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Assurance emprunteur et PACS : comment bien vous protéger pour un prêt immobilier

Tanguy Mur
Expert en assurance emprunteur
Mis à jour le
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Le PACS ne change pas, à lui seul, les règles d'assurance emprunteur. La banque regarde qui signe le prêt, en quelle qualité et comment la quotité est répartie entre les emprunteurs. Le statut PACS compte surtout pour ce qui se passe en cas de séparation ou de décès. Ces repères vous aident à décider sans confondre statut du couple, signature du prêt et couverture assurantielle.

Ce qu'il faut retenir

  • L'assurance emprunteur dépend du prêt et des signataires, pas du statut PACS en lui-même.
  • Quand vous empruntez à deux, la banque exige en pratique une couverture totale du capital, répartie entre les deux têtes.
  • La quotité se choisit selon vos revenus et le reste à charge souhaité pour le survivant, pas selon votre statut de couple.
  • Un partenaire pacsé non signataire du prêt n'est, en règle générale, pas engagé par la dette immobilière de l'autre.
  • En cas de séparation, le PACS dissous ne met pas fin au prêt ni à l'assurance : les deux se traitent séparément.
  • L'assurance solde le capital restant dû selon la quotité, mais ne fait pas du partenaire un héritier de plein droit.

Le PACS change-t-il quelque chose pour l'assurance emprunteur ?

Non, le PACS n'a pas d'effet automatique sur le contrat d'assurance emprunteur. La banque et l'assureur regardent qui emprunte, pour quel montant et avec quelle répartition de couverture, pas votre statut conjugal. Deux partenaires pacsés qui empruntent ensemble sont traités comme deux co-emprunteurs : chacun signe le prêt, chacun signe son adhésion à l'assurance, et la quotité se discute librement. L'assurance emprunteur de concubins en union libre suit la même logique, chacun étant assuré selon sa quotité.

En assurance de prêt, l'engagement naît de la signature du contrat de prêt et de l'adhésion à l'assurance.

Comment la banque lit chaque statut de couple face à un prêt immobilier :

Statut du coupleImpact sur l'assurance emprunteur
MariageAucun effet automatique sur l'assurance ; lecture proche du PACS pour le crédit, effets propres côté succession
PACSAucun effet automatique sur l'assurance ; règles particulières en cas de séparation et de décès du partenaire
ConcubinageAucun effet automatique sur l'assurance ; absence de protection successorale légale en cas de décès

Faut-il assurer les deux partenaires quand on emprunte à deux en étant pacsé ?

Quand les deux partenaires pacsés signent le prêt, ils deviennent co-emprunteurs. Dans ce cas, la banque exige en pratique que 100 % du capital soit couvert par l'assurance, mais cette couverture peut être répartie entre les deux têtes selon la quotité choisie. Chaque partenaire est alors assuré sur une part du prêt, et la somme des quotités doit toujours atteindre au moins 100 %.

L'assurance emprunteur n'est pas légalement obligatoire, mais aucun établissement ne finance un projet immobilier sans une couverture des principaux risques (décès, perte totale et irréversible d'autonomie, et selon les cas incapacité ou invalidité). C'est donc la banque qui l'impose, par contrat, quel que soit le statut PACS.

SituationCouverture attendue par la banque
Un seul partenaire signe le prêt100 % sur la tête de l'unique emprunteur
Les deux partenaires signent le prêt100 % au total, répartis entre les deux têtes selon la quotité
Co-emprunt avec quotité 100 / 100200 % au total, chaque tête couverte intégralement

Bon à savoir :
Vous restez libres de choisir votre contrat d'assurance, y compris en délégation hors banque, à condition que les garanties soient équivalentes à celles du contrat groupe proposé par l'établissement prêteur. La loi Lemoine permet de changer d'assurance à tout moment, sans frais ni pénalité.

Quelle quotité choisir pour un couple pacsé ?

La quotité, c'est la part du capital emprunté couverte par l'assurance sur chaque tête. Pour un couple, elle se répartit librement, à condition que le total atteigne au moins 100 %. Le PACS ne fixe aucune règle particulière. Tout dépend de votre situation financière, de votre projet et du niveau de protection que vous souhaitez.

Pour vous situer, parmi les demandes de devis à deux emprunteurs, quel que soit leur statut, environ 75 % prévoient une quotité 100 / 100, selon les données Réassurez-Moi.

QuotitéAvantagesLimites
50 / 50Coût d'assurance modéré, protection équilibrée si les revenus sont prochesLe survivant reste redevable de 50 % du capital restant dû
100 / 100Protection maximale : en cas de décès, l'assurance solde l'intégralité du prêtCoût d'assurance plus élevé, environ doublé selon le profil et le contrat
Asymétrique (par ex. 70 / 30)S'ajuste à un écart de revenus marqué entre les partenairesLe partenaire moins couvert assume un reste à charge plus important en cas de décès

Le bon réflexe est de relier la quotité au reste à charge supportable par le survivant.

