables par l’Assurance maladie
  • La prise en charge des remboursements des soins optiques : chaque année pour les enfants et tous les 2 ans pour les adultes
  • La prise en charge des remboursements des soins dentaires à hauteur de 125 % minimum du tarif pratiqué par la Sécurité sociale
  • De plus, les forfaits journaliers hospitaliers sont pris en charge sans limite de durée..

Les garanties optionnelles de la mutuelle d'entreprise

L’entreprise peut proposer un socle commun obligatoire. Il correspond au moins au niveau minimum prévu par la loi, avec des garanties optionnelles si le salarié souhaite adhérer.

Ces garanties optionnelles peuvent se proposer sous forme de modules, comme un pack optique ou dentaire par exemple.

L'entreprise propose souvent une formule de base avec le minimum de garanties, une formule médiane et une formule haut de gamme.

Le contrat de mutuelle collective responsable

Pour pouvoir bénéficier de l’ensemble des exonérations prévues par la loi, l’employeur doit mettre en place une mutuelle collective responsable. Il peut s'agir d'une mutuelle responsable et solidaire. C’est-à-dire que le contrat doit respecter les conditions suivantes :

  • Ne pas soumettre le salarié assuré à un questionnaire de santé, ni conditionner ses garanties à son état de santé
  • Prendre en charge intégralement et sans limitation de durée le forfait hospitalier journalier
  • Laisser à la charge de l’assuré la participation forfaitaire de 1 € sur les consultations médicales. Et pour les médicaments, la franchise médicale est de 0,50 €
  • Prendre en charge au minimum 2 prestations de prévention par an
  • Respecter les plafonds légaux de prise en charge pour les dépassements d’honoraires des médecins
  • Plafonner les remboursements optiques à un changement d’équipement tous les 2 ans. Il faut compter 150 € pour une monture, de 100 € à 850 € pour les verres suivant les corrections.

Le tiers payant des mutuelles santé

Pour la plupart des mutuelles aujourd’hui, le tiers payant n’est plus une option. Il s’agit d’un dispositif permettant de ne pas avancer de frais de santé pour les analyses en laboratoire, les médicaments, l’hospitalisation… Certaines mutuelles étendent ce dispositif aux remboursements optiques et dentaires (soumis à acceptation du devis par la mutuelle au préalable).

Les services d'assistance, de prévention et d’accompagnement

Ils sont prévus pour informer et accompagner les assurés via différents moyens :

  • La mise à disposition de plateformes de conseils santé et d’assistance téléphonique
  • Des services personnalisés tels que l’orientation dans le système de soins, le soutien psychologique ou encore le coaching
  • La délivrance de dépliants d’information, la création de sites internet de prévention ou l’organisation de réunions et de conférences
  • Aide-ménagère
  • Garde d’enfants
  • Soutien scolaire
  • Garde d’animaux
  • Rapatriement

Ces services peuvent varier d’une mutuelle à l’autre, n’hésitez pas à consulter vos conditions générales pour en connaître le détail.

Le coût d'une mutuelle d'entreprise

De nombreux critères déterminent le coût des mutuelles entreprises :

  • Les prestations de base et le niveau de garanties sur les pôles courants, surtout sur le dentaire et l’optique
  • Les services complémentaires comme l’assistance, par exemple
  • Les informations sur les salariés (nombre de salariés cadres et non cadres, âge des salariés, leur situation familiale)
  • La convention collective et le taux de prise en charge
  • Les négociations de branches avec certains assureurs

Tanguy Mur
Tanguy Mur
Expert en assurance emprunteur
« Le coût par salarié pour l'employeur peut varier de 7 € à 150 € par mois. Pour une couverture santé moyenne (entre garantie de base et haut de gamme), on estime le coût moyen d'une mutuelle entreprise à 65 € par mois et par salarié (ce qui revient à 32,50 € pour le salarié et pour l'employeur, dans le cas d'une prise en charge à 50 % par l'employeur). »

Employeur, comment choisir une mutuelle patronale ?

Avant de mettre en place la mutuelle pour vos salariés, nous vous conseillons de :

  • Vérifier les obligations conventionnelles de votre entreprise (si votre entreprise dépend d’un secteur d’activité bien spécifique, il est possible que votre convention collective prévoit des accords spécifiques, consultez votre convention collective pour le savoir).
  • Déterminer votre budget et les besoins de vos salariés, car ce sont eux qui seront concernés par le contrat que vous allez mettre en place.
  • Consulter plusieurs assureurs, vous servir des comparateurs en ligne et comparer les devis. Quand vous avez fait votre choix, informé vos salariés et éventuellement les représentants du personnel, vous pourrez mettre en place le contrat.

