Comment emprunter après 60 ans ?

Comment emprunter après 60 ans ?

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Passée 60 ans, en vous présentant à leurs guichets pour solliciter un prêt, tous les établissements financiers vous assureront que votre dossier sera examiné sans traitement particulier, comme pour tous les autres clients. C’est normal puisque poser expressément une condition liée à l’âge pour l’obtention d’un prêt tomberait aussitôt sous le coup de la loi pénale qui interdit toute discrimination. Ainsi l’article 225-2 4° du code pénal punit-il de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € le fait de subordonner la fourniture d’un bien ou d’un service à une condition fondée sur l’âge, l’état de santé ou le handicap. Mais l’article 225-3 du même code pose une exception notable : ces critères peuvent être pris en compte sans être discriminants en matière de prévention des risques décès, incapacité ou invalidité. En clair, un assureur est en droit, en fonction de votre âge et/ou de votre état de santé, de refuser de vous assurer au titre de l’assurance emprunteur garantissant le remboursement du prêt en cas de décès ou d’invalidité. Or, incontournable en matière de crédit immobilier, bien que légalement non obligatoire, l’assurance emprunteur conditionnera l’obtention ou non de votre prêt.

Comment assurer son prêt après 60 ans ?

Les banques peuvent proposer leur assurance emprunteur de groupe plus limitée dans le temps. Bien entendu le coût dépend de votre âge à la souscription et en fin de prêt, du montant assuré, de la durée d’emprunt et des éventuelles pathologies assurables. Elle peut coûter de 0,42 % par an en moyenne du capital emprunté jusqu’à plus de 1,5 % suivant les cas.

Chez BNP Paribas, l’adhésion est possible jusqu’à quatre-vingt ans, mais seulement pour la garantie décès, avec une couverture jusqu’au jour de vos quatre-vingt-six ans. Mais si le client a plus de quatre-vingt ans à la souscription ou aura plus de quatre-vingt-six ans à la fin de son prêt, il peut s’assurer en souscrivant le contrat spécifique Alternative Emprunteur, qui le couvrira en garantie décès jusqu’à l’âge de quatre-vingt-dix ans.

À la Société générale, la garantie décès ne joue que jusqu’à quatre-vingt-cinq ans. Chez LCL, vous pourrez souscrire jusqu’à l’âge de soixante-quinze ans. La Caisse d’épargne, en partenariat avec la CNP,  a mis au point un contrat spécifique, « Convention Seniors », qui permet de couvrir le risque de décès jusqu’à quatre-vingt-cinq ans. Tout comme la Caisse d’épargne, La Poste propose ce même contrat avec une couverture jusqu’à quatre-vingt-quatre ans.

Pour tous les établissements, les formalités d’adhésion à l’assurance reposent sur un questionnaire de santé, une visite médicale pouvant toujours être demandée en fonction des réponses fournies. À la BNP Paribas, si vous êtes âgé de moins de soixante-dix ans et jusqu’à 300 000 € d’emprunt immobilier, l’adhésion s’effectue sur la base d’une simple déclaration d’état de santé. Pour un crédit à la consommation, la limite se situe à moins de soixante-six ans et 250 000 € ou à moins de soixante-neuf ans et 175 000 €.

Pour les deux types de prêt, au-delà de ces limites, on exigera de vous un rapport médical. À la Société générale, il ne vous sera demandé qu’un questionnaire de santé pour un crédit à la consommation. En crédit immobilier, il vous faudra remplir un formulaire de déclaration du risque et éventuellement, selon votre âge et le montant du capital emprunté, accomplir des formalités médicales.

À partir de 250 000 € d’emprunt, LCL impose une visite médicale aux plus de cinquante ans. Au Crédit mutuel, l’assurance décès est obligatoire jusqu’à soixante-cinq ans et facultative ensuite. Après soixante-cinq ans, vous devrez remplir un questionnaire de santé et passer obligatoirement une visite médicale si le questionnaire n’est pas satisfaisant. HSBC, dont les garanties décès et perte irréversible d’autonomie (PTIA) ne peuvent pas être souscrites au-delà de soixante-quinze ans, se contente d’un questionnaire médical, mais exigera une visite médicale au-delà de 250 000 € d’emprunt.

À défaut de rentrer dans les clous d’une assurance emprunteur de groupe proposée par les banques, sachez qu’il vous est toujours possible de souscrire une assurance individuelle dans un autre établissement que celui qui vous octroie le prêt. Nous vous conseillons d’utiliser notre comparateur d’assurance emprunteur pour vous avoir rapidement une idée du tarif.

Passez par la case courtier d’assurance emprunteur

Si, pour une question d’âge ou de maladie, vous ne trouvez pas, dans votre banque ou dans un autre établissement, à vous assurer, il vous faudra vous adresser à un courtier en assurance de crédit immobilier pour faire aboutir votre dossier. C’est ainsi que Marie a pu obtenir son prêt.

Quelle durée de prêt maximum peut-on avoir ?

Puisque l’âge n’est, en principe, pas un critère de refus du prêt, sur quelle autre base se fondent les banquiers pour vous écarter d’un crédit ? Le couplet est quasiment le même : endettement trop lourd, reste à vivre insuffisant, cause médicale qui exclurait la souscription de l’assurance décès, garanties insuffisantes ou dépassement de l’âge limite des garanties. On peut ajouter une marge hypothécaire trop faible ou encore, précise La Banque postale, le refus de l’assurance emprunteur, sans garantie alternative.

