Vous pouvez assurer un prêt immobilier après un cancer de la peau. Selon votre situation, vous n'avez parfois rien à déclarer, vous relevez du droit à l'oubli, ou votre dossier est étudié individuellement par l'assureur. On vous explique comment identifier votre cas et quelles solutions envisager.
Ce qu'il faut retenir
- Un prêt dont la part assurée est inférieure ou égale à 200 000 € par personne et remboursé avant votre 60e anniversaire ne nécessite aucun questionnaire de santé (loi Lemoine).
- Le droit à l'oubli vous dispense de déclarer un cancer de la peau 5 ans après la fin de votre protocole thérapeutique sans rechute, si le prêt s'achève avant votre 71e anniversaire.
- Les cancers de la peau ne se valent pas face à l'assureur. Un carcinome basocellulaire se distingue nettement d'un mélanome sur le plan médical : le premier ne métastase quasiment jamais, tandis que le pronostic du second dépend de l'indice de Breslow.
- La convention AERAS facilite l'examen de votre dossier avant le droit à l'oubli, mais elle ne garantit pas l'acceptation.
- Hors de ces cas, l'assureur peut proposer une acceptation standard, une surprime, une exclusion ou un refus. Comparer plusieurs contrats reste votre meilleur levier.
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Peut-on obtenir une assurance emprunteur avec un cancer de la peau ?
Oui, vous pouvez tout à fait vous assurer. Un cancer de la peau, actuel ou passé, est considéré comme un risque aggravé par les assureurs, mais cela ne ferme pas la porte à la couverture de votre prêt. Votre parcours dépend surtout de votre situation médicale au moment de souscrire, et du type de cancer concerné.
Trois situations reviennent le plus souvent, et chacune ouvre des démarches différentes.
- Pendant le traitement, l'assureur étudie votre dossier au cas par cas, avec l'appui possible de la convention AERAS.
- Après le traitement mais avant le droit à l'oubli, votre état de santé reste analysé, sauf si la loi Lemoine dispense du questionnaire.
- Après le droit à l'oubli, votre cancer n'a plus à être déclaré.
L'assurance emprunteur n'est pas obligatoire au sens strict de la loi. En pratique, votre banque l'exige presque toujours pour accorder un prêt immobilier, ce qui rend ces démarches incontournables.
Cancer de la peau : que faut-il déclarer dans le questionnaire de santé ?
En dehors des cas de dispense, l'assureur vous remet un questionnaire de santé pour évaluer votre profil. Votre seule obligation est de répondre avec exactitude aux questions posées. Vous n'avez pas à déclarer spontanément des éléments sur lesquels l'assureur ne vous interroge pas. Répondre juste, sans sous-déclarer ni en rajouter, protège la validité de votre contrat.
Une fausse déclaration intentionnelle peut entraîner la nullité du contrat . Une omission non intentionnelle prévoit une réduction de l'indemnité en proportion des cotisations réellement payées. En cas de doute, mieux vaut donc répondre précisément plutôt que d'arrondir.
Pourquoi le type de cancer de la peau change tout pour l'assureur
Le médecin-conseil de l'assureur raisonne sur le résultat de votre examen histologique, qui précise la nature exacte de la tumeur. Les grandes familles n'ont pas du tout le même poids dans l'analyse du risque.
- Le carcinome basocellulaire est le cancer de la peau le plus fréquent. Comme il ne métastase quasiment jamais, il est en général le mieux considéré, et les conditions standard restent souvent accessibles après un recul limité.
- Le carcinome épidermoïde (ou spinocellulaire) demande plus de vigilance, car il peut, plus rarement, évoluer. L'assureur cherche alors à vérifier l'absence d'extension.
- Le mélanome est plus rare mais plus sérieux. L'histologie mesure l'indice de Breslow, c'est-à-dire l'épaisseur de la tumeur, qui est le principal repère de pronostic.
Pour analyser votre dossier, l'assureur cherche à connaître le type histologique, la date du diagnostic, les traitements suivis et leur date de fin, l'indice de Breslow en cas de mélanome, ainsi que le suivi en cours. Rassembler à l'avance vos comptes rendus opératoires, vos résultats d'analyses et les courriers de votre dermatologue accélère l'étude et aide à obtenir des conditions proches d'un contrat standard.
Le droit à l'oubli s'applique-t-il après un cancer de la peau ?
Le droit à l'oubli vise tous les cancers, quelle que soit leur localisation et quel que soit leur type histologique. Les cancers de la peau, mélanome comme carcinomes, sont donc bien concernés.
