Reassurez-moi - Comparateur d'assurance

Surpoids et assurance de prêt immobilier : quel impact sur votre surprime en 2026 ?

Alexandra Dutartre
Rédactrice spécialisée assurance, prévention & animaux
MAJ le 25.06.2026

Un surpoids modéré (IMC entre 25 et 29,9) n'entraîne, dans la grande majorité des cas, qu'une surprime faible voire nulle sur l'assurance de prêt immobilier. Contrairement à une idée répandue, les assureurs ne déclenchent pas de majoration au seuil de surpoids de l'OMS : la tarification ne change vraiment qu'à l'entrée dans l'obésité, autour d'un IMC de 30.

La loi Lemoine, la délégation d'assurance et la convention AERAS offrent chacune un levier pour réduire, voire neutraliser, cette surprime.

Ce qu'il faut retenir

  • Un surpoids modéré (IMC 25 à 29,9) se traduit généralement par une surprime faible ou nulle.
  • Les assureurs n'appliquent pas le seuil OMS de 25 : la majoration n'apparaît le plus souvent qu'à partir d'un IMC de 30, parfois 35 selon les compagnies.
  • À IMC identique, le tarif peut varier du simple au double selon l'assureur.
  • La loi Lemoine peut supprimer le questionnaire de santé, et donc toute surprime liée au poids, pour les prêts éligibles.
  • La convention AERAS ne garantit pas l'absence de surprime : elle agit via un mécanisme d'écrêtement, sous conditions.

Le surpoids a-t-il vraiment un impact sur l'assurance de prêt immobilier ?

Dans la plupart des cas, un surpoids modéré ne pèse pas lourd sur le coût de l'assurance de prêt. Les assureurs évaluent le risque pondéral par paliers : tant que l'indice de masse corporelle (IMC) reste sous le seuil de l'obésité, le tarif standard s'applique généralement.

Un IMC de 26, 27 ou 28 passe le plus souvent inaperçu dans la tarification. La majoration n'apparaît vraiment qu'au-delà d'un certain palier, quand le risque statistique de pathologies associées (diabète, hypertension, troubles cardiovasculaires) augmente sensiblement.

Surpoids et obésité partagent la même grille de mesure, l'IMC, mais les assureurs ne les traitent pas de la même façon. Le surpoids modéré reste, le plus souvent, un risque accepté sans condition particulière. Pour situer l'enjeu : selon l'étude OFÉO 2024 de la Ligue nationale contre l'obésité, 30,8 % des adultes en France sont en surpoids et 18,1 % en situation d'obésité, soit près d'un adulte sur deux concerné par un IMC supérieur à 25.

À noter 
Un même profil peut recevoir des propositions très différentes selon les assureurs. Comparer plusieurs offres reste le moyen le plus simple de vérifier que votre dossier est tarifé au juste prix.

À partir de quel IMC le surpoids influence-t-il l'assurance de prêt ?

L'IMC est l'indicateur de référence utilisé par les assureurs pour évaluer le risque pondéral. Il se calcule selon une formule simple, retenue par l'Organisation mondiale de la santé :

IMC = poids (kg) ÷ taille (m)²
Exemple : pour une personne de 75 kg mesurant 1,70 m, IMC = 75 ÷ (1,70 × 1,70) = 25,95.

Un point essentiel, souvent mal compris : le seuil de l'OMS n'est pas le seuil des assureurs. L'OMS classe le surpoids dès un IMC de 25, mais les assureurs n'appliquent pas de surprime à ce niveau. Dans les faits, la tarification reste standard jusqu'à un IMC d'environ 30, seuil d'entrée dans l'obésité. Certains assureurs ne déclenchent même de majoration qu'à partir de 35. Un IMC de 26 à 29 est donc, chez la quasi-totalité des compagnies, tarifé comme un poids normal.

