Contre-expertise auto : comment ça marche ? 

Mis à jour le 28 juillet 2020 par Antoine Fruchard 

À la suite d’un sinistre automobile, l’assureur peut diligenter un expert. Il sera mandaté pour déterminer les circonstances de l’incident et évaluer l’indemnisation à laquelle pourra prétendre l’assuré (selon les garanties du contrat). Si ce dernier n’est pas satisfait des conclusions annoncées ou du montant proposé, il pourra demander une contre-expertise. Reste à savoir quel est l’intérêt de cette démarche et comment faire pour trouver le meilleur expert au meilleur prix. Voyons tout cela ensemble. 

contester expertise sinistre auto

Peut-on contester une expertise auto ? 

En cas de sinistre auto, l’assureur peut décider de mandater un expert qui aura pour mission, entre autres, d’évaluer le montant des dommages et préjudices subis par l’assuré. Le professionnel indépendant choisi par la compagnie d’assurance remettra alors un rapport d’expertise automobile. 

L’assureur est libre de mandater ou non un expert automobile. Il le fera par exemple :

  • Lorsque les conditions d’un sinistre restent floues, 
  • Lorsque les responsabilités de chaque conducteur impliqué dans une collision doivent être déterminées, 
  • Lorsque les sommes en jeu sont importantes. 

À l’inverse, un expert sera rarement mandaté pour un « petit » sinistre ou si le montant de l’indemnisation excède à peine la franchise liée à la garantie concernée.

La compagnie d’assurance se basera sur le rapport d’expertise pour proposer une indemnisation (il n’y a toutefois aucun délai légal en expertise auto). Le professionnel mandaté aura donc pour mission de déterminer, par exemple, si le véhicule est réparable ou s’il doit être remplacé, d’estimer sa valeur (la fameuse « valeur de remplacement à dire d’expert »)… 

Reste à savoir : que faire si je ne suis pas d’accord avec l’expert automobile ? Peut-on contester l’estimation ou le compte-rendu d’un expert automobile ? Est-il possible de contester la valeur d’une expertise auto ? 

L’assuré qui se sent lésé peut tout-à-fait contester le rapport d’expertise, et ce sur de nombreux points. Il devra alors en informer l’assureur et mandater à son tour son propre expert indépendant. 

Précisons que dans le cas d’une procédure judiciaire, c’est le tribunal qui mandatera un expert automobile. 

Comment demander une contre-expertise automobile ? 

Avant de confier à un autre expert indépendant le soin de réaliser une contre-expertise auto (suite à un accident ou à un autre sinistre), sachez que vous pouvez commencer par contester celle déjà réalisée, et ainsi négocier avec votre assureur. Pour cela, apportez toutes les pièces que vous jugez utiles au dossier : photos, carnet d’entretien à jour, factures de réparations récentes, cote argus actuelle… 

L’assuré peut accéder au rapport d’expertise du professionnel mandaté par l’assureur, afin de prendre connaissance de ses observations exactes.

Si les négociations n’aboutissent pas, vous pourrez choisir un expert automobile de votre côté et lui demander une contre-expertise (à vos frais). Vous devez toutefois en avertir l’assureur, car « votre » expert devra en principe intervenir en présence de celui de la compagnie. Envoyez à cette dernière un courrier de demande de contre-expertise qui rend effective votre contestation du 1er rapport. Vous trouverez un modèle dans cette page. 

Le droit de faire procéder à une contre expertise ne peut pas vous être refusé par votre assurance auto. 

L’expert que vous aurez choisi aura en principe pour mission de « maximiser » l’indemnisation à laquelle vous aurez droit. Il se chargera en outre de l’intégralité des démarches. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ce nouveau professionnel agira dans votre intérêt, là où celui de l’assureur aura plutôt tendance à minorer l’estimation dans l’intérêt de la compagnie qui le mandate.  

Si les deux experts ne tombent pas d’accord (par exemple sur un montant d’indemnisation), ils nommeront ensemble un 3ème confrère pour trancher. S’ils ne tombent pas non plus d’accord sur un nom, c’est le Tribunal de Grande Instance qui choisira. Une solution sera donc en principe trouvée à la fin de cette procédure. 

Si vous êtes insatisfait du traitement de votre sinistre ou des relations avec votre assureur, n’hésitez pas à en changer. La loi Hamon est venue largement simplifier cela, puisqu’elle permet désormais aux assurés de changer de contrat auto à tout moment après 1 an d’assurance, le tout sans frais ni pénalités. 

Réassurez-moi vous propose son propre comparateur de d’assurances auto. Sur la base de votre profil, du véhicule à assurer et du niveau de couverture que vous attendez, vous accédez, à partir d’un formulaire unique et très rapide à remplir, à une sélection personnalisée des meilleures offres du marché. 

Combien coûte une contre-expertise automobile ?

Comment accéder aux meilleurs tarifs ? 

Les tarifs sont très variables d’un professionnel à l’autre. Une contre-expertise indépendante démarre en général à 150 €. Certaines « grandes enseignes » comme BCA Expertise peuvent toutefois proposer des tarifs avantageux. Dans tous les cas, sollicitez un maximum de devis à comparer. 

De nombreux critères influent sur le tarif qui vous sera proposé : 

  • La réputation du professionnel auto, 
  • Son expérience, 
  • Les services proposés, 
  • La rapidité de traitement de la demande, 
  • La complexité de votre dossier, 
  • Le temps de travail qu’il nécessite.

L’Alliance Nationale des Experts en Automobile rappelle que les honoraires sont libres. Ils différent également largement selon les régions. Si vous habitez dans un département où le coût moyen de l’expertise auto est élevé, augmentez vos chances de trouver un expert « pas cher » en en mettant un maximum en concurrence. 