Ce droit repose sur des conditions cumulatives. Votre protocole thérapeutique doit être terminé depuis plus de 5 ans, sans rechute. Et l'échéance de votre contrat d'assurance doit intervenir avant votre 71e anniversaire. Lorsque ces conditions sont réunies, votre cancer n'a pas à être déclaré, même si un questionnaire vous est remis, et l'assureur ne peut ni appliquer de surprime ni exclure de garantie pour cette raison.
| Le droit à l'oubli s'applique | Le droit à l'oubli ne s'applique pas encore |
|---|---|
| Protocole terminé depuis plus de 5 ans, sans rechute | Traitement en cours ou terminé depuis moins de 5 ans |
| Échéance du prêt avant le 71e anniversaire | Échéance du prêt après le 71e anniversaire |
| Aucune déclaration du cancer de la peau | Dossier étudié individuellement, appui possible d'AERAS |
Comment compter les 5 ans après un cancer de la peau
Le point de départ du délai est souvent source de confusion. Le compte à rebours démarre à la fin des traitements actifs contre le cancer, pas à la fin de tout suivi médical. Ces traitements actifs comprennent la chirurgie d'exérèse, la radiothérapie et les traitements médicamenteux.
La grille de référence AERAS, dans son édition de septembre 2023, précise que la date de fin du protocole thérapeutique correspond à la fin du traitement actif. Un traitement d'entretien comme une immunothérapie ou une hormonothérapie persistante ne repousse pas ce point de départ. Une simple surveillance dermatologique régulière, sans traitement actif, n'empêche donc pas le déclenchement du droit à l'oubli.
Que change la loi Lemoine pour un cancer de la peau ?
La loi Lemoine est souvent le levier le plus simple à activer. Quand ses conditions sont réunies, l'assureur ne peut vous poser aucune question de santé. Votre cancer de la peau n'entre alors jamais dans l'analyse du risque.
Deux conditions doivent être remplies en même temps. La part que vous assurez ne dépasse pas 200 000 € par personne. Et le remboursement de votre crédit s'achève avant votre 60e anniversaire. Ce plafond s'apprécie par assuré, ce qui a une conséquence utile pour les couples.
| Questionnaire supprimé (loi Lemoine) | Questionnaire maintenu |
|---|---|
| Part assurée ≤ 200 000 € par personne | Part assurée supérieure à 200 000 € par personne |
| Prêt soldé avant le 60e anniversaire | Prêt soldé après le 60e anniversaire |
| Aucune question de santé posée | Analyse du dossier ou droit à l'oubli selon votre situation |
Pour un couple qui partage la couverture à parts égales, le total peut atteindre 400 000 €, à condition que chaque tête reste sous le plafond de 200 000 €. La loi Lemoine s'applique dès la souscription, sans démarche particulière de votre part.
La convention AERAS aide-t-elle si le droit à l'oubli ne s'applique pas encore ?
Quand ni la loi Lemoine ni le droit à l'oubli ne jouent, la convention AERAS prend le relais pour élargir vos chances. Elle facilite l'examen des dossiers à risque aggravé, mais elle a des limites qu'il vaut mieux connaître.
Zoom sur la convention AERAS
AERAS organise un réexamen approfondi de votre demande, sur trois niveaux successifs, et encadre les pratiques des assureurs. En revanche, la convention n'ouvre pas un droit automatique à l'assurance. Un dossier peut donc être étudié dans le cadre AERAS et recevoir malgré tout une réponse défavorable.
La grille de référence AERAS s'applique lorsque la part assurée sur l'encours cumulé de vos prêts n'excède pas 420 000 € et que l'échéance du contrat intervient avant votre 71e anniversaire. Pour l'acquisition d'une résidence principale, cette part assurée s'apprécie sans tenir compte des crédits relais.
Cette grille fonctionne pathologie par pathologie et comporte notamment une entrée spécifique pour le mélanome de la peau, dans des conditions très précises. Elle prévoit, selon le type de tumeur et son stade, un accès à des conditions encadrées après un délai défini. Les conditions exactes évoluant d'une édition à l'autre, le bon réflexe est de vérifier votre situation dans la grille en vigueur plutôt que de vous fier à un pourcentage de surprime type.
Quel impact le cancer de la peau peut-il avoir sur le tarif et les garanties ?