Plage d'IMCCatégorieTraitement habituel en assurance de prêt
18,5 à 24,9Corpulence normaleTarif standard
25 à 29,9SurpoidsTarif standard ou surprime légère selon l'assureur
30 à 34,9Obésité modéréeSurprime possible, questionnaire approfondi
35 à 39,9Obésité sévèreSurprime significative, exclusions possibles
40 et plusObésité morbideSurprime forte, exclusions fréquentes, refus possibles
Seuils OMS, indicatifs. La politique de chaque assureur peut faire varier le seuil de déclenchement réel.

La tarification ne se résume pas à l'IMC : l'âge, la profession, les antécédents médicaux et les habitudes de vie entrent aussi en compte. Pour le détail des situations d'obésité avérée (IMC ≥ 30), consultez notre guide dédié à l'obésité et l'assurance de prêt.

Combien coûte la surprime d'assurance de prêt selon l'IMC ?

La surprime liée au poids se traduit par un pourcentage de majoration sur le tarif de base, appliqué principalement sur les garanties Décès, PTIA (perte totale et irréversible d'autonomie), ITT (incapacité temporaire de travail) et IPT (invalidité permanente totale). Plus l'IMC est élevé, plus cette majoration peut être importante.

Les ordres de grandeur ci-dessous sont publiés par plusieurs sources sectorielles à titre indicatif. Ils ne valent pas devis et varient fortement selon l'assureur, l'âge, le capital emprunté et la durée.

IMCSurprime indicativeGaranties concernées
25 à 29,9 (surpoids)0 % le plus souvent
30 à 35environ +25 %Décès, ITT, PTIA
36 à 40+35 % environ, surtout sur le décèsDécès
40 à 45+75 % à +100 %Décès ; ITT et IPT souvent refusées
Plus de 45exclusions fréquentes des trois garanties

Ces fourchettes sont indicatives et susceptibles d'évoluer selon la politique tarifaire de chaque assureur. Pour un surpoids modéré, la réalité reste rassurante : la surprime est le plus souvent nulle, et n'apparaît qu'à l'entrée dans l'obésité.

À IMC identique, deux assureurs peuvent proposer une surprime du simple au double. Un dossier coté +50 % chez l'un peut être coté +100 % chez un autre, pour des garanties équivalentes. Comparer les offres n'est donc pas un conseil de principe : c'est la seule façon de savoir si votre dossier est correctement tarifé.

Pourquoi deux assureurs ne tarifent pas pareil ?
Chaque assureur construit sa propre grille à partir de ses données actuarielles. Certains pénalisent fortement les IMC élevés, d'autres restent plus souples lorsque les bilans de santé sont rassurants. Mettre les compagnies en concurrence vaut donc le coup dès que le poids entre en ligne de compte.

Surprime, exclusion ou refus : quelles différences ?

Trois situations distinctes peuvent se présenter :

  • Surprime : l'assureur accepte le risque, mais majore le tarif.
  • Exclusion de garantie : l'assureur accepte le contrat, mais retire la couverture d'un sinistre précis (par exemple l'incapacité de travail liée à une pathologie cardio-métabolique).
  • Refus : l'assureur n'émet pas de proposition pour ce dossier.

Pour un surpoids modéré (IMC 25 à 29,9), exclusions et refus sont rares. La plupart des dossiers passent en tarif standard ou avec une majoration limitée.

Un point important à connaître : la garantie la plus souvent refusée n'est pas le décès, mais l'ITT/IPT (incapacité et invalidité de travail). C'est elle qui pose problème en premier aux paliers d'obésité élevés, car le risque d'arrêt de travail lié aux pathologies associées est jugé plus élevé. Si la banque exige l'ITT et que l'assureur la refuse, le prêt peut être bloqué d',où l'intérêt d'anticiper.

Le refus pur et simple reste exceptionnel et concerne principalement les cas d'obésité morbide ou de comorbidités cumulées. Lorsqu'il se présente, la convention AERAS peut prendre le relais, sous conditions.

La loi Lemoine permet-elle d'éviter la surprime liée au poids ?

