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Rachat de soulte : calcul, frais et financement

Prêt immobilier – Rachat de soulte
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Livia Tramoni
Experte Contenu Indépendante - Assurances & Immobilier
MAJ le 13.08.2026
Relu par Hubert Couture-Fourcade
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Juridiquement, la soulte désigne la somme dont doit s'acquitter la personne qui reçoit un bien d'une valeur supérieure à celle à laquelle ses droits lui permettent de prétendre. Elle intervient lors d'une indivision, d'un divorce, d'une séparation ou d'une succession, pour compenser le déséquilibre entre les parts au moment du partage. Son rachat implique fréquemment la souscription d'un prêt immobilier pour la financer. Voici comment la calculer, l'anticiper et la financer.

Ce qu'il faut retenir

  • Le rachat de soulte permet à l'un des co-indivisaires de devenir pleinement propriétaire d'un bien en versant une compensation financière à l'autre partie.
  • L'opération nécessite une évaluation précise du bien, un calcul rigoureux de la soulte et le passage obligatoire chez un notaire.
  • La soulte peut être financée par des fonds propres ou un prêt immobilier dédié.
  • Un crédit immobilier encore en cours peut être soldé ou repris au nom de celui qui conserve le bien.
  • Le principal coût fiscal est le droit de partage (2,5 % de la valeur nette du bien).

🔎 Par exemple, si deux personnes détiennent ensemble un logement mais que l'une souhaite en devenir l'unique propriétaire, elle devra verser une soulte à l'autre pour compenser la part qu'elle récupère.

Qu'est-ce qu'un rachat de soulte et dans quels cas y recourir ?

Le rachat de soulte intervient lorsqu'un seul des copropriétaires souhaite conserver le bien. Il rachète alors la part de l'autre en lui versant une compensation financière, calculée selon la valeur actuelle du bien et les parts respectives détenues. Cette opération doit obligatoirement être officialisée chez un notaire, qui rédige l'acte de partage ou l'état liquidatif.

Le rachat de soulte est courant dans plusieurs situations :

  • Divorce, séparation, rupture de Pacs : l'un des ex-partenaires rachète la part de l'autre pour conserver le logement commun.
  • Succession : un héritier souhaite conserver un bien en rachetant la part des cohéritiers.
  • Fin d'indivision : plusieurs personnes (amis, famille) ont acheté ensemble et l'une souhaite devenir seul propriétaire.
  • Donation-partage : une soulte peut équilibrer la valeur des biens transmis à différents enfants.

🔎 Exemple en succession : une maison familiale estimée à 800 000 €, sans prêt en cours, avec 4 héritiers. Si l'un souhaite devenir seul propriétaire, il devra verser 200 000 € à chacun des trois autres. Les rachats de soulte en succession sont souvent plus élevés qu'en divorce, car ils portent sur davantage de parts.

Hubert Couture-Fourcade
Hubert Couture-FourcadeAgent immobilier (ancien notaire)

"Le droit de partage est souvent découvert trop tard par les parties, alors qu’il représente l’un des principaux coûts de l’opération. Il peut parfois empêcher le partage.Dans ce cas, l’immeuble doit être vendu."

Informations vérifiées

Simulateur et calcul du montant de la soulte

Montant du rachat de la soulte
166,666 €
Part de chaque héritier :
83,333 €
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Le montant d'une soulte correspond à la part de valeur du bien que vous devez compenser à l'autre partie.

Montant de la soulte = (valeur nette du bien × part détenue par l'autre personne), la valeur nette étant la valeur du bien diminuée du capital restant dû.

🔎 Exemple : Vous divorcez. Avec votre ex-conjoint, vous avez acheté une maison estimée à 300 000 €, financée par un prêt dont il reste 60 000 € à rembourser. Vous déteniez chacun 50 %.

