Quelle différence entre assurance décès et assurance vie ?

Mis à jour le 5 mars 2021 par Antoine Fruchard 

Dans le domaine des assurances destinées à couvrir le futur du souscripteur, il existe plusieurs produits permettant une prise en charge financière. C’est notamment le cas de l’assurance décès, souvent confondue avec l’assurance vie. Si les deux se rejoignent sur la notion de sécurité matérielle grâce à un apport financier, elles couvrent des événements différents. Quelle est la zone de couverture de chacune d’elle ? Comment choisir la meilleure assurance pour son futur ? Réponses et conseils.

Quels sont les champs d’application de l’assurance décès ?

L’assurance décès fait partie du domaine de la prévoyance, puisqu’elle permet au souscripteur de prendre des dispositions financières pour couvrir ses proches. Il s’agit ici de se constituer un capital personnel, qui sera versé au(x) bénéficiaire(s) identifié(s) en cas de décès prématuré.

Le terme de prévoyance est ici utilisé, dans la mesure où le souscripteur n’est pas le bénéficiaire de l’assurance qu’il a pourtant choisie et payée. Ce sont bien ses proches (ou tout autre bénéficiaire nommément identifié) qui pourront prétendre au versement du capital décès.

Le souscripteur d’un contrat d’assurance décès anticipe donc son éventuel décès prématuré en constituant un capital dont pourront se servir les bénéficiaires. Le capital décès est constitué par la personne ayant choisi d’ouvrir une assurance décès, pendant une période donnée (généralement plusieurs années, voire décennies).

Une assurance décès ne couvre pas systématiquement tous les risques pouvant mener à cette situation. Ainsi, les suicides sont rarement pris en charge par les assureurs et les accidents et les maladies sont les cas les plus classiques de couverture. Une assurance décès-invalidité peut être choisie, permettant par la même occasion la récupération du capital économisé par le souscripteur lui-même si le risque de PTIA (Perte Total et Irréversible d’Autonomie) survient.

Le décès par suicide constitue une exclusion de garantie si le risque survient pendant la première année après la souscription ou le rajout d’un avenant augmentant les garanties et / ou le capital garanti.

En raison du risque plus élevé de décès au fur et à mesure de l’avancement de la vie d’une personne, les assureurs prévoyance définissent généralement un âge limite de souscription pour l’assurance décès, qui tourne aux alentours de 65 ans. Un contrat d’assurance décès peut couvrir des risques différents, pas forcément tous pris en compte, comme un accident ou une maladie.

Une assurance décès suppose le versement de cotisations régulières pour la constitution d’un capital dans la plupart des cas. Par le biais de la libération du capital décès aux bénéficiaires, il est possible de considérer que ces cotisations sont « remboursées » à ces derniers. En revanche, il existe des cas pour lesquels les cotisations ne peuvent être récupérées, ni par le souscripteur, ni pas les bénéficiaires du contrat.

Il s’avère que la souscription à une assurance décès représente un pari (pessimiste) sur l’avenir, en envisageant un décès prématuré, à un âge considéré comme trop jeune. Le risque assuré est donc le décès du souscripteur, qui, s’il ne survient pas, ne sera pas remboursé. L’assurance décès peut effectivement être souscrite de deux manières :

  • Une assurance décès vie entière : le contrat court jusqu’au décès de l’assuré.
  • Une assurance temporaire décès : le contrat a une date butoir de validité, soit correspondant à un anniversaire du souscripteur, soit à un anniversaire de la date de souscription.

À quoi sert l’assurance vie ?

Si l’assurance décès relève du domaine de la prévoyance, l’assurance vie constitue en revanche un placement financier à proprement parler. Elle sert à faire fructifier un capital déposé par le souscripteur, qui sera dans ce cas son vrai bénéficiaire, au contraire de l’assurance décès qui est destinée à une tierce personne (conjoint, enfant, parent ou entreprise notamment).

L’assurance vie est alors souvent confondue avec l’assurance décès en raison des termes employés, bien qu’il s’agisse d’un placement financier, à l’instar de n’importe quel autre produit d’épargne avec des intérêts comme un livret A.