La loi n° 2022-270 du 28 février 2022, dite loi Lemoine, offre souvent la solution la plus directe pour neutraliser une surprime liée au surpoids, quand le dossier y est éligible.

Elle supprime le questionnaire de santé, sous deux conditions cumulatives :

  • la part assurée du capital emprunté est inférieure ou égale à 200 000 € par emprunteur,
  • le remboursement du prêt s'achève avant les 60 ans de l'assuré.

Quand ces deux conditions sont réunies, l'assureur ne peut plus poser de question médicale : ni le poids, ni la taille. La surprime liée à l'IMC disparaît purement et simplement.

Lemoine, le vrai levier pour un surpoids. Prenons un couple qui emprunte 350 000 € à deux, avec des quotités de 50/50 : chacun assure 175 000 €. Sous le plafond de 200 000 € par tête, et si le remboursement s'achève avant les 60 ans de chacun, le questionnaire de santé est supprimé pour les deux emprunteurs. Le surpoids n'a alors aucun impact tarifaire. Cette mécanique demande d'arbitrer finement les quotités : une simulation comparative reste la meilleure approche pour vérifier l'éligibilité.

À venir : un calcul du seuil plus favorable. Un avis du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) prévoit qu'à compter du 1er septembre 2026, seuls les crédits immobiliers soient pris en compte dans le calcul du seuil de 200 000 € : les crédits à la consommation et prêts professionnels en seraient exclus, avec une généralisation prévue au 1er juin 2027. Concrètement, un emprunteur en surpoids avec un prêt immobilier de 190 000 € et un crédit auto de 15 000 € passerait désormais sous le seuil, et échapperait au questionnaire de santé. À noter : il s'agit d'un engagement de place des assureurs, non d'une obligation légale.

La loi Lemoine ouvre aussi le droit de changer d'assurance à tout moment, sans frais, pendant toute la durée du prêt. Un emprunteur ayant subi une surprime poids à la souscription peut donc, à n'importe quel moment, comparer le marché et tenter d'obtenir un meilleur tarif.

Attention
Une fausse déclaration reste sanctionnée par la nullité du contrat. Le bénéfice de la loi Lemoine repose sur la suppression légale du questionnaire, pas sur la dissimulation d'informations.

La convention AERAS protège-t-elle vraiment en cas de surpoids ?

La convention AERAS (« S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé ») impose aux assureurs d'examiner les dossiers à risque aggravé via une procédure en plusieurs niveaux. Mais être éligible à AERAS ne signifie pas être protégé d'une surprime.

La convention comporte une grille de référence qui interdit toute surprime ou exclusion pour certaines pathologies listées (cancers en rémission, hépatites guéries…). Le surpoids et l'obésité n'y figurent pas. Le dispositif reste mobilisable, mais uniquement via un mécanisme d'écrêtement (plafonnement des surprimes), sous conditions :

  • le montant assuré ne dépasse pas un certain plafond,
  • les revenus du foyer restent sous un barème défini,
  • l'âge à la fin du prêt reste dans les limites prévues par la convention.

Au-delà de ces limites, l'écrêtement ne s'applique pas et la surprime peut être supportée intégralement par l'emprunteur.

Le droit à l'oubli ne s'applique pas non plus au surpoids ni à l'obésité. Ce dispositif concerne les pathologies passées (certains cancers, hépatites virales) que l'on n'a plus à déclarer après un délai. Le surpoids étant un état présent, il doit être déclaré lors du questionnaire de santé, tant que celui-ci est exigé.

Comment réduire la surprime ou être accepté avec un surpoids ?

En cas de surpoids déclaré, plusieurs pistes permettent de réduire la facture. La plupart peuvent se combiner.

