Quels sont les frais de notaire pour un rachat de soulte ?

Mis à jour le 21 juillet 2021 par Delphine Bardou 

Lors d’une indivision, il est courant de voir l’une des parties vouloir être seule propriétaire du bien immobilier. Elle va alors devoir racheter les parts de ses co-héritiers ou de son ex-époux. On parle alors de rachat de soulte. L’intervention obligatoire d’un notaire engendre des coûts supplémentaires qu’il est important de prendre en compte dans le rachat de soulte. Quel est le montant de ces frais de notaire ? Qui les paie ? On vous dit tout !

Qu’est-ce qu’un rachat de soulte ?

Pour bien comprendre la notion de rachat de soulte, il est nécessaire de connaître la définition du terme “soulte”. Juridiquement, la soulte désigne la somme d’argent dont doit s’acquitter la personne qui reçoit une part ou un bien d’une valeur plus élevée que celle à laquelle ses droits lui permettent de prétendre. La soulte intervient lors d’une indivision et vise à compenser le préjudice subi par les autres parties lors du partage.

Le rachat de soulte est une opération juridique et financière, qui permet de racheter les parts de l’indivisaire. C’est le fait même de payer cette compensation financière à l’autre partie pour devenir le seul propriétaire du patrimoine transmis ou acquis. Il est surtout pratiqué lors de successions et de divorces.

L’indivision correspond à la situation dans laquelle deux ou plusieurs personnes sont propriétaires ensemble d’une même chose ou d’un même ensemble de choses (exemples : maison, portefeuille de titres, meubles, bijoux).

Quels sont les frais de notaire lors d’un rachat de soulte ?

Le rachat de soulte est une opération qui s’effectue obligatoirement devant un notaire. Les frais de notaire sont donc inévitables et dépendent de la soulte en elle-même. Réglementés par l’État, ils sont de l’ordre de 7 à 8 % de la valeur de la compensation versée, sauf pour les biens immobiliers neufs et de moins de 5 ans, dont les frais avoisinent plutôt les 2 ou 3 %. Cette soulte dépend quant à elle de la valeur du bien estimée au moment du partage.

Le notaire est nécessaire pour rédiger l’acte officiel, que l’on peut aussi appeler état liquidatif (car il vient liquider le patrimoine commun). Ce document est à signer par les parties avant la signature de la convention de divorce ou de la division successorale.

Il est très fréquent de voir les cohéritiers vouloir la vente du bien en indivision. Pour ne pas multiplier les frais ou se retrouver avec ce bien immobilier sur les bras pendant de nombreux mois, il peut être avantageux de faire appel à une agence immobilière. Mais laquelle choisir ? Pourquoi telle agence plutôt qu’une autre ? Pour vous aider, nous vous invitons à consulter notre guide des agences immobilières 2021. Sur cette page dédiée, vous trouverez une liste des meilleures agences immobilières ainsi que les différents critères de choix, des comparatifs, nos conseils…

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Rachat de soulte et indivision : quel calcul ?

Avant toute chose, pensez à faire réévaluer le bien immobilier en question. Le rachat de soulte portera sur sa valeur actuelle et non sur sa valeur d’acquisition. Faites appel à un expert pour éviter tout conflit : un notaire ou un agent immobilier par exemple.

Le calcul du rachat de soulte varie en fonction de la présence d’un crédit immobilier ou non. Deux situations se dessinent donc :

  • Si le bien n’a pas été financé par un prêt immobilier, le calcul du rachat de soulte est relativement simple. Il suffit de compter la part du bien détenu par l’autre : ainsi, si la valeur du bien est de 180 000 €, et qu’il est détenu à 50 % par l’un et à 50 % par l’autre, la partie (héritier, ex-époux…) procédant au rachat de soulte devra verser 90 000 € à l’autre pour obtenir la pleine propriété du bien.
  • Si le bien a été financé par un prêt immobilier, le calcul du rachat de soulte est différent. La partie souhaitant racheter la soulte devra régler la soulte ainsi que le montant du prêt restant. Ainsi, si la valeur du bien est de 180 000 € et qu’il reste 40 000 € à rembourser à la banque, la partie ne procédant pas au rachat de soulte recevra 70 000 €. En effet, pour obtenir ce montant, on ôte 40 000 € aux 180 000 € puis on divise par deux puisque dans notre exemple il n’y a que deux parties. En cas de succession, on divise la somme restante entre toutes les parties. L’héritier ou l’ex-époux qui rachète la soulte devra donc payer 70 000 € à l’autre partie mais aussi assumer le montant restant du prêt à régler. Il doit donc pouvoir payer 110 000 € pour obtenir la pleine propriété. Ici donc, le coût du rachat de la soulte est égal à l’addition de la soulte achetée et du capital restant dû.