  • Valeur nette du bien : 300 000 € − 60 000 € = 240 000 €
  • Part de votre ex-conjoint : 240 000 € × 50 % = 120 000 €
  • Soulte à verser : 120 000 €
rachat soulte

💡 À noter : la part du capital restant dû peut être ajustée selon la manière dont vous avez remboursé le prêt jusqu'à présent (si l'un a payé davantage que l'autre).

Cas concret d'un rachat de soulte

Paul et Léa, en concubinage depuis 7 ans, se séparent. Ils avaient acheté un appartement à 250 000 €, financé à 100 % par un prêt commun. Aujourd'hui le bien vaut 280 000 €, il reste 90 000 € à rembourser, et ils sont propriétaires à parts égales. Paul veut garder l'appartement.

  • Valeur nette : 280 000 € − 90 000 € = 190 000 €
  • Part de Léa : 50 % × 190 000 € = 95 000 €
  • Paul doit verser 95 000 € à Léa.

Paul n'ayant pas cette somme, il contracte un nouveau prêt immobilier à son nom pour racheter la part de Léa, solder l'ancien crédit commun et devenir seul propriétaire. Notre simulateur lui donne une estimation de sa capacité d'emprunt.

Rachat de soulte avec un crédit immobilier en cours

C'est une situation très fréquente. Le bien est encore grevé d'un prêt commun au moment du rachat. Trois cas de figure se présentent :

  • Solder le crédit commun. Si vous financez le rachat par un nouveau prêt à votre nom, celui-ci sert à la fois à racheter la part de l'autre et à solder l'ancien crédit commun. Vous partez ainsi sur un prêt unique, à votre seul nom.
  • Attention aux indemnités de remboursement anticipé (IRA). Solder l'ancien prêt peut déclencher des IRA, plafonnées légalement à 6 mois d'intérêts sur le capital remboursé ou 3 % du capital restant dû (le plus faible des deux). Ces indemnités peuvent parfois être négociées ou levées selon votre contrat.
  • La désolidarisation. Si vous ne soldez pas le prêt mais le reprenez, il faut demander à la banque de désolidariser l'ex-co-emprunteur, c'est-à-dire le libérer de son engagement. La banque vérifie alors que vous pouvez assumer seul le crédit.

💡 À savoir : reprendre seul un prêt commun suppose une capacité d'emprunt suffisante. Si ce n'est pas le cas, un co-emprunteur (nouveau conjoint, proche) ou un regroupement de crédits peut débloquer la situation.

Quels sont les frais d'un rachat de soulte ?

Le rachat de soulte ne se limite pas au versement de la part due. Il s'accompagne de frais annexes, souvent sous-estimés.

  • Les frais de notaire : L'opération doit être formalisée par un notaire, qui établit soit un acte de partage (succession, divorce, dissolution de Pacs, indivision organisée), soit un acte de licitation, juridiquement assimilé à une vente (souvent en concubinage). Ils comprennent les émoluments du notaire (barème réglementé), la fiscalité applicable et les frais de formalités (800 à 1 500 €).
  • Le droit de partage : C'est le principal coût fiscal, dû quand on met fin à une indivision à l'amiable. Son taux est de 2,5 %, appliqué à la valeur nette du bien.

🔎 Exemple : un bien estimé à 300 000 €, avec 100 000 € de crédit restant. Valeur nette : 200 000 €. Droit de partage : 200 000 € × 2,5 % = 5 000 €.

En cas de licitation (assimilée à une vente), ce sont des droits de mutation (DMTO) d'environ 5,8 à 6 % qui s'appliquent, bien plus élevés que le droit de partage.

Hubert Couture-Fourcade
Hubert Couture-FourcadeAgent immobilier (ancien notaire)

"En pratique, j’ai souvent constaté qu’un PACS faisait économiser plusieurs milliers d’euros de différence lors d’un rachat de soulte : il permet d’éviter une licitation coûteuse et de rester dans le cadre beaucoup plus favorable du partage."

