En matière de protection, certaines assurances sont légalement obligatoires, comme l’assurance auto ou, dans certains cas, l’assurance habitation. D’autres restent facultatives mais fortement recommandées, à l’image de l’assurance décès.
L’assurance décès n’est pas imposée par la loi, mais elle constitue une solution de prévoyance essentielle pour protéger financièrement ses proches en cas de disparition prématurée.
Comment fonctionne l’assurance décès ?
L’assurance décès est un contrat de prévoyance individuelle souscrit à titre personnel. Le risque couvert est le décès du souscripteur, mais le capital n’est jamais versé à l’assuré lui-même, uniquement aux bénéficiaires qu’il a désignés.
En contrepartie du paiement de cotisations, l’assureur s’engage à verser :
- soit un capital décès en une seule fois,
- soit une rente (conjoint, éducation…),
- ou une combinaison des deux,
aux bénéficiaires désignés :
- directement dans le contrat,
- par testament,
- ou par courrier recommandé.
Les deux grandes formes d’assurance décès
- L’assurance temporaire décès : dans ce cas, le contrat dispose d’une date de fin (par exemple le 75ème anniversaire du souscripteur). Si le risque assuré (son décès), ne se réalise pas avant cette date, les primes versées ne sont pas rendues et l’on parle alors de cotisations à fonds perdus.
- L’assurance décès vie entière : ici, le contrat ne présente aucune date de fin et les bénéficiaires du souscripteur recevront le capital quel que soit l’âge du décès. Il n’y a donc pas de notion de cotisations à fonds perdus.
Versement du capital décès
Le capital décès est généralement versé rapidement après le décès :
- une partie peut être débloquée immédiatement pour faire face aux frais d’obsèques,
- le solde est versé après réception des justificatifs, souvent sous un délai d’un mois.
Les assureurs ont par ailleurs l’obligation légale de rechercher les bénéficiaires.
À défaut, une demande peut être faite via :
- l’AGIRA,
- puis la Caisse des Dépôts après 10 ans sans bénéficiaire identifié.
Les assureurs ont désormais l’obligation légale de rechercher les bénéficiaires d’une assurance vie au décès du souscripteur. Vous pouvez également faire votre demande auprès de l’AGIRA ou auprès de la Caisse des Dépôts après 10 ans sans bénéficiaire identifié.
L’assurance décès est-elle obligatoire pour un crédit immobilier ?
Bien que la garantie décès d'une assurance de prêt immobilier ne soit pas obligatoire, la plupart des établissements prêteurs n’accordent aucun crédit sans son existence.
Il s’avère que les banques sont ici les bénéficiaires directs de l’assurance décès pour un crédit, en étant identifiées dans le contrat. L’emprunteur souscrit à cette assurance en cotisant régulièrement et l’assureur continue et termine le remboursement du prêt immobilier en cas de décès prématuré.
Un crédit immobilier engage effectivement une personne sur plusieurs décennies et le risque de décès augmente statistiquement avec l’âge. En conséquence, les banques disposent par le biais de l’assurance décès d’une garantie de remboursement performante.
D’autres alternatives existent pour compenser l’absence d’assurance décès, afin de donner des garanties suffisantes à la banque en cas de problème financier :
- L’hypothèque : l’emprunteur met en jeu le logement concerné par le crédit en permettant à la banque de le saisir en cas de défaut de remboursement. L’établissement peut alors récupérer le préjudice financier en le vendant par exemple ;
- Le privilège de prêteur de deniers : il s’agit d’un droit de priorité sur le logement en cas de saisie de celui-ci par la justice. La banque peut donc être remboursée en premier, avant les autres créanciers ;
- Le cautionnement : également appelé « caution », ce principe permet à l’emprunteur de mandater un organisme pour qu’il se porte garant du remboursement de son prêt immobilier. En cas de défaillance financière, la banque peut alors se tourner vers cet organisme pour exiger le remboursement, lequel peut par la suite se retourner contre l’emprunteur ;
- Le nantissement : dans ce cas, l’emprunteur garantit le transfert de propriétés incorporelles à la banque en cas de défaut de paiement (titre, part de société, contrat d’assurance-vie ou fonds de commerce par exemple). Le nantissement doit être distingué du gage, qui met en jeu des biens mobiliers, comme une voiture par exemple.
Qu’est-ce que le capital décès de la Sécurité sociale ?
L’Assurance maladie, branche de la Sécurité sociale, permet le versement d’un capital décès si l’assuré remplissait l’une des conditions suivantes :
- Il exerçait une activité salariée pendant les trois mois précédant son décès.
- Il percevait une allocation de Pôle Emploi sur la même période ou en a perçu une dans les douze derniers mois.
- Il recevait une pension d’invalidité.
- Il touchait une rente au titre d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle (AT / MP) pour au moins 2/3 d’incapacité.
Depuis la réforme sur la loi de financement de la Sécurité sociale, le capital décès est fixé par décret de manière annuelle et revalorisé chaque année.
Montant du capital décès :
Au 1er janvier 2026, il était égal à 3 977 €.
Ce montant est revalorisé chaque année par décret.
De la même manière que l’assurance décès individuelle, le capital économisé est reversé aux bénéficiaires, lesquels sont classés selon un ordre de priorité bien précis. Les bénéficiaires prioritaires étaient à la charge effective, totale et permanente de l’assuré au moment de son décès, quand les bénéficiaires non-prioritaires peuvent être n’importe quelle autre personne (un proche ou membre de la famille).
