Passée dans le quotidien pour certains, innovation totalement méconnue pour d’autres, l’e-santé s’invite de plus en plus dans les foyers. Pour répondre au vieillissement de la population, ou encore à l’accroissement des dépenses de santé, l’e-santé se développe à vitesse grand V. Aussi bien utilisée par les patients que par les professionnels de santé, les applications e-santé entrent de plus en plus dans notre quotidien. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Réassurez-moi vous éclaire sur ce sujet.
E-santé, de quoi s'agit-il ?
On parle de e-santé, santé numérique, santé connectée, santé 3.0, m-santé (pour mobilité santé)… Autant de termes qui définissent la santé de demain.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la santé numérique (digital health) recouvre un ensemble d’outils et de services utilisant les technologies numériques au service de la santé, incluant notamment la santé électronique, la santé mobile et certaines formes de télésanté.
La Commission européenne décrit la santé et les soins numériques comme l’usage des technologies numériques et des données pour soutenir les activités liées à la santé et aux soins.
Quels domaines regroupent la e-santé ?
La e-santé regroupe les domaines suivants :
- système d’informations partagées de santé (comme le dossier médical par exemple) ;
- la télémédecine : actes médicaux réalisés à distance (téléconsultation, téléexpertise, télésurveillance médicale, téléassistance médicale et réponse médicale dans la régulation) ;
- les Technologies de l’Information et de la Communication dans la santé (ou TIC Santé) ;
- la télésanté : correspond à des prises en charge à distance et regroupe la télémédecine (actes médicaux) et le télésoin (soins à distance réalisés par des pharmaciens ou auxiliaires médicaux) ;
- la chirurgie à réalité augmentée ;
- les objets connectés pour la santé (applications et services numériques pour les patients).
Il s’agit d’un ensemble de services numériques ayant pour vocation principale d’améliorer la gestion de la santé tant du côté du patient que du professionnel de santé.
Du côté du professionnel de santé, elle facilite le traitement du dossier du patient (avec le dossier médical numérique par exemple) ou des logiciels de gestion plus performant.
Une réponse à des problématiques de santé publique
Il y a quelques années, la e-santé était présentée comme une réponse à plusieurs problématiques du système de santé français :
- répondre aux problématiques liées au vieillissement de la population ;
- à la nécessité pour le système français de faire des économies ;
- apporter une réponse à la désertification médicale ;
- enrayer les difficultés d’accès aux soins ;
- proposer des démarches de prévention ;
- améliorer le suivi des pathologies chronique ;
- optimiser les coûts.
L'e-santé, un service en plein essor
Aujourd’hui, les français ont des attentes bien spécifiques en matière d’usage de l'e-santé. On utilise fréquemment internet pour rechercher des informations sur un médicament dont on a perdu la notice, on recherche des informations sur des maladies, on navigue sur des forums dédiés à la santé, on peut échanger sur les réseaux sociaux et, on utilise des applications mobiles de santé. Tout cela est passé dans notre quotidien et représente une partie de la e-santé.
Un des services les plus utilisé par les français est la prise de rendez-vous en ligne.
E-santé et remboursements de la Sécurité Sociale
Pour qu’un appareil connecté soit pris en charge par l’Assurance Maladie, il faut qu’il soit prescrit par un médecin et qu’il soit inscrit sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR). Certains dispositifs médicaux, dont certains modèles peuvent intégrer des fonctions numériques, peuvent être remboursés s’ils sont inscrits à la LPP (par exemple certains dispositifs liés au diabète, à la coagulation ou à la ventilation), selon leurs conditions de prise en charge : lecteurs de glycémie, stylos injecteurs, appareils de mesure de la coagulation, appareillages de ventilation à pression positive continue (PPC) et débitmètres de pointe.
Des travaux institutionnels de l'ordre des médecins (CNOM) soulignent la nécessité d’évaluer les outils numériques en santé et d’encadrer leurs modalités de prise en charge, lorsque cela est pertinent « dès lors que l’évaluation des applications et objets connectés aurait effectivement reconnu les bénéfices sur la santé individuelle et collective, il serait cohérent d’envisager qu’ils soient pris en charge par la collectivité ».
E-santé : quel remboursement par la mutuelle santé ?
Les mutuelles santé ont pris très au sérieux le virage numérique annoncé par le gouvernement et ont depuis plusieurs années déjà mis en place des services e-santé au sein de leurs contrats. L’objectif étant pour eux d’apporter de nouveaux services, toujours plus innovants, à leurs assurés et ainsi se distinguer des concurrents.
Le remboursement des mutuelles est déjà actif : elles prévoient dans leurs offres des forfaits alloués à des services numériques (coaching bien être sur internet, téléconsultation par exemple).
L'E-santé en Europe
Si la France réalise son « virage numérique », les pays européens ont quant à eux pris le parti de la e-santé il y a déjà de nombreuses années. La France est donc bien en retard sur les autres pays européens et souhaite bien proposer de nouveaux services numériques de santé très rapidement.
E-santé en Allemagne
Un programme de suivi personnalisé pour les patients insuffisants cardiaques a été initié en 2006 à la demande de deux caisses régionales d’assurances maladies allemandes, l’AOK Bayern et l’AOK Berlin, dans le but de réduire les coûts liés à la ré-hospitalisation des patients insuffisants cardiaques. En 2015, 16 000 patients étaient suivis par ce programme. Ce programme est financé par la caisse d’assurance maladie.
E-santé en Angleterre
La prévention a été confiée à un assureur privé. L’entreprise Roadtohealth a développé un logiciel permettant de mesurer l’état de santé d’une personne à partir d’une série de données (pression sanguine, indice de masse corporelle, taux de glycémie, taux de cholestérol et concentration de cotinine dans le sang).
À partir de ce logiciel, Roadtohealth a développé une offre de santé complète : mise en place de partenariats avec des réseaux de pharmacies, mise à disposition du logiciel dans les pharmacies partenaires, plateforme de prise de rendez-vous et de suivi des résultats.
E-santé en Italie
Le patient finance son service d’accompagnement. Amicomed est un service numérique personnalisé d’autogestion de la tension artérielle par les patients. Le logiciel est gratuit mais si le patient souhaite bénéficier d’un coaching personnalisé, celui-ci est facturé environ 50€ pour 3 mois (modèle fremium).