N’oubliez pas que le rôle de l’expert que vous mandaterez sera de maximiser votre indemnisation. Ainsi, opter pour un professionnel réputé mais plus cher peut s’avérer être, au final, un bon calcul. 

Contre-expertise automobile : qui paye ? 

C’est l’assureur qui paye la première expertise éventuelle, puisque c’est lui qui la mandate. 

Vous vous en doutez, cela sera à vous de financer la contre-expertise automobile si vous êtes insatisfait, par exemple, de l’indemnisation qui vous est proposée par votre compagnie. L’assureur n’interviendra pas : vous devrez la payer intégralement.  

Si un troisième expert doit être mandaté parce que les deux premiers n’ont pas trouvé d’accord, ses honoraires seront partagés entre vous et l’assureur. N’oubliez pas que ce sont les 2 premiers experts qui choisiront le troisième (ou le TGI à défaut d’accord sur un nom). 

Qui paye l’expertise auto ?
1ère expertiseAssureur
Contre-expertiseAssuré
Tierce expertise50 % assureur / 50 % assuré

Certains contrats auto peuvent prévoir une garantie « honoraires d’expert ». Attention toutefois aux conditions qui sont souvent très restrictives.

Notre modèle de lettre de contre-expertise automobile 

Réassurez-moi vous propose son propre courrier-type de demande de contre-expertise automobile. Faites parvenir ce document par lettre à votre assureur afin de lui préciser que vous comptez faire appel à un expert indépendant à votre tour.  

Télécharger notre modèle de lettre de contre expertise automobile

Nous ne pouvons que vous conseiller de respecter ce formalisme, qui vous permet d’informer concrètement l’assureur de votre intention réelle de remettre en cause la première expertise.  

En quoi consiste la contre-expertise auto ?

Le rôle de l’expert que vous mandatez pour une contre-expertise est simple : contrebalancer le « verdict » rendu par celui missionné par votre compagnie d’assurance. Il devra donc à son tour, entre autres : 

  • Déterminer les circonstances du sinistre, 
  • Évaluer les dommages et préjudices subis par l’assuré, 
  • Chiffrer l’indemnisation. 

Du fait de ses connaissances automobiles, l’expert sera à même de quantifier avec précision les dommages. Seront pris en compte tous les dégâts matériels subis par le véhicule, ainsi que, selon les garanties du contrat, ses équipements, accessoires… Il suivra aussi les réparations, vérifiera que celles-ci sont faites dans les règles de l’art pour préserver la sécurité de l’automobiliste assuré… 

Si le véhicule est irréparable, l’expert définit sa valeur de remplacement. Cette évaluation peut bien entendu être différente de celle avancée par le professionnel mandaté par l’assureur. C’est dans ce cas là qu’un nouvel expert devra être nommé.

Pour ce qui est des dommages corporels, ils sont évalués par un médecin, qui propose ensuite une indemnisation au vu des préjudices consolidés. Bien entendu, ces derniers ne seront indemnisables que si les garanties du contrat le prévoient. En cas d’accident responsable, le conducteur assuré au tiers n’aura par exemple droit à aucune prise en charge pour ce qui est des dommages corporels. 

Lors de la contre-expertise, l’assuré peut solliciter un « médecin expert de victime » (ou « médecin expert de recours victimes »). Son rôle sera de déterminer et de chiffrer les préjudices corporels.

In fine, la procédure d’expertise / contre-expertise donnera lieu à l’un des cas de figure suivants : 

  • Les 2 experts tombent d’accord sur le premier rapport : l’indemnisation se fera sur cette base, 
  • Les 2 sont d’accord sur un montant réévalué : idem, 
  • Les experts ne parviennent pas à un « compromis d’expertise » : un 3ème expert est mandaté. Au delà, une médiation est possible auprès du Médiateur de l’assurance (si votre compagnie est adhérente à la FFA, la Fédération Française de l’Assurance). La dernière solution est judiciaire, via la saisie du Tribunal d’Instance ou du Tribunal de Grande Instance, selon les sommes en jeu. 

Nous vous conseillons de vous tenir informé durant toute la durée de la procédure d’expertise diligentée par l’assureur. Demandez le rapport, contestez-le si vous êtes insatisfait de l’indemnisation et faites appel au besoin à votre propre expert. N’oubliez pas d’en informer votre compagnie d’assurance. 

Comment choisir votre contre-expert automobile ? 

À l’instar de l’assureur, vous êtes libre de choisir l’expert automobile que vous souhaitez, parmi les professionnels indépendants agréées et diplômés par le Ministère de l’Intérieur. 

N’oubliez pas que l’expert auto mandaté par l’assureur peut être amené à minorer un niveau d’indemnisation dans l’intérêt de la compagnie qui le missionne. Le fait de faire appel à votre propre expert « rééquilibre » les forces en présence.

Afin de choisir un professionnel, respectez les bonnes pratiques suivantes : 

  • Prenez en compte la réputation et l’expérience des professionnels que vous sondez, 
  • Priorisez le bouche à oreille : peut-être des proches ont-ils déjà fait appel à un expert de leur côté ? 
  • Mettez en concurrence un maximum de professionnels, que ce soit par téléphone, en ligne, en en rencontrant plusieurs…

N’hésitez pas à entrer en contact avec plusieurs professionnels en leur expliquant votre cas. Comparez leurs tarifs, niveau d’expérience, disponibilité à court terme, engagements… 

Sachez également qu’il existe des compagnies et réseaux de professionnels de l’expertise automobile, pour la grande majorité présents en ligne, tels qu’Experveo ou BCA Expertise. Ces dernières peuvent s’avérer compétitives en termes de prix et sont implantées partout en France. 

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