L’assurance vie revêt également un intérêt fiscal important, puisque le principe de rétroactivité fonctionne. Cela signifie que l’imposition des sommes versées se fera par le biais des taux en vigueur au moment de la souscription, même pour un dépôt des années plus tard. Il s’agit également d’un moyen privilégie de transmission du patrimoine, le capital ne faisant pas partie des droits de succession et n’étant de fait pas soumis à une quelconque imposition.

Le fait de placer une somme d’épargne sur un compte dédié dans le cadre de l’assurance vie permet d’anticiper le futur et notamment la retraite avec l’arrêt de l’activité. À partir de ce stade, l’absence de revenus principaux (les salaires) peut s’avérer très préjudiciable et modifier considérablement la vie d’une personne. L’assurance vie compense cette situation en permettant de jouir d’un capital constitué pendant de nombreuses années auparavant et spécifiquement destiné à cet usage.

Le souscripteur d’une assurance vie économise donc pendant une durée certaine (souvent plusieurs décennies) une somme par le biais de cotisations versées régulièrement à un assureur. Malgré les idées reçues largement répandues, le capital déposé pour une assurance vie n’est bloqué à aucun moment et les retraits et versements sont alors possibles à n’importe quel instant, même pendant les 8 premières années suivant la souscription.

L’assureur peut donc « disposer » de la somme épargnée comme bon lui semble en attendant son retrait par le souscripteur. Il s’agit d’un principe similaire à un compte bancaire, puisque les banques font le pari que tous les particuliers ne retireront pas leur argent en même temps (les fonds réels seraient insuffisants). En échange, l’épargne d’assurance vie est augmentée d’intérêts annuels, lesquels permettent de capitaliser sur la somme de départ.

Le souscripteur est libre de racheter tout ou partie du capital déposé à tout instant, en payant le montant équivalent, éventuellement assorti de frais de sortie. Le rachat d’assurance vie permet de récupérer le capital en prenant en compte sa revalorisation, les sommes pouvant être utilisées pour un aléa financier nécessaire (achat immobilier, perte de revenus ou autre événement préjudiciable), bien que son intérêt réside avant tout dans la possibilité de disposer d’une somme précise à la retraite.

Faut-il préférer une assurance vie ou une assurance décès ?

Dans la mesure où une assurance décès ne représente pas le même produit qu’une assurance vie, il n’est pas possible d’affirmer objectivement que l’une des deux couvertures est préférable à l’autre. L’assurance vie permet la constitution d’un capital pour soi-même, bien qu’une clause bénéficiaire puisse permettre sa transmission à ses proches. Elle apparaît donc utile si vous souhaitez mettre de l’argent de côté pour votre compte.

En parallèle, si votre souci premier repose sur la sécurité financière des vos proches en cas de décès prématuré, l’assurance décès est à privilégier. Dans ce cadre, le tableau suivant peut vous aider à faire votre choix si vous hésitez encore entre les deux :

Bénéficiaire d’origineAvantagesInconvénients
Assurance décèsPersonne tierce, identifiée par le souscripteurCapital transmissible, avec fiscalité très réduite.Pas de récupération par le souscripteur (sauf assurance décès-invalidité)
Assurance vieLe souscripteurTransmissible à un proche en cas de décès (clause bénéficiaire)Soumise aux prélèvements sociaux

Maintenant que vous connaissez les différences de ces deux assurances, vous pouvez choisir librement quel(s) contrat(s) correspond le mieux à vos attentes. Pour vous faciliter la prospection des meilleures offres du marché, n’hésitez pas à utiliser nos comparateurs. Ils sondent le marché en direct afin de vous proposer les meilleures offres selon vos besoins et votre profil !

Quels sont les risques pour le souscripteur d’une assurance décès ou une assurance vie ?

De manière générale, le premier risque auquel s’expose le souscripteur à une assurance décès est représenté par la perte des cotisations en cas de non-réalisation du risque couvert. Cette disposition ne concerne que les assurances décès souscrites de manière temporaire (avec une date butoir). Les cotisations dites « à fonds perdus » ne peuvent alors pas être récupérées par le souscripteur ou ses bénéficiaires identifiés.

