Quels sont les avantages d’une assurance vie ?

Mis à jour le 11 mars 2020 par Antoine Fruchard 

Avec près de 1 700 milliards d’euros d’encours et une collecte nette en hausse de 3 % sur un an, l’assurance vie séduit toujours autant. En toute logique, le placement préféré des français continue d’attirer les épargnants, quels que soient leurs profils, les montants versés ou leurs objectifs.
Il est vrai que l’assurance vie présente bon nombre d’avantages, qui ne s’arrêtent pas seulement à son cadre fiscal. Nous vous les listons ici. Quels sont les intérêts de l’assurance vie ? Quelle est sa fiscalité ? En quoi est-ce un excellent support d’épargne ? On vous dit tout.

L’assurance vie est une enveloppe fiscale

L’assurance vie peut être vue comme une enveloppe : l’argent que vous y placez peut être investi sur de nombreux supports. Il existe d’ailleurs deux types d’assurances vie :

  • Le contrat monosupport : l’intégralité du capital est positionné sur un fonds sécurisé : le fonds en euros d’assurance vie (ou fonds euro). Ce placement sécuritaire génère des intérêts chaque année, et les risques de pertes sont nuls : la valeur de votre contrat est garantie par l’assureur.
  • Le contrat multisupport : une partie de votre argent est placée sur le fonds €, et une autre est investie en produits plus risqués mais au potentiel de rémunération supérieur : les unités de compte d’assurance vie. Il existe une grande variété de supports disponibles, vous permettant d’accéder aux marchés financiers et / ou immobilier.

Le choix de l’un ou de l’autre, ainsi que des supports sur lesquels votre épargne sera positionnée, dépendra de nombreux facteurs, tels que votre profil de risques, vos objectifs en termes de rentabilité, votre âge, votre degré de connaissance des marchés…

Même si elles peuvent potentiellement être plus rémunératrices, les unités de compte sont des produits risqués. Le capital investi par exemple en parts de SCPI (Société civile de placement immobilier) ne sera pas garanti par l’établissement auprès duquel vous avez souscrit à votre assurance vie.

L’assurance vie est un contrat d’épargne souple

Contrairement à ce que l’on pense souvent, l’épargne n’est pas bloquée en assurance vie. Le capital (et les intérêts capitalisés) reste disponible à tout moment. Si vous avez par exemple besoin de liquidités pour un projet spécifique, vous pourrez procéder à une demande de rachat :

  • Partiel : vous ne récupérez qu’une partie de la valeur de votre contrat,
  • Total : vous en récupérez l’intégralité mais vous perdez l’antériorité fiscale de votre contrat.

L’assurance vie vous permet également une capitalisation progressive : vous versez des primes ponctuelles ou régulières à votre convenance. Si vous avez besoin d’argent mais ne souhaitez pas toucher au capital investi sur le contrat, vous pourrez demander une avance à l’assureur.

Plusieurs modes de dénouement du contrat sont en outre possibles. Il pourra s’agir par exemple :

  • D’une sortie en capital,
  • D’une sortie en rente viagère (votre capital est alors transformé en rente, selon sa valeur de rachat),
  • D’une sortie en cas de décès, c’est-à-dire la transmission du capital  (ou d’une rente) au(x) bénéficiaire(s) que vous aurez désigné(s).

La souscription est également possible à deux : on parle alors d’assurance vie en co-adhésion. L’avantage principal de la souscription conjointe est que vous pourrez déterminer à qui reviendra le capital en cas de décès (dénouement au 1er ou au 2ème décès).

Enfin, si vous souhaitez améliorer la rentabilité de votre contrat en investissant en unités de compte, mais que vous n’êtes pas expert en la matière, vous aurez le choix entre plusieurs modes (et options) de gestion de votre assurance vie (vos actifs). Un gestionnaire procédera alors aux choix d’investissement à votre place.

Vous pouvez très bien avoir plusieurs contrats d’assurance vie. Cela aura probablement un intérêt sur le plan du rendement (certains contrats anciens ne sont plus vraiment rentables), mais aucun sur le plan fiscal.