Il peut être judicieux de procéder à une simulation de rachat de soulte, pour vous assurer de son coût et de votre capacité à l’assumer. En effet, outre la soulte en elle-même à régler, vous devez prendre en compte les frais de notaire associés ainsi que les coûts liés au crédit immobilier. La simulation de ce dernier est également possible en ligne sur de nombreux sites.

Qui paie les frais de notaire dans le cas de rachat de soulte ?

Les frais de notaire sont répartis entre les différentes parties. Dans le cas d’une succession, ils sont partagés entre les différents héritiers, à hauteur de leurs parts dans le bien immobilier. Ils sont donc divisés, en tenant compte du rachat de soulte par l’un d’eux. Dans le cas d’un divorce, les deux époux doivent participer aux frais de notaire. Il y a là aussi partage. Autrement dit, chacun paie sa part !

En revanche, les frais de notaire peuvent faire partie des coûts pris en charge par un prêt immobilier. Lors d’un divorce ou d’une succession, certaines personnes devront ou préféreront avoir recours à un crédit immobilier pour procéder au rachat de la soulte. Ce crédit est donc très utile si vous souhaitez conserver le bien mais que vous n’avez pas les moyens (apport personnel trop faible) nécessaires pour racheter la soulte seul. Vous pouvez donc vous tourner vers une banque spécialisée dans le prêt immobilier pour rachat de soulte, ou vers une banque généraliste qui vous octroiera un crédit classique.

Quel rachat de soulte en cas de divorce ?

Lors d’un divorce, le partage des biens immobiliers est une étape obligatoire : devant le notaire, les biens communs sont répartis à parts égales entre les deux ex-époux.

L’un des deux époux peut demander à ce que le bien immobilier lui soit attribué, c’est ce que l’on appelle l’attribution préférentielle. Dans ce cas, il se peut donc que le partage soit inégal pour les deux parties. Dans ce cas-là, l’époux bénéficiaire devra payer à l’autre la soulte. On procède donc à un rachat de soulte qui va dépendre des droits de propriété. Si les deux ex-époux détenaient chacun la moitié du bien immobilier, celui qui rachète la soulte de l’autre devra donc compter 50 % de la valeur du bien. En revanche, si l’ex-époux procédant au rachat de la soulte détenait 60 % du bien, le montant de la soulte ne représente donc que 40 %.

Il faut faire estimer la valeur du bien au moment du divorce pour prendre en compte sa valeur actuelle et non sa valeur lors de l’acquisition. Le notaire peut vous accompagner dans cette démarche.

Le rachat de soulte lors d’un divorce n’est pas systématique. Les deux ex-époux peuvent en effet décider tous les deux de ne pas garder le bien immobilier, si aucun des deux ne réclame la pleine propriété, le bien est mis en vente. Le produit de sa vente permettra alors de solder le crédit bancaire contracté à l’origine.

Comment se passe un rachat de soulte lors d’une succession ?

Lors d’une succession, le rachat de soulte est possible sur les biens en indivision. L’une des parties peut vouloir la pleine propriété du bien et va donc devoir racheter la soulte des autres indivisaires. Il doit donc payer les parts des autres héritiers. Ici aussi, il est conseillé de réévaluer la valeur du bien avant de procéder à quelconque démarche. Rappelons-le, la soulte se base sur la valeur du bien actuelle et non sur sa valeur d’acquisition.

Prenons une maison familiale de 800 000 € sans prêt attenant, et 4 héritiers. Si l’un d’eux souhaite devenir seul propriétaire de cette demeure, il devra payer 200 000 € à chacun des 3 autres héritiers. Il n’est pas rare que les rachats de soulte en succession soient plus conséquents que lors de divorces. Vous pouvez contracter un prêt pour vous aider à financer ce rachat de soulte. Attention, un prêt engendre forcément des frais, à rajouter au coût du rachat de soulte en lui-même.

Les frais de notaire sont divisés entre tous les héritiers.

Modèle de lettre de rachat de soulte

Que ce soit lors d’un divorce ou d’une succession, le rachat de soulte est possible et doit se faire auprès d’un notaire. Une lettre d’offre de rachat de soulte peut être rédigée, destinée à l’autre ou aux autres indivisaire(s). En voici un modèle ci-dessous :

Télécharger le lettre de rachat de soulte lors d’une indivision :

telecharger lettre

L’intervention d’un notaire est obligatoire lors d’un rachat de soulte. Il est là pour vous accompagner et vous guider dans cette démarche. N’hésitez pas à vous appuyer sur lui ! Si vous contractez un prêt pour financer votre rachat de soulte, certains documents sont à fournir à la banque. La liste vous en sera faite par votre interlocuteur, vous pourrez ensuite vous tourner vers votre notaire pour pouvoir fournir ces documents officiels.

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