Dans un autre registre, une fausse déclaration dans le contrat est à bannir, puisque tout contrat peut être annulé dans ce cas. La tentation de souscrire à un contrat d’assurance décès sans faire part à l’assureur d’un risque de maladie incurable par exemple peut pousser ce dernier à résilier l’accord, sans versement d’une quelconque indemnité ou même de remboursement des sommes déjà payées.

Le questionnaire de santé demandé sert avant tout à estimer le risque de décès à couvrir et l’omission d’une pathologie ou d’un appareil d’aide à la respiration ou au rythme cardiaque poussera systématiquement la compagnie d’assurance à annuler le contrat, le risque étant connu du souscripteur.

La constitution d’une assurance vie permet de disposer d’une somme à n’importe quel moment pendant l’exercice du contrat. En cas de difficulté financière, cette épargne peut être utilisée à différentes fins, bien que son intérêt premier réside dans l’aide financière à la retraite. La « perte » de cette aide pour l’affecter à une autre situation constitue alors un risque certain.

Un achat immobilier peut justifier le besoin de l’argent déposé, soit pour augmenter l’apport du prêt demandé, soit pour financer directement le besoin. Toute charge financière supplémentaire comme un accident grave nécessitant des soins onéreux peut justifier l’utilisation de l’épargne d’assurance vie avant sa date de retrait originelle.

Par ailleurs, il existe un risque lié aux sommes déposées si le choix s’est porté sur les unités de compte. Ces dernières peuvent être des obligations ou des actions dont la valeur n’est pas garantie et peut fluctuer (à la hausse comme à la baisse donc) pendant l’exercice du contrat. Les actifs financiers constituent de fait un pari pour lequel il est préférable d’avoir des connaissances en bourse ou en fluctuations financières.

Pour compenser ce risque, il peut être plus judicieux de préférer un placement en euros, dont la ventilation (la part destinée à l’argent réel et celle aux actifs financiers) doit être étudiée précisément. Bien que les intérêts soient potentiellement plus faibles, il n’existe aucun danger de perte des fonds déposés pour la souscription de l’assurance vie. Il revient alors à l’adhérent d’estimer lui-même le niveau de risque qu’il est prêt à assumer.

Nos conseils avant de souscrire à une assurance décès et/ou assurance vie

Bien que de nombreux détails vous aient été communiqués par le biais de cette page, il nous reste quelques conseils annexes à vous donner pour optimiser votre assurance décès et votre assurance vie.

  1. Il est important de souscrire le plus jeune possible à une assurance décès ou une assurance vie, afin de réduire le montant des cotisations à régler, donc leur impact sur votre budget. Plus vous adhérez tôt à un contrat, plus vous pourrez échelonner les paiements sur plusieurs années et décennies.
  2. Malgré une situation de deuil en cas de décès du souscripteur à une assurance vie ou une assurance décès, il convient de ne pas faire traîner les procédures et de vous faire connaître de l’assureur du défunt si vous êtes identifié en tant que bénéficiaire d’une assurance vie ou décès. Si aucun bénéficiaire ne s’est fait connaître dans les 10 suivants le décès du souscripteur, le capital est transféré à la Caisse des Dépôts et Consignations, pendant une période de 20 ans, passée laquelle l’Etat récupère définitivement l’argent par le biais du Fonds de réserve pour les retraites.
  3. Si vous ignorez si l’un de vos proches vous a identifié comme bénéficiaire d’une assurance vie (s’il a simplement indiqué « héritiers » par exemple), vous pouvez contacter l’Association pour la Gestion de l’Information sur le Risque en Assurance (AGIRA) pour savoir si un contrat vous concerne. Passés 10 ans, vous devrez consulter le site de la Caisse des Dépôts pour prendre connaissance de cette information.
  4. Vous devez prendre date pour une assurance vie, ce qui signifie que vous pouvez souscrire à ce produit dès maintenant, en versant un capital même très faible. Cette disposition vous permettra de bénéficier d’une fiscalité avantageuse dans quelques années dans l’optique d’un rachat. Les taux en vigueur sont de 35 % d’imposition pour un rachat avant 4 ans, 15 % entre 4 et 8 ans et 7,5 % pour plus de 8 ans.
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