Quels sont les frais de l'assurance vie ?

Mis à jour le 9 février 2021 par Antoine Fruchard 

L’assurance vie est le placement plébiscité par les français. Outre sa fiscalité favorable et sa souplesse d’épargne, elle est également intéressante sur le plan du rendement. Toutefois, des frais trop importants peuvent venir minorer les gains si l’assuré choisit mal son contrat.
Quels sont les types de frais pouvant être répercutés sur l’assurance vie ? Jusqu’à combien sont-ils acceptables ? Peut-on les éviter ? Toutes nos réponses et une astuce pour faire baisser les frais de votre assurance vie !

Frais d’assurance vie : peut-on les éviter ?

Quel que soit l’établissement auprès duquel vous souscrivez / détenez votre contrat d’assurance vie, vous devez vous attendre à supporter des frais divers. Ces derniers permettent simplement au banquier ou à l’assureur (ainsi qu’à d’éventuelles sociétés de gestion) de se rémunérer. Ils viendront, vous l’aurez compris, minorer la rentabilité brute de votre capital, d’où l’importance de les prendre en compte avant d’adhérer à un contrat d’assurance vie.

Notez bien qu’il existe, dans l’absolu, plusieurs types de frais correspondant à divers événements (versements, gestion, arbitrages…). Tous les contrats d’assurance vie disponibles sur le marché ne se valent évidemment pas sur ce point :

  • Que ce soit en termes de types de frais prévus,
  • Que ce soit en termes de niveau de facturation.

Chaque entité commercialisant des contrats d’assurance vie est libre de déterminer quels seront les frais facturés et à quelle hauteur.

Sachez qu’en assurance vie, les frais peuvent être proportionnels ou forfaitaires. Le type de contrat pour lequel vous opterez aura également une incidence en la matière :

Sur le marché, l’on constate encore que les banques traditionnelles (les banques « à guichet ») demeurent les plus gourmandes en termes de frais. À l’inverse, les contrats en ligne (proposés par les banques en ligne notamment) sont souvent préférables car :

  • Les frais d’entrée peuvent être offerts,
  • Idem pour les frais d’arbitrage,
  • Les frais de gestion sont généralement plus doux.

Les divers frais de l’assurance vie :

Moyenne basseMoyenne haute
Frais de gestion annuels0,50 %0,8 % / 1 % (unités de compte)
Frais d’arbitrage0 %1 %
Frais de versement0 %5 %

Dans la mesure où ils impactent plus ou moins largement la rentabilité d’un contrat d’assurance vie, les frais font partie des éléments principaux à prendre en considération lorsque l’on choisit son contrat. Cela est d’autant plus vrai si vous souhaitez ouvrir un contrat multisupport qui pourra faire l’objet de frais de gestion supérieurs et de frais d’arbitrage.

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Quels sont les frais d’entrée et de versement en assurance vie ?

Lors de la souscription à un nouveau contrat d’assurance vie, des frais d’entrée peuvent être facturés sur votre premier apport.

Tous les établissements ne facturent pas nécessairement de frais d’entrée. Même si les banques et assureurs traditionnels continuent d’en percevoir, bon nombre de banques en ligne (ainsi que quelques rares établissements physiques) les offrent de manière permanente ou dans le cadre d’offres flash, afin de dynamiser la collecte sur leurs contrats d’assurance vie.

Par la suite, l’on parlera plutôt de frais de versement. À chaque fois que vous ferez un apport en capital ponctuel ou régulier, vous devrez normalement vous acquitter de frais proportionnels qui viendront minorer le montant réel du versement.

N’oubliez donc pas que les frais de versement viendront réduire la rémunération de votre contrat. Si 100 % de votre capital est par exemple placé sur le fonds euro de l’assurance vie (qui dégage en général moins de 2 % d’intérêts par an), vous comprenez qu’il vous faudra du temps avant que les frais d’entrée ne soient complètement amortis.

Certaines associations d’épargnants (comme Afer, par exemple) demandent des frais d’adhésion. Enfin, il est important de savoir que l’investissement sur certains supports (unités de compte) peut faire l’objet de frais d’entrée spécifiques.

En deux mots, sachez que les frais d’entrée / de versement oscillent d’un établissement à l’autre et dépassent rarement les 5 %. Globalement, nous vous conseillons de fuir les contrats prévoyant des frais sur les apports en capital de plus de 3 % voire 3,5 %.

Si le montant de votre apport est important, n’hésitez pas à négocier les frais de versement avec votre assureur, s’il en prévoit.

Quels sont les frais de gestion de l’assurance vie ?

En assurance vie, les frais de gestion sont annuels et proportionnels à la valorisation du contrat, c’est-à-dire au montant total apporté par l’assuré auquel s’additionnent les intérêts et gains générés.

Sachez que le niveau des frais de gestion dépendra du type d’assurance vie que vous détenez : ils seront en principe plus élevés pour un contrat multisupport que pour un monosupport (où l’intégralité du capital est positionné sur le fonds en euros).

Il s’agit donc d’un critère primordial à prendre en compte lorsque vous faites un comparatif entre plusieurs produits car là encore, les frais de gestion viendront réduire le rendement de votre assurance vie. Un taux de 2 %, servi par exemple par un contrat monosupport pourra plutôt se rapprocher de 1 % net si l’on retranche les frais de gestion.

Chaque année, les assureurs communiquent la rémunération dégagée par leurs contrats (qu’il s’agisse du fonds euro ou des divers supports disponibles). Le plus souvent, ils avancent des taux de rendement nets de frais de gestion.