L’assurance vie est un produit ayant un bon taux de rendement

Malgré un contexte de baisse des taux depuis des années, le fonds euro de l’assurance vie reste, en moyenne, un placement plus intéressant que les autres produits sécurisés (type Livret A, Livret de développement durable ou PEL…).

Le taux de rendement moyen constaté en 2017 a été, selon la Fédération Française de l’Assurance, de 1,8 %. Le cabinet de conseil Facts & Figures l’a quant à lui estimé à 1,67 % net de frais gestion (hors prélèvements sociaux). En 2018, le même cabinet tablait sur une fourchette de 1,40 % – 1,80 % de rendement. Il devrait en être de même pour 2019.

Tous les fonds euro ne se valent cependant pas. Les banques et assureurs traditionnels ont en général du mal à servir plus de 1,5 %, là où certains établissements ont encore dépassé les 3 % nets de frais en 2017. Cette tendance à l’hétérogénéité des résultats sera certainement vérifiable en 2019, car tous les fonds euro ne sont pas composés de la même façon (certains intègrent des parts d’actifs immobiliers, des actions…).

Rentabilité moyenne des fonds euro sur 3, 5 et 8 ans :

Performance moyenne sur 3 ansPerformance moyenne sur 5 ansPerformance moyenne sur 8 ans
Fonds euro (plutôt performant)8 %15 %25 %

L’assurance vie est également adaptée pour les investisseurs prêts à prendre des risques dans une optique de rentabilité. Certaines unités de compte sont plus risquées que d’autres. Par exemple, les fonds en pierre-papier (c’est-à-dire en immobilier « liquide ») dégagent en général de bons rendements pour un taux de risques mesuré.

Afin de dénicher un contrat d’assurance vie présentant un bon niveau de rendement, consultez les palmarès / classements publiés annuellement ou, plus simple encore, utilisez notre comparateur d’assurances vie en ligne !

miniaturecompav

L’assurance vie jouit d’une fiscalité privilégiée sur les rachats

L’assurance vie bénéficie de solides avantages fiscaux en cas de rachat. Tout d’abord, sachez que lorsque vous effectuez un retrait (partiel ou total), celui-ci est constitué d’une part de capital et d’une part d’intérêts. L’assiette taxable ne sera constituée que des intérêts : la part de capital retiré ne sera jamais taxée.

La fiscalité applicable dépendra quant à elle de l’âge de votre contrat ainsi que du moment où les primes ont été versées. Le cadre fiscal est optimal après 8 ans : outre un taux de taxation allégé (en alternative à l’imposition au titre de votre impôt sur le revenu), vous bénéficierez d’un abattement annuel sur les intérêts dégagés par votre contrat (4600 € par an pour une personne seule et 9200 € pour un couple).

Fiscalité selon que les versements aient été effectués avant septembre 2017, ou après :

Primes versées avant le 27 septembre 2017Primes versées après le 27 septembre 2017
Contrat de moins de 4 ansIR ou PFL 35 % (+ PS 17,2 %)IR ou PFU 12,8 % (+ PS 17,2 %)
Contrat entre 4 et 8 ansIR ou PFL 15 % (+ PS 17,2 %)IR ou PFU 12,8 % (+ PS 17,2 %)
Contrat de plus de 8 ansAprès abattement, IR ou PFL 7,5 % (+ PS 17,2 %)Après abattement, IR ou PFU 7,5 % pour part des primes < 150 000 € et PFU 12,8 % au delà (+ PS 17,2 %)
IR = Impôt sur le revenu / PS = Prélèvements sociaux

En cas de rachat, vous pourrez toujours choisir l’imposition de vos intérêts au titre de votre impôt sur le revenu, ou opter pour un Prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) pour les versements faits avant septembre 2017, ou un Prélèvement forfaitaire unique (PFU) pour ceux effectués après.