Quand une quotité 50 / 50 suffit-elle ?

Une quotité 50 / 50 peut convenir lorsque les deux partenaires ont des revenus équivalents, des charges réparties et un projet immobilier dont la mensualité reste tenable même avec un seul revenu. En cas de décès, l'assurance solde la moitié du capital restant dû, et le survivant continue à rembourser sa propre part. Ce choix limite le coût de l'assurance. Selon les données Réassurez-Moi, environ 10 % des demandes de devis à deux emprunteurs retiennent une quotité 50 / 50.

Dans quels cas une quotité 100 / 100 se justifie-t-elle ?

La quotité 100 / 100 protège totalement le partenaire survivant : en cas de décès de l'un, l'assurance rembourse l'intégralité du capital restant dû. Elle est généralement recommandée quand un seul revenu fait fonctionner le foyer, quand la mensualité serait difficile à porter seule, ou quand il y a des enfants à charge. L'assurance coûte alors plus cher.

Comment répartir la quotité si les revenus sont très différents ?

Quand l'écart de revenus est marqué, une répartition asymétrique permet d'ajuster la couverture à la contribution réelle de chacun. Par exemple, sur un couple où l'un porte 70 % des revenus, une quotité 70 / 30 peut être discutée. L'idée est de protéger davantage le revenu qui porte la mensualité, sans payer une assurance complète pour le partenaire qui contribue moins.

Notre conseil : avant d'arbitrer, calculez le capital restant dû que devrait assumer seul le survivant pour chaque scénario de quotité. Ce calcul rend la décision bien plus concrète que le débat 50 / 50 contre 100 / 100 dans l'absolu.

Que se passe-t-il si un seul partenaire emprunte en étant pacsé ?

Un partenaire pacsé peut tout à fait emprunter seul, à condition que la banque accepte le dossier sur ses propres revenus. Dans ce cas, le partenaire non signataire n'est ni emprunteur, ni assuré, ni titulaire d'obligations au titre du prêt. Le PACS ne fait pas naître automatiquement un engagement de l'autre partenaire sur la dette immobilière.

Le PACS organise une solidarité pour les dettes de la vie courante contractées par l'un des partenaires pour les besoins du ménage. Selon service-public.gouv.fr, cette solidarité ne joue pour un emprunt que dans trois cas. Il s'agit d'une somme modeste nécessaire à la vie courante, de plusieurs emprunts dont le total reste raisonnable au regard du train de vie du ménage, ou d'un emprunt conclu avec l'accord du partenaire. Un prêt immobilier souscrit par un seul partenaire pacsé n'engage donc pas l'autre au seul motif du PACS.

SituationLe partenaire pacsé est-il engagé ?Est-il assuré ?
Partenaire pacsé non signataire du prêtNon, sauf engagement écrit (caution, co-emprunt)Non, il n'a pas adhéré au contrat
Co-emprunteur signataire du prêtOui, à hauteur de sa partOui, selon la quotité souscrite
Caution simple ou solidaireOui, dans les conditions du cautionnementPas obligatoirement, sauf demande de la banque

Erreur fréquente : être pacsé ne fait pas de vous un co-emprunteur. Tant que vous n'avez ni signé le contrat de prêt, ni adhéré à l'assurance, vous n'êtes pas tenu de rembourser la dette immobilière de votre partenaire. La banque peut en revanche tenir compte de vos revenus dans l'analyse du dossier si vous vivez sous le même toit.

Côté assurance, si un seul partenaire emprunte, il est aussi le seul assuré. En cas de décès, l'assurance solde le capital restant dû selon la quotité (en règle générale 100 % puisqu'il est seul). Le bien revient ensuite aux héritiers selon les règles de succession, qui ne font pas du partenaire pacsé un héritier automatique.

Que devient l'assurance emprunteur en cas de séparation du couple pacsé ?

La rupture du PACS, ou dissolution, n'a aucun effet automatique sur le contrat de prêt ni sur l'assurance. Les deux partenaires restent engagés sur la dette dans les mêmes conditions qu'avant la séparation, jusqu'à ce qu'un événement précis (vente, désolidarisation, rachat de soulte) modifie la situation. Tant que rien n'est fait, l'assurance reste due par chacun selon sa quotité.

Après une séparation, quatre scénarios sont possibles :

ScénarioImpact sur le prêtImpact sur l'assurance
Vente du bien et solde du prêtLe prêt est remboursé par anticipation grâce au produit de la venteEn règle générale, l'assurance prend fin avec le prêt, selon les conditions du contrat
Maintien en indivisionLes deux ex-partenaires restent co-emprunteurs et co-propriétairesLes deux quotités restent en vigueur, chacun paie sa part
Rachat de soulte par l'un des partenairesLe partenaire qui rachète devient seul propriétaire, le prêt est généralement renégociéL'assurance est revue pour ne couvrir que l'emprunteur restant
Désolidarisation auprès de la banqueUn seul des partenaires reste emprunteur ; la banque doit accepter l'opérationL'assurance de l'ex-partenaire libéré prend fin, celle de l'emprunteur restant est ajustée

La désolidarisation n'est jamais automatique. Elle exige l'accord de la banque, qui vérifie que le partenaire restant peut assumer seul la charge du prêt. L'opération s'accompagne souvent d'un avenant ou d'un nouveau contrat d'assurance, à adapter à la nouvelle situation.