Le projet peut aussi bloquer si le délai d’emprunt demandé est trop long compte tenu de l’âge de l’emprunteur.

Quelles sont les conditions pour avoir un prêt après 60 ans ?

Autre critère qui peut faire obstacle à l’attribution d’un prêt à des personnes d’un certain âge, leurs conditions de ressources. Les banques ne demandent pas un seuil de ressources minimum, mais vérifient quand même que l’emprunteur dispose d’une capacité financière suffisante pour le remboursement du crédit.

La Banque postale estime que les ressources doivent présenter, dans le cas d’une demande de crédit immobilier, un caractère « récurrent et pérenne ».  Si le postulant est à deux-trois ans de la retraite, la banque cherchera à s’assurer que ses capacités d’emprunt permettent le remboursement du prêt sur sa durée totale. Ainsi, elle intégrera dans son analyse une estimation du montant de sa pension de retraite future.

La Caisse d’épargne prévoit, dans un tel cas, une diminution du montant des échéances au moment où les revenus baissent. Le courtier Credixia, via certaines banques partenaires, a créé des formules qui permettent d’adapter les mensualités en deux temps pour préserver le niveau de vie de l’emprunteur au moment du départ en retraite. À ce moment-là, les mensualités diminuent de 30 % au maximum pour s’adapter à la baisse des revenus. La Caisse d’épargne apprécie la capacité à rem­­bourser de l’emprunteur sur des indicateurs tels que le taux d’effort et le reste à vivre après paiement des diverses charges (loyer, remboursement de crédits notamment).

Si, à la BNP Paribas, on déclare que la banque n’impose aucune condition spécifique de ressources pour accorder ou non un prêt à ses clients seniors, elle va néanmoins tenir compte de leurs revenus stables tels que retraites, loyers perçus, rentes, par exemple.

Quels taux espérer pour un profil de plus de 60 ans ?

Concernant les taux d’emprunt, là aussi, les établissements financiers et organismes de crédit déclarent ne pratiquer aucune discrimination a priori en fonction de l’âge de l’emprunteur (60 ans ou même 70 ans passés). Les seniors sont des clients comme les autres et soumis au même régime que l’ensemble de la clientèle, nous affirme-t-on. Les taux accordés varient seulement en fonction du montant des ressources de l’emprunteur, de son apport personnel et de la durée du prêt. Nos taux d’intérêt sont identiques à ceux proposés à l’ensemble de la clientèle, confirme HSBC. À la Caisse d’épargne, il ne dépend pas non plus de l’âge de l’emprunteur, mais chacune des caisses le détermine selon le montant et la durée du prêt. Voici notre comparateur des taux du moment.

Pour faciliter l’accès au crédit des personnes qui souhaitent emprunter et présentent un risque de santé aggravé ne leur permettant pas d’adhérer au contrat emprunteur de base proposé par les banques, les pouvoirs publics ont mis en place la convention Aeras (S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé), signée entre les banques et les assureurs.

Il n’est pas nécessaire de demander à en bénéficier, elle doit s’appliquer automatiquement dès le dépôt de la demande d’assurance. Pour faire jouer la convention, vous devez être âgé de soixante-dix ans au plus en fin de prêt et ne pas demander un crédit immobilier supérieur à 320 000 €. Dans le cadre de ce dispositif, il est prévu qu’un client ne pouvant finalement pas trouver de solution d’assurance puisse proposer à la banque une garantie alternative, par exemple, une hypothèque sur un autre bien immobilier, une caution, le nantissement d’une assurance vie ou d’un portefeuille de valeurs mobilières, un contrat de prévoyance individuel. Dans tous les cas, le choix est laissé à l’appréciation de la banque. Mais, selon la commission de suivi d’Aeras, toutes ces garanties ne sont que rarement exploitées, certains établissements bancaires et de crédits les refusent malgré les engagements pris.

Le conseiller auquel vous venez faire part de votre projet et de votre demande de financement commencera par interroger son ordinateur qui lui fournira déjà certaines informations sur votre profil. Heureusement ce n’est pas la machine qui décide.

À la Caisse d’épargne, la plupart des accords sont donnés directement à l’agence, la décision relevant de la responsabilité du conseiller commercial lui-même ou du directeur. Toutefois, selon les caractéristiques du dossier, la décision peut être prise au niveau du siège régional, mais jamais à un niveau national, puisque les caisses sont des établissements décentralisés, dotées de leur autonomie dans leur région respective.

À la BNP Paribas, chaque demande est étudiée au cas par cas par le conseiller de l’agence qui peut être amené à la présenter au responsable selon le montant du crédit et le niveau d’endettement du client.

À La Banque postale, votre dossier de demande d’un crédit immobilier sera évalué par le conseiller spécialisé du bureau de poste. S’il s’agit d’une demande de crédit à la consommation, un autre conseiller procédera à une première étude sur la base des éléments fournis, lesquels seront ensuite envoyés pour analyse au centre de relation clients de La Banque postale Financement. C’est après une analyse globale de votre situation qu’elle prendra sa décision.

Au Crédit mutuel, qui se targue d’entretenir une relation forte avec ses clients et bien les connaître, c’est la caisse qui prendra la décision. à la Société générale, les demandes de prêt immobilier ne sont effectuées qu’en agence. Pour les demandes de crédit à la consommation, elles peuvent aussi l’être via les centres d’appel dédiés ou le site Internet maison. Elles sont ensuite étudiées au cas par cas.

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