Les tableaux suivants classent les bénéficiaires par ordre de priorité :
| Bénéficiaire prioritaire | Particularités | |
|---|---|---|
| Rang 1 | Conjoint | Et PACS |
| Rang 2 | Enfants mineurs | À la charge de l'assuré |
| Rang 2 | Enfants - 20 ans | Poursuivant leurs études |
| Rang 2 | Enfants infirmes | Impossibilité d'emploi salarié |
| Rang 3 | Ascendants | Parents / grand-parents |
| Bénéficiaire non-prioritaire | Particularités | |
|---|---|---|
| Rang 1 | Conjoint et PACS survivant | Non-séparé de droit ou de fait |
| Rang 2 | Descendants | Enfants |
| Rang 3 | Ascendants | Parents et grand-parents |
Les bénéficiaires prioritaires disposent d’un mois après le décès de l’assuré pour faire valoir leurs droits sur le capital décès de la Sécurité sociale. Au-delà de cette période, ils sont assimilés aux bénéficiaires non-prioritaires, qui disposent de deux ans pour réclamer la somme en question.
À qui s'adresse l'assurance décès individuelle ?
L’assurance décès est particulièrement adaptée :
- aux personnes ayant des revenus élevés,
- aux foyers dépendant d’un revenu principal,
- aux parents avec enfants à charge,
- aux indépendants et entrepreneurs,
- à toute personne souhaitant protéger financièrement ses proches.
Elle permet de :
- compenser une perte de revenus,
- préserver le niveau de vie du foyer,
- éviter des difficultés financières pendant une période déjà éprouvante.
Privilégier une assurance décès-invalidité vie entière, plus coûteuse mais beaucoup plus protectrice, surtout si vous souhaitez garantir un capital à vos proches sans limite de durée.
Assurance décès et salariés : rôle de l’employeur
Les entreprises employant des travailleurs doivent, dans le cadre de la demande du capital décès par les bénéficiaires du défunt, transmettre les bulletins de salaires correspondants (notamment les trois derniers mois prouvant l’existence effective d’une activité salariée) pour l’assurance décès transmise par la Sécurité sociale.
En ce qui concerne les procédures strictes de transmission d’un capital décès par l’assureur, il s’agit de l’unique obligation des employeurs vis-à-vis des bénéficiaires. Ceux-ci peuvent effectivement avoir perdu la trace des derniers bulletins de salaires et les demander à une entreprise, qui ne peut les refuser si les justificatifs de parenté sont réels.
Les cadres bénéficient d’une couverture améliorée pour l’assurance décès, puisque les employeurs ont l’obligation légale de mettre en place un plan de prévoyance qui leur est destiné.
Les salaires des cadres sont divisés en trois tranches A, B et C.
La tranche A concerne les revenus les moins importants (jusqu’à 3 977 € ou le plafond mensuel de la Sécurité sociale en 2026).
Le tableau suivant récapitule les modalités de cotisations selon les tranches de salaires bruts :
| Limite de salaire | |
|---|---|
| Tranche A | Plafond mensuel de la Sécurité sociale = 3 977 € |
| Tranche B | Entre 1 et 4 fois le plafond mensuel de la Sécurité sociale |
| Tranche C | Plus de 4 fois le plafond mensuel de la Sécurité sociale |
Les prestations versées aux bénéficiaires du défunt peuvent prendre plusieurs formes :
- Le capital décès : l’indemnité principale, calculée à partir du salaire brut annuel et des cotisations induites. Il peut être majoré en cas de décès par accident ou selon le nombre d’enfants à charge.
- Le double effet : il s’applique lorsque le conjoint du salarié décède simultanément ou postérieurement à celui-ci. Il suppose le versement d’un second capital décès ou d’une rente éducation, accessible sous certaines conditions pour les enfants.
- La rente éducation : elle est versée par l’organisme de prévoyance aux enfants jusqu’à leur majorité ou la fin de leurs études, pour leur permettre de financer la continuité de leur éducation.
- La rente conjoint : elle concerne le conjoint survivant de la personne décédée et prend la forme d’une somme libérée progressivement pour financer des postes de dépenses de la vie courante. Elle peut intervenir en tant que complément ou en remplacement du capital décès.

Bonjour,
Peut-on ne prendre aucune assurance supplémentaire pour un crédit immobilier et juste mettre l’organisme prêteur en bénéficiaire numéro 1 sur l’assurance décès/invalidité souscrite par mon employeur et dont les cotisations apparaissent sur ma fiche de paye ?
Merci de votre réponse.
Cordialement.
Bonjour,
Je vous invite à appeler nos experts assurance emprunteur directement au 01 82 83 36 33 (appel gratuit & sans engagement), ils répondront à toutes vos questions,
Cordialement
Bonjour,
Je suis orthophoniste en libéral et ai souscrit une prévoyance en cas de maladie ou d’incapacité. Il s’avére que j’ai aussi une assurance décès qui n’entre pas dans la loi Madelin dont les cotisations ne sont donc pas déductibles. Est-ce que je peux demander à ce que cette assurance soit exclue de mon contrat (mes enfants sont grands, autonomes et protégés par ailleurs)
Merci de votre réponse
Cordialement
Bonjour,
Si j’ai bien compris votre assurance décès et votre contrat prévoyance sont deux contrats distincts. Si tel est le cas alors vous pouvez résilier votre contrat d’assurance décès sans problème.
Cordialement.