La mise en place du contrat mutuelle collectif formalisée par un acte juridique

  • Par référendum :  vous organisez un référendum au sein de votre entreprise, vous soumettez une question à laquelle les salariés ne peuvent répondre que par « oui » ou « non ». Le scrutin, avec feuille d’émargement, est organisé pendant les heures de travail. Le résultat est envoyé à la DIRECCTE de la région (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi).
  • Décision unilatérale de l’employeur : c’est la procédure la plus retenue par les employeurs car la plus simple.  Le dirigeant décide seul du choix de la mutuelle. Il transmet ensuite aux salariés la copie de l’acte fondateur, notice et conditions générales du contrat, en leur faisant signer un document attestant qu’ils ont bien reçu l’ensemble des informations.
  • L’accord d’entreprise : seul un syndicat ayant obtenu plus de 50 % des voix au 1er tour des élections peut signer un accord d’entreprise, lui permettant de négocier au préalable le choix de l’assureur et des garanties.

Pour la mise en place du contrat avec l’assureur, vous devrez compléter un bulletin de souscription au nom de l’entreprise, puis, chaque salarié devra compléter un bulletin individuel d’adhésion et joindre une attestation de droits à la Sécurité sociale, accompagnée d’un RIB. La procédure peut paraître longue et fastidieuse mais s’agissant d’une obligation, il est nécessaire de passer par ces étapes.

Résiliation d'une mutuelle d'entreprise

La mutuelle santé collective étant obligatoire, la résiliation de votre mutuelle collective actuelle doit être accompagnée d’une souscription à une autre mutuelle collective. Vous avez tout à fait le droit de vouloir changer d’assureur pour votre mutuelle collective. Les modalités de résiliation vous sont détaillées dans les conditions générales du contrat mis en place. Assurez-vous de bien respecter les délais prévus au contrat pour effectuer votre demande de résiliation. En règle générale, le délai de préavis à respecter est de 2 mois avant l’échéance anniversaire.

Deux autres cas se présentent pour demander la résiliation de la mutuelle collective de votre entreprise :

  • En cas d’augmentation des cotisations par l’assureur
  • En cas de révision des garanties, suite à des évolutions légales

Dans ces 2 cas, vous bénéficiez d’un délai de 30 jours à compter de la notification par l’assureur pour envoyer votre courrier recommandé de résiliation. Vous devrez informer vos salariés de votre décision de changer d’assureur au moins 3 mois à l’avance.

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FAQ sur la complémentaire santé collective

Peut-on refuser la complémentaire de son travail ?

Oui, si vous bénéficiez déjà d’une mutuelle collective en tant qu’ayant droit. C'est aussi le cas si vous bénéficiez de l’ACS, si vous êtes salarié à temps partiel ou en CDD. Les dispositions légales varient selon la durée du contrat) ou si vous êtes apprenti.

Nous avons une double mutuelle obligatoire d'entreprise (mariage ou PACS), peut-on en résilier une ?

Pour certains contrats, si vous venez de vous pacser ou de vous marier, vous disposez d’un délai de 3 mois après l’évènement pour adresser un courrier recommandé. Il suffit juste de demander la résiliation d’un des contrats. Vous retrouverez cette information dans les conditions générales.

Je suis travailleur intérimaire, ai-je droit à une mutuelle patronale de mon employeur ?

Oui, votre entreprise d’intérim vous fournira une mutuelle collective et prendra au minimum 50% de la cotisation à sa charge.

J’ai un petit salaire et je dois cotiser à la mutuelle collective de mon entreprise. Ai-je droit à des aides ?

Oui, selon vos revenus, vous pouvez demander l’ACS (Aide au Paiement de la Complémentaire santé). Si vous êtes bénéficiaire de l’ACS, vous n’avez pas d'obligation de souscrire à la mutuelle collective de votre employeur. Vous devrez alors choisir parmi les 11 offres homologuées par le ministère de la santé.

Je pars à la retraite. Puis-je garder la mutuelle groupe de mon employeur ?

Oui, mais votre employeur ne cotisera plus à hauteur de 50 % au paiement de la cotisation. De plus, l’assureur peut vous appliquer une augmentation du fait de votre changement de situation. La cotisation peut donc très vite devenir élevée. Un comparatif s’impose avant de prendre votre décision. Selon vos besoins de santé, vaut-il mieux garder la mutuelle collective grâce à la loi Evin sur la mutuelle santé ou adhérer à une mutuelle indépendante ? Les experts de Réassurez-Moi peuvent réaliser la comparaison.