Une fois la désolidarisation acceptée, l'emprunteur restant peut réévaluer sa quotité. Il peut aussi, s'il le souhaite, changer de contrat à tout moment grâce à la loi Lemoine.

Bon à savoir : tant que la désolidarisation n'a pas été acceptée par la banque, le partenaire « sortant » reste juridiquement engagé sur le prêt, même s'il ne vit plus dans le logement et même si le PACS est dissous. Il continue d'apparaître comme co-emprunteur et assuré.

Comment protéger votre partenaire pacsé en cas de décès ?

L'assurance emprunteur sert de bouclier financier au partenaire survivant. En cas de décès, elle rembourse la part du capital restant dû correspondant à la quotité de l'emprunteur disparu. Si vous étiez couverts à 100 / 100, le prêt est intégralement soldé. Si vous étiez à 50 / 50, le survivant reste redevable de sa propre moitié. C'est donc la quotité qui fixe le niveau de protection.

Mais l'assurance ne suffit pas à organiser la suite. Elle solde la dette, mais elle n'attribue pas le bien. Qui hérite du logement, et dans quelles proportions, relève de la succession. Et contrairement à une idée fréquente, le partenaire pacsé n'hérite pas automatiquement.

Ce que couvre l'assurance emprunteurCe qu'elle ne couvre pas
Le remboursement du capital restant dû selon la quotitéL'attribution du logement à votre partenaire pacsé
La fin des mensualités pour la part assuréeLes droits du partenaire en l'absence de testament
La libération des cautions, le cas échéantLes frais de succession et les démarches notariales

Assurance vs succession : le partenaire pacsé est exonéré de droits de succession sur ce que le défunt lui lègue, mais il n'est pas héritier légal. Pour qu'il reçoive le logement, un testament est nécessaire. Sans testament, le bien revient aux héritiers légaux, les enfants ou, s'il n'y en a pas, d'autres membres de la famille. La loi permet toutefois au partenaire d'occuper gratuitement pendant un an la résidence principale du couple, avec son mobilier, sauf si un testament l'en prive. Ces règles sont indicatives et susceptibles d'évoluer selon la législation.

Côté propriété, pour un PACS conclu après le 1er janvier 2007, chaque partenaire garde par défaut sa part du logement acheté à deux (séparation des biens), sauf si la convention de PACS prévoit l'indivision, qui reste aussi le régime d'un PACS conclu avant cette date et jamais modifié. Même quand l'assurance a soldé le prêt, la part du défunt revient à ses héritiers légaux sans testament. Trois protections se combinent donc pour le survivant. La quotité fixe la part du prêt soldée, le droit au logement lui laisse un an pour s'organiser, et le testament reste le seul moyen de lui transmettre la part du bien.

Questions fréquentes

Le coût de l'assurance emprunteur est-il différent pour un couple pacsé ?

Non, le tarif dépend de l'âge, de l'état de santé, du capital emprunté, des garanties choisies et de la quotité, pas du statut PACS. Deux partenaires pacsés peuvent payer plus ou moins cher qu'un couple marié ou en concubinage à profil égal, selon les conditions du contrat retenu.

Faut-il modifier l'assurance de prêt après la conclusion d'un PACS en cours de remboursement ?

Signer un PACS sur un prêt déjà en cours ne vous impose aucune modification. Conclure un PACS peut en revanche être l'occasion de réévaluer la quotité. Si votre couverture n'est plus adaptée à votre nouvelle situation de couple, vous pouvez aussi envisager un changement d'assurance via la loi Lemoine.

Que faire si votre ex-partenaire ne paie plus sa part du crédit après la rupture du PACS ?

Vous restez tous deux tenus envers la banque tant que le prêt est à vos deux noms. Pour en sortir, vous pouvez renouer le dialogue, vendre le bien, racheter la soulte ou demander une désolidarisation. L'assurance emprunteur ne couvre pas le défaut de paiement de l'ex-partenaire, et seule une perte d'emploi de l'assuré, si la garantie a été souscrite, peut ouvrir une prise en charge selon le contrat.

Que faire si la banque refuse la désolidarisation après une rupture de PACS ?

Si la banque estime que le partenaire restant ne peut pas assumer seul le prêt, plusieurs leviers existent : renégocier les conditions, apporter une caution, vendre le bien pour solder le crédit, ou rester en indivision le temps de stabiliser la situation. Un courtier peut vous aider à défendre votre dossier auprès d'autres établissements.

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