Informations vérifiées

Au total, le coût global d'un rachat de soulte se situe en pratique entre 2 % et 8 % de la valeur nette du bien, selon que l'opération relève d'un partage ou d'une licitation.

Comment financer un rachat de soulte ?

Le financement dépend de votre situation, de vos revenus et de la valeur de la soulte.

Plusieurs solutions existent :

  • Votre épargne personnelle : Si vous disposez d'une épargne suffisante (livrets, assurance-vie), c'est la solution la plus simple et la plus économique. Elle évite les frais de crédit.
  • Un prêt immobilier : C'est le cas le plus fréquent. Ce prêt peut couvrir la soulte, les frais de notaire et d'éventuelles IRA. Il peut être contracté seul ou à deux. Comme tout prêt immobilier, il nécessite une assurance emprunteur. Pensez à la déléguer pour réduire son coût.
  • Un prêt personnel : Si la soulte est faible (moins de 75 000 €), un prêt conso peut suffire. Plus rapide à obtenir, mais à taux plus élevé et sur durée plus courte.
  • Le regroupement de crédits : Si vous devez financer la soulte tout en ayant d'autres crédits en cours, le regroupement fusionne l'ensemble en un prêt unique, avec une mensualité réduite (sur une durée plus longue). Utile pour maîtriser votre taux d'endettement, mais attention aux frais associés.
  • Si vous ne pouvez pas payer la soulte, plusieurs alternatives existent, comme vendre le bien et partager le produit de la vente, négocier un paiement échelonné (prévu dans l'acte notarié), chercher un co-emprunteur, ou consulter un courtier qui peut orienter vers des montages spécifiques (prêt hypothécaire, rachat de crédit).

Modèle de lettre de rachat de soulte

Que ce soit lors d'un divorce ou d'une succession, une lettre d'offre de rachat de soulte peut être adressée à l'autre indivisaire avant le passage chez le notaire. Elle formalise votre proposition et sa valeur.

Vous pouvez télécharger notre modèle ci-dessous.

FAQ : Vos questions sur le rachat de soulte

Comment faire un rachat de soulte à l'amiable ?

Le rachat de soulte à l'amiable se fait lorsque les parties s'accordent sans passer par un juge. Un notaire établit l'acte de partage, calcule la soulte et encadre le versement. L'accord doit être équilibré et librement consenti.

Quelles sont les étapes pour réaliser un rachat de soulte ?

Six étapes : l'évaluation du bien (notaire ou agent immobilier), le calcul de la soulte, l'accord entre les parties, le montage du financement si besoin, l'acte de partage chez le notaire, puis le versement de la soulte.

Quels documents sont nécessaires pour un rachat de soulte ?

Le titre de propriété, le dernier tableau d'amortissement du prêt, une attestation d'estimation du bien, les pièces d'identité des parties, les justificatifs de revenus (si financement) et un relevé d'identité bancaire.

Quels sont les impacts fiscaux d'un rachat de soulte ?

Le principal impact est le droit de partage, égal à 2,5 % de la valeur nette du bien partagé. Aucun impôt sur le revenu ne s'applique. Certains frais de notaire ou pénalités de remboursement anticipé peuvent être déductibles dans certains cas.

Qui paie les frais de notaire en cas de rachat de soulte ?

En général, l'acquéreur de la soulte paie les frais de notaire. Les parties peuvent toutefois décider de les partager ou de les répartir autrement, si cela est précisé dans l'acte de partage.

Hubert Couture-Fourcade
Hubert Couture-FourcadeAgent immobilier (ancien notaire)
Ancien notaire salarié puis agent immobilier spécialisé dans les biens haut de gamme, Hubert Couture-Fourcade est également passionné par l'optimisation et la transmission de patrimoine. Il accompagne depuis plus de onze ans les particuliers et leurs conseils dans leurs projets d’achat et de financement. Il décrypte les aspects juridiques et pratiques des contrats de crédit.