Depuis la mise en place du PFU (la flat tax) pour les primes versées après septembre 2017, l’assurance vie est encore plus intéressante, même avant 8 ans. Le prélèvement total sera par exemple, entre 0 et 4 ans, de 30 % (PFU 12,8 % + prélèvements sociaux 17,2 %). Le taux du PFL, pour les primes versées avant septembre 2017, est quant à lui dans cet exemple de 52,2 % (35 % + 17,2 % de prélèvements sociaux).

Bien souvent, et surtout si votre contrat a plus de 8 ans, le PFL ou PFU (après abattement) sera plus intéressant que la réintégration des intérêts dans vos revenus (puisque la taxation est seulement de 7,5 % !).

Certains contrats anciens sont encore plus avantageux : pour la part des primes versées avant le 25 septembre 1997, le rachat sera possible en totale exonération fiscale.

Les non résidents devront obligatoirement opter pour le Prélèvement forfaitaire et ne bénéficieront pas de l’abattement après 8 ans.

L’assurance vie permet de transmettre un capital hors succession

Lorsque vous souscrivez à une assurance vie, il vous est demandé de désigner un ou plusieurs bénéficiaire(s), personne(s) physique(s) ou morale(s). Vous pourrez nommer (quasiment) qui vous voulez : conjoint(e), ami, neveu, association, enfant mineur, personne en situation de handicap….

Au décès, le capital sera transmis à la personne choisie dans des conditions fiscales très favorables : en effet l’assurance vie est hors succession, pour la part des primes versées avant 70 ans. Chaque bénéficiaire jouira d’un abattement individuel sur les sommes reçues, et au delà, le taux de taxation restera très favorable.

L’abattement est de 152 500 € par bénéficiaire désigné (capital et intérêts compris), tous contrats confondus. Au delà, il y aura 2 niveaux de taxation selon l’importance de la somme transmise.

Cela vous permet par exemple de favoriser un ami, qui profitera d’un abattement et d’une taxation raisonnable au delà de cet abattement, alors qu’il aurait normalement été taxé, sur la base du barème des droits de succession, à 60 % !

Vous pourrez spécifier, dans la clause bénéficiaire, une obligation de « remploi » : la personne recevra alors le capital à votre décès, à charge pour elle d’en faire ce que vous avez souhaité de votre vivant (entretenir la maison par exemple).

Taxation du bénéficiaire lors de la transmission – primes versées avant 70 ans :

De 152 501 à 852 500 eurosAu delà de 852 500 euros
Taxation après abattement de 152 500 euros20 %31,25 %

Vous le voyez, l’assurance vie vous permet, pour la fraction des primes versées avant vos 70 ans, d’optimiser la transmission d’une partie de votre patrimoine, qui sera traitée hors héritage.

L’abattement sur la transmission du capital pour la part des primes versées après 70 ans

Au décès de l’assuré, la part des primes versées après ses 70 ans réintégrera la succession, après abattement. L’assurance vie ne sera alors pas traitée à part, contrairement à la fraction des versements effectués avant 70 ans.

Même si cela peut apparaître comme un inconvénient sur le plan de l’optimisation successorale, un abattement global (partagé entre tous les bénéficiaires désignés) de 30 500 € est tout de même prévu.

Les contrats d’une valeur inférieure à cette somme et pour lesquels les primes ont été versées au delà de 70 ans seront donc totalement exonérés lors du transfert du capital au(x) bénéficiaire(s). Pour les contrats de plus de 30 500 €, la part excédant l’abattement sera taxée au titre des droits de succession, selon le barème en vigueur (et qui dépend du degré de parenté liant l’héritier / le bénéficiaire au défunt).

Taxation du bénéficiaire lors de la transmission – primes versées après 70 ans :

Abattement globalTaxation
Primes versées après les 70 ans de l’assuré30 500 €Barème des droits de succession

L’abattement vaut sur le capital transmis. Les intérêts sont exonérés.

Il est nécessaire de remplir ce champs.
Votre nom est requis.