  • Mettre en concurrence plusieurs assureurs via la délégation d'assurance (lois Lagarde puis Lemoine). Au vu de la variabilité des grilles d'IMC entre compagnies, c'est souvent ce qui fait la plus grande différence.
  • Passer par un courtier spécialisé en risque aggravé, qui connaît les assureurs les plus souples sur le poids et négocie directement la cotation.
  • Ajuster les quotités dans un couple pour rester sous les plafonds de la loi Lemoine quand c'est possible.
  • Négocier un rachat d'exclusion : moyennant une surprime ciblée, certaines exclusions peuvent être levées.
  • Optimiser les garanties : ne pas surcharger le contrat en garanties non exigées par la banque permet parfois de réduire l'effet de la majoration.
  • Déclencher la procédure AERAS si l'assureur refuse une couverture standard, pour activer les niveaux 2 puis 3 d'examen.

Le cas particulier du fumeur en surpoids. Le tabac a un double effet : le tarif de base d'un fumeur est déjà plus élevé, et la surprime liée au poids vient se cumuler par-dessus. Pour un emprunteur à la fois fumeur et en surpoids, l'écart de prix entre assureurs peut être considérable, la comparaison est alors d'autant plus rentable.

Comparer plusieurs propositions avant de signer l'assurance proposée par la banque reste la première chose à faire. Sur un même IMC, l'écart peut représenter plusieurs milliers d'euros sur la durée totale du prêt.

reassurez-moi illustration

Assurance emprunteur

les meilleures offres 2026

Comparer nos assurances de prêt

FAQ : Surpoids assurance de prêt

Faut-il déclarer son poids et sa taille dans le questionnaire de santé ?

Oui, lorsque le questionnaire est applicable. Le poids et la taille permettent à l'assureur de calculer votre IMC et d'évaluer le risque pondéral. Une déclaration inexacte peut entraîner la nullité du contrat. Si la loi Lemoine s'applique à votre prêt, le questionnaire est en revanche supprimé et ces informations ne sont plus demandées.

Un IMC de 27 ou 28 entraîne-t-il une surprime ?

Dans la très grande majorité des cas, non. Les assureurs appliquent un tarif standard jusqu'à l'entrée dans l'obésité (IMC 30), et certains ne déclenchent de surprime qu'à partir de 35. Un IMC de 27 ou 28 est donc le plus souvent tarifé comme un poids normal. Seule une comparaison de plusieurs offres permet de le vérifier sur votre profil précis.

Le droit à l'oubli s'applique-t-il au surpoids ou à l'obésité ?

Non. Le droit à l'oubli concerne certaines pathologies passées (notamment certains cancers et hépatites virales) que vous n'avez plus à déclarer après un délai. Le surpoids et l'obésité étant des états présents, ils restent déclarables dans le questionnaire de santé tant qu'il est exigé.

Une perte de poids récente ou une chirurgie bariatrique modifient-elles la tarification ?

Elles peuvent jouer favorablement, à condition d'être documentées. Une perte de poids significative, stabilisée et appuyée par un suivi médical, est généralement prise en compte par les assureurs. Pour une chirurgie bariatrique (sleeve, bypass), l'évaluation se fait au cas par cas avec un délai de stabilisation post-opératoire.

Sources :

  • Organisation mondiale de la santé (OMS) — Obésité et surpoids, seuils et classification de l'IMC : who.int
  • Ministère de la Santé — Prévention et prise en charge de l'obésité : sante.gouv.fr
  • Haute Autorité de Santé (HAS) — Surpoids et obésité de l'adulte : prise en charge médicale de premier recours : has-sante.fr
  • Convention AERAS — S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé : aeras-infos.fr
  • Vie-publique.fr — Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 (loi Lemoine) sur l'assurance emprunteur : vie-publique.fr
  • Comité consultatif du secteur financier (CCSF) — avis 2026 sur le calcul du seuil de 200 000 € ; reprise MoneyVox

Gain de temps

Comparez en 2min, votre expert dédié s’occupe de tout de A à Z.

Économie d'argent

On vous fait économiser jusqu’à 18 000 €

4.75/5 sur Avis Vérifiés

Réassurez-moi est le courtier en ligne le mieux noté du marché