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Assurance de prêt immobilier et rhumatismes

Delphine Bardou
Directrice Générale Adjointe
MAJ le 25.08.2026
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Un rhumatisme n'interdit pas d'assurer votre prêt immobilier. Selon votre pathologie, son ancienneté et son retentissement au quotidien, l'assureur peut accepter votre dossier au tarif standard, appliquer une surprime, exclure certaines garanties ou, plus rarement, refuser. Ces maladies articulaires sont souvent classées en risque aggravé, ce qui déclenche une évaluation médicale de votre dossier. Des solutions concrètes existent pour rester couvert.

Ce qu'il faut retenir

  • Un rhumatisme relève le plus souvent d'un risque aggravé de santé, rarement d'un refus définitif.
  • Quatre décisions sont possibles : acceptation au tarif standard, surprime, exclusion d'une garantie ou refus.
  • Grâce à la loi Lemoine, aucun questionnaire de santé n'est demandé quand la part assurée reste inférieure ou égale à 200 000 € par personne et que le prêt est remboursé avant vos 60 ans.
  • La délégation d'assurance vous permet de choisir un contrat externe, souvent mieux adapté aux profils médicaux que celui de la banque.
  • Le dispositif AERAS facilite l'accès à l'assurance quand votre état de santé complique la souscription.

Questionnaire de santé : êtes-vous concerné ?

Vous êtes dispensé de questionnaire de santé et d'examen médical lorsque deux conditions sont réunies :

  • la part que vous assurez sur l'ensemble de vos crédits reste inférieure ou égale à 200 000 € par personne ;
  • votre prêt est intégralement remboursé avant votre 60e anniversaire.

Dans ce cas, vous n'avez pas à déclarer votre rhumatisme. Si une seule de ces conditions n'est pas remplie, la dispense légale ne s'applique plus et l'assureur peut vous adresser un questionnaire. Ces conditions peuvent évoluer selon la législation.

Quels rhumatismes peuvent affecter l'assurance emprunteur ?

Le mot rhumatisme regroupe de nombreuses maladies qui touchent les articulations, les os, les tendons ou les muscles. Elles n'ont pas toutes le même impact sur une assurance de prêt. L'assureur évalue surtout l'évolution de la maladie et ses conséquences sur votre capacité à travailler et à rembourser.

Rhumatismes inflammatoires

Ces maladies provoquent une inflammation des articulations, parfois d'autres organes, et évoluent par poussées. On y retrouve la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite, le rhumatisme psoriasique ou encore la goutte. Leur gravité varie fortement d'une personne à l'autre. Un traitement précoce et bien suivi peut ralentir la maladie et la maintenir sous contrôle. L'assureur prend ce point en compte favorablement à l'étude de votre dossier.

Rhumatismes dégénératifs et autres atteintes articulaires

Ces atteintes viennent de l'usure progressive du cartilage ou des articulations. L'arthrose en est l'exemple le plus courant. Souvent localisées et d'évolution lente, elles pèsent généralement moins lourd dans l'évaluation qu'un rhumatisme inflammatoire actif, sauf lorsqu'elles entraînent des limitations importantes ou des arrêts de travail répétés.

Chaque pathologie est étudiée au cas par cas : deux personnes atteintes de la même maladie peuvent recevoir des propositions très différentes.

Que déclarer dans le questionnaire de santé en cas de rhumatisme ?

Hors dispense de la loi Lemoine, l'assureur vous demande de remplir un questionnaire de santé. Plus vous êtes précis, plus le traitement de votre dossier est rapide, et vos garanties sont mieux protégées si un sinistre survient.

Informations médicales et fonctionnelles attendues

Le médecin-conseil cherche à mesurer l'évolution réelle de votre rhumatisme, pas seulement son nom. Préparez les éléments suivants :

  • le diagnostic précis posé par votre médecin ;
  • l'ancienneté de la maladie et la fréquence des poussées ;
  • le traitement suivi et sa régularité ;
  • la stabilité ou la rémission de votre état ;
  • les éventuels arrêts de travail et leur durée ;
  • les limitations fonctionnelles au quotidien ;
  • les atteintes en dehors des articulations, si elles existent.

Documents à préparer selon votre situation

Rassembler vos justificatifs à l'avance fait gagner du temps à tout le monde. Les pièces utiles dépendent de votre pathologie et de l'assureur, mais on retrouve souvent :

  • le compte rendu de votre rhumatologue ;
  • un bilan biologique récent ;
  • une imagerie ou son compte rendu ;
  • l'ordonnance de votre traitement en cours ;
  • l'historique de vos arrêts de travail.

Le tableau ci-dessous relie chaque élément examiné au justificatif correspondant et à la garantie concernée. Cette grille est indicative : c'est l'assureur qui tranche au cas par cas.

Ce que l'assureur évalueJustificatif utileIncidence possible sur la garantie
Type de rhumatisme et diagnosticCompte rendu du rhumatologueOriente le niveau d'examen du dossier
Ancienneté et fréquence des pousséesHistorique médical et ordonnancesUn état stable joue en votre faveur
Traitement de fond en coursOrdonnance récenteUn traitement bien suivi est un signal favorable
Limitations et arrêts de travailHistorique des arrêts, bilan médicalPeut concerner les garanties d'incapacité et d'invalidité
Atteintes extra-articulairesBilan biologique ou imageriePeut élargir l'évaluation à d'autres garanties

Quelle décision l'assureur peut-il prendre ?

Après étude de votre dossier, l'assureur rend sa proposition. Chaque compagnie applique sa propre grille médicale : le résultat varie donc d'un organisme à l'autre.