  • Les frais de gestion pourront aller, pour ce qui est du capital placé sur le fonds euro, de 0,3 % à 1 % selon les établissements. 
  • Si vous détenez des unités de compte d’assurance vie dans le cadre d’un contrat multisupport, ils seront plus élevés mais ne dépasseront pas, idéalement, 1 %. 
    La gestion sous mandat (lorsque vous confiez la gestion de votre contrat à une société spécialisée) fera en principe l’objet de frais plus élevés, de l’ordre de quelques dixièmes de points supplémentaires. Cela permettra à l’entité gérant vos avoirs de se rémunérer.

En outre, sachez que certains supports (comme les OPCVM par exemple) pourront être soumis à des frais propres, qu’il s’agisse de frais d’entrée ou de gestion.

Quels sont les frais d’arbitrage en assurance vie ?

Par définition, les frais d’arbitrage en assurance vie peuvent être facturés lorsque vous modifiez la répartition des actifs détenus dans votre contrat. Concrètement, si vous vendez certaines valeurs et / ou que vous en acquérez d’autres, vous réaliserez un arbitrage.

En règle générale, les frais d’arbitrage sont proportionnels au montant engagé, même si cela n’est pas toujours le cas. Certains établissements prévoient plutôt un montant forfaitaire qui sera ponctionné à chaque opération.

Les frais d’arbitrage ne concernent bien entendu que les contrats d’assurance vie multisupport où l’assuré décide de la répartition (la ventilation) de son capital en l’administrant entre plusieurs supports.

Là encore, le niveau de frais dépendra largement du contrat souscrit et du type d’établissement le commercialisant (bancassureur traditionnel ou offre en ligne). Globalement, ces frais oscillent entre 0,5 % et 1 % du montant arbitré.

Certains assureurs pourront vous offrir quelques arbitrages gratuits chaque année. Les banques en ligne vous souvent plus loin en ne facturant pas de frais d’arbitrage pour les opérations que l’assuré réalise seul sur internet (l’on parle ici d’arbitrages manuels).

Si l’adhérent a souscrit a une (ou plusieurs) option de gestion, comme par exemple la dynamisation des plus-values, les arbitrages automatiques pourront faire l’objet de frais proportionnels ou forfaitaires. Dans ce second cas, comptez entre 20 € et 30 € environ, à chaque fois que l’option s’active.

Certains contrats d’assurance vie posent eux-mêmes des limites quant au montant maximum qui pourra être facturé dans l’année au titre des frais d’arbitrage. 

Y a-t-il des frais de rachat en assurance vie ?

Le capital investi sur votre assurance vie reste disponible pendant toute la durée de vie de votre contrat. Vous pourrez donc procéder à un rachat partiel ou total à tout moment.

Les frais de retrait / de sortie en assurance vie sont rares, de même que les frais de clôture.

La majorité des établissements ne prélèveront donc rien au moment du rachat (hors le cas, pour certains, des rachats partiels programmés). En revanche, votre retrait sera fiscalisé.

Ce qu’il faut savoir, c’est que la part de capital retirée n’entrera pas dans l’assiette taxable. Seule la fraction correspondant aux intérêts sera soumise à fiscalité.

Les règles fiscales applicables en cas de rachat dépendent de deux éléments :

  • L’âge de votre contrat (moins de 4 ans, entre 4 et 8 ans, + de 8 ans),
  • La date à laquelle les versements ont été effectués (avant ou après le 27 septembre 2017).

La fiscalité de l’assurance vie devient de plus en plus favorable avec le temps :

  • Surtout si vous avez effectué vos versements avant le 27 septembre 2017, puisque le prélèvement forfaitaire libératoire est dégressif avec les années. Après 8 ans, le contrat est à maturité fiscale, ce qui confère à l’assuré un abattement annuel sur les intérêts (4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple).
  • Pour la part des versements réalisés après septembre 2017, vous pourrez toujours opter pour une imposition au titre de l’impôt sur le revenu ou préférer que les intérêts et gains soient soumis à un prélèvement forfaitaire unique de 30 % (la flat tax Macron). Après 8 ans, vous aurez également droit à l’abattement fiscal rechargeable chaque année.

La sortie en rente, qui est également possible en assurance vie, peut faire l’objet de divers frais de conversion / d’arrérage.

Qu’en est-il des frais de succession en assurance vie ?

L’assurance vie permet à l’assuré de transmettre, à son décès, un capital à un ou plusieurs bénéficiaire(s) désigné(s), le tout dans des conditions fiscales avantageuses. Il s’agit là de la raison pour laquelle l’assurance vie est encore aujourd’hui considérée comme un excellent outil d’optimisation successorale.

Dans la plupart des cas, l’assurance vie sera traitée hors succession. Le capital transmis ne sera pas donc pas soumis au barème habituel des droits de succession. Cela n’est toutefois vrai que pour la part des versements effectués par l’assuré avant ses 70 ans. Chaque bénéficiaire profitera, sur la fraction qu’il reçoit, d’un abattement individuel de 152 500 €. Au delà, la somme perçue sera taxée à 20 % (31,25 % au delà de 852 500 €).

Pour la part des versements réalisés après 70 ans, les règles fiscales sont moins favorables. Au delà d’un abattement unique et global de 30 500 € (partagé entre tous les bénéficiaires), le capital rejoindra la succession. Chaque bénéficiaire pourra donc voir sa part fiscalisée sur la base du barème des droits de succession. Cela sera nettement moins intéressant, surtout si l’un des bénéficiaires est un tiers (comme un ami par exemple, taxé à 60 %).

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