Hors des dispenses vues plus haut, l'assureur évalue votre dossier et peut donner plusieurs types de réponses. Les connaître vous évite de vous décourager à la première proposition, car chaque compagnie applique ses propres critères.
| Décision | Ce que cela signifie | Conséquence pour vous |
|---|---|---|
| Acceptation standard | Le dossier est retenu aux conditions habituelles | Vous êtes couvert sans majoration liée au cancer |
| Surprime | Majoration de la cotisation liée au risque | Vous êtes couvert, à un tarif plus élevé |
| Exclusion de garantie | Certaines conséquences du cancer ne sont pas couvertes | Vous êtes assuré, avec une protection partielle sur ce point |
| Refus | L'assureur n'accepte pas le dossier | Un autre assureur peut décider différemment |
Les garanties les plus fréquemment concernées sont l'incapacité de travail et l'invalidité, car elles touchent de près au suivi médical. La garantie décès reste, elle aussi, examinée. Aucune de ces décisions n'est automatique. La réponse dépend du type de cancer de la peau, du recul depuis le traitement et de la politique de chaque assureur. Un carcinome basocellulaire retiré et guéri ne se traite pas de la même façon qu'un mélanome récent.
Que faire en cas de surprime, d'exclusion ou de refus d'assurance ?
Une surprime élevée ou un refus n'arrête pas votre projet. Plusieurs leviers existent et se cumulent. Dans tous les cas, l'essentiel est de multiplier les contacts et de soigner votre dossier médical.
- Demandez plusieurs devis en parallèle, avec un dossier médical à jour.
- Recourez à la délégation d'assurance pour choisir un contrat autre que celui de votre banque, tant que les garanties sont équivalentes.
- Vérifiez le niveau AERAS atteint par votre dossier, sachant que la convention prévoit 3 niveaux d'examen successifs.
- Demandez systématiquement le motif d'un refus, puis sollicitez la médiation AERAS si besoin.
- Étudiez les garanties alternatives côté banque, comme un nantissement d'épargne ou une caution.
Deux repères de délai aident à organiser vos démarches. Dans le cadre AERAS, un dossier complet de prêt immobilier doit être traité en 5 semaines au total, soit 3 semaines pour l'assureur puis 2 semaines pour le prêteur après acceptation de l'assurance. Une proposition d'assurance reste par ailleurs valable 4 mois une fois transmise, tant que le montant et la durée du prêt restent inchangés. Vous présentez ainsi le même devis à votre banque et à d'autres assureurs pour comparer sereinement.
Notre conseil :
Ne vous arrêtez jamais à une seule réponse d'assureur. Faites étudier votre dossier par plusieurs contrats en même temps, avec un dossier médical récent et complet. Pour un même cancer de la peau, les conditions varient fortement d'une compagnie à l'autre.
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Questions fréquentes
Un carcinome basocellulaire retiré doit-il être déclaré à l'assurance de prêt ?
Si aucune dispense ne s'applique et qu'un questionnaire vous est remis, vous devez répondre avec exactitude, y compris pour un carcinome basocellulaire retiré. En pratique, comme ce cancer ne métastase quasiment jamais, sa nature strictement locale constitue un élément de contexte médical important pour l'instruction du dossier. Passé cinq ans après la fin du traitement sans rechute, le droit à l'oubli vous dispense de le déclarer.
À partir de quand compter les 5 ans du droit à l'oubli après un mélanome ?
Le délai démarre à la fin de vos traitements actifs, comme la chirurgie d'exérèse ou la radiothérapie, et non à la fin de votre suivi dermatologique. Une immunothérapie ou une hormonothérapie d'entretien ne repousse pas ce point de départ. Une surveillance régulière sans traitement actif n'empêche pas le déclenchement du droit à l'oubli une fois les cinq ans écoulés.
Un mélanome entraîne-t-il forcément une surprime ou un refus ?
Non, rien n'est automatique. La réponse dépend notamment de l'indice de Breslow, du recul depuis le traitement et de la politique de chaque assureur. Faire étudier votre dossier par plusieurs contrats à la fois, avec des comptes rendus à jour, reste le meilleur moyen d'obtenir les conditions les plus favorables.

Il y a quasi 10 ans j’ai fait un mélanome , ca a été détecté à un stade précoce donc il n’y a pas eu de complications, est-ce que ça pose encore problème pour une assurance emprunteur ?
Bonjour,
Merci pour votre question. Étant donné que votre mélanome a été détecté à un stade précoce il y a près de 10 ans et sans complications, vous bénéficiez du droit à l’oubli. Ce dispositif vous permet de ne pas déclarer cet antécédent médical lors de la souscription à une assurance emprunteur, à condition que le protocole thérapeutique soit terminé depuis plus de 5 ans et sans rechute.
Ainsi, votre passé médical ne devrait pas poser de problème pour obtenir une assurance de prêt immobilier. Pour comparer les offres et trouver celle qui vous convient le mieux, vous pouvez utiliser notre comparateur en ligne.
Bien à vous.