Acceptation, surprime, exclusion ou refus

Quatre issues sont possibles. L'acceptation au tarif standard arrive quand la maladie est ancienne, stable et sans retentissement. La surprime, c'est une cotisation majorée pour compenser le risque supplémentaire. L'exclusion retire de la couverture les conséquences liées à votre rhumatisme, tout en garantissant le reste. Quant au refus, il reste l'issue la plus rare, et un refus chez un assureur ne préjuge pas de la réponse chez un autre.

Effets possibles sur décès, PTIA, IPT/IPP et ITT

Les garanties ne réagissent pas de la même manière face à un rhumatisme. La garantie décès et la PTIA (perte totale et irréversible d'autonomie) sont plus souvent concernées par une surprime. Les garanties d'invalidité IPT/IPP (invalidité permanente totale ou partielle) et d'incapacité de travail ITT peuvent, elles, être exclues si la maladie touche directement votre aptitude à exercer votre métier. L'assureur peut ainsi combiner une surprime sur une garantie et une exclusion sur une autre.

Que faire en cas de surprime, d'exclusion ou de refus ?

Une première proposition défavorable n'est pas une fin de non-recevoir. Plusieurs leviers permettent d'obtenir une couverture plus adaptée.

Comparer les contrats et anticiper la demande

Les grilles de tarification varient beaucoup d'un assureur à l'autre. Le contrat de votre banque est rarement le plus adapté à un profil médical. La délégation d'assurance vous permet de souscrire un contrat externe équivalent, souvent plus souple face aux rhumatismes. Comparez plusieurs offres avant de vous décider. Présenter un dossier médical complet dès le départ accélère la réponse.

Quand le parcours AERAS s'applique-t-il ?

La convention AERAS vise à faciliter l'accès à l'assurance et au crédit des personnes présentant un risque aggravé de santé. L'examen se déroule par niveaux successifs. Si votre demande n'aboutit pas au premier niveau, elle passe automatiquement au deuxième. Un troisième niveau, qui réunit assureurs et réassureurs, réexamine ensuite les dossiers refusés au deuxième niveau qui remplissent deux conditions particulières. La première tient à l'échéance de remboursement, qui doit intervenir avant votre 71e anniversaire. La seconde porte sur la part assurée, qui ne doit pas dépasser 420 000 €. Ce montant s'apprécie sur l'encours cumulé de vos crédits, sans compter le prêt relais destiné à l'achat de votre résidence principale. Ces conditions conventionnelles sont celles en vigueur à la date de rédaction et peuvent évoluer selon la législation.

Vers quelle assurance de prêt se tourner avec des rhumatismes ?

Avec un rhumatisme, comparer les offres vaut mieux qu'accepter d'emblée la proposition de votre banque. Un assureur externe est souvent plus compétitif et plus souple face à un profil médical. Notre comparateur vous permet d'étudier gratuitement plusieurs offres d'assurance de prêt et de trouver une couverture adaptée à votre profil, sans engagement.

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Questions fréquentes sur rhumatismes et assurance emprunteur

Peut-on emprunter avec une polyarthrite ?

Oui, vous pouvez assurer un prêt avec une polyarthrite. L'assureur examine l'ancienneté de la maladie, sa stabilité et votre traitement, puis propose une acceptation, une surprime ou une exclusion selon votre dossier. Comparer plusieurs contrats augmente vos chances d'une offre favorable.

Le rhumatisme est-il couvert par la garantie ITT ?

Tout dépend de la proposition que vous recevez. La garantie incapacité de travail peut être accordée, majorée, ou assortie d'une exclusion des arrêts liés à votre rhumatisme. Lisez attentivement les conditions particulières de votre contrat pour connaître l'étendue exacte de la couverture.

Faut-il déclarer une goutte dans le questionnaire de santé ?

Hors dispense de la loi Lemoine, vous devez répondre avec exactitude aux questions posées dans le questionnaire de santé. Si l'une d'elles porte sur vos antécédents articulaires ou sur la goutte, vous la mentionnez. Une crise isolée et ancienne pèse en général peu, tandis qu'une forme chronique entraîne souvent des questions complémentaires.

Sources de l'article

Pour en savoir plus sur l'assurance emprunteur et les rhumatismes :

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1 commentaire
B
Bobby
Le 10 septembre 2025

Est-ce que l’arthrose au genou est considérée de la meme facon que la polyarthrite par les assureurs ?

Reassurez-moi
Expert Réassurez-moi
Le 10 novembre 2025

Bonjour,

Les assureurs considèrent généralement l’arthrose et la polyarthrite rhumatoïde comme des pathologies distinctes, chacune ayant des implications spécifiques sur l’assurance emprunteur.

– Arthrose : Cette affection dégénérative des articulations est souvent perçue comme un risque aggravé par les assureurs, ce qui peut entraîner des surprimes ou des exclusions de garanties, notamment en fonction de la gravité et de l’évolution de la maladie.

– Polyarthrite rhumatoïde : Étant une maladie auto-immune inflammatoire, elle est généralement considérée comme un risque plus élevé. Les assureurs peuvent appliquer des surprimes plus importantes, voire exclure certaines garanties liées à l’incapacité ou à l’invalidité.

Il est essentiel de déclarer avec précision votre état de santé lors de la souscription à une assurance emprunteur. Chaque assureur évalue les risques selon ses propres critères, et les décisions peuvent varier en fonction de la sévérité de la maladie, des traitements en cours et de l’évolution de votre état de santé.

N’hésitez pas à nous contacter au 01 82 83 36 33 si vous avez besoin d’une assistance personnalisée. Nous sommes là pour vous aider à trouver la meilleure assurance emprunteur adaptée à votre situation.

Bonne journée à vous.