Les pièges du rachat de crédit

Mis à jour le 2 juin 2020 par Antoine Fruchard 

Achat d’un véhicule, investissement locatif, nouveau projet personnel, les raisons qui poussent les emprunteurs à demander un rachat de crédit ne manquent pas. Avec la diversification des acteurs sur le marché et des taux d’intérêt historiquement bas, cela a de quoi séduire. Mais attention à ne pas tomber dans certains pièges. Nous vous donnons quelques conseils pour obtenir votre rachat de crédit en toute sécurité.

Piège n°1 : choisir un rachat de crédit pour son taux et oublier les autres frais

Les emprunteurs ont souvent tendance à choisir leur rachat de crédit uniquement selon le taux d’intérêt. Vous aussi ? Sachez que c’est une erreur classique ! TAEG, frais de dossier, assurance…, un rachat de crédit n’est pas gratuit et de nombreux paramètres financiers sont à prendre en compte. Certes, obtenir un rachat de crédit à un taux d’intérêt plus avantageux va vous permettre d’alléger votre mensualité ou de réduire votre durée de remboursement. Mais cela ne sera pas suffisant pour connaître le montant global de l’opération. Pour cela, il faut se pencher sur le TAEG (taux annuel effectif global) qui comprend le taux d’intérêt et les frais annexes : assurance, frais de dossier, pénalités de remboursement anticipé (IRA), etc. C’est grâce à votre TAEG que vous connaitrez le montant total et votre échéance mensuelle alors ne passez pas à côté !

Prenez le temps pour vous pencher sur les frais annexes à votre rachat de crédit. Le taux de l’assurance emprunteur est très important et peut d’ailleurs faire l’objet d’une négociation avec votre organisme prêteur. Veillez bien à ce que le coût de l’assurance ne dépasse pas celui des intérêts !

À cela s’ajoutent les frais de dossier, souvent compris entre 500 et 1 000 €. Il est possible que votre ancienne banque vous demande des indemnités de remboursement anticipé (IRA) pour l’emprunt d’origine, mais celles-ci ne peuvent dépasser 3 % de votre capital restant dû. Enfin soyez attentif aux frais de garantie du nouveau crédit lorsqu’il y a un bien immobilier à mettre en hypothèque : les frais de mainlevée et de notaire sont à inclure dans votre rachat de crédit.

Vous l’aurez compris, pour que l’opération soit intéressante, il faut bien examiner l’ensemble des frais liés au rachat de crédit. Certains tombent dans le panneau d’un taux d’intérêt attractif pour alléger leurs mensualités et déchantent une fois qu’ils sont face aux frais découlant du rachat de crédit. C’est pourquoi on considère que la différence entre l’ancien taux et le nouveau soit significative, soit d’au moins 0,8 point. L’opération peut donc s’avérer particulièrement intéressante pour les emprunts souscrits avant 2015 au regard de l’évolution favorable des taux.

Piège n°2 : ne pas comparer les offres de rachat de crédit

Comme n’importe quel prêt, le rachat de crédit ne doit pas être pris à la légère. Prenez le temps pour vous renseigner sur les différentes offres sur le marché bancaire. Rien ne vous empêche de faire des simulations avec votre banque actuelle puis d’aller comparer avec la concurrence. Pourquoi est-ce important de comparer et de ne pas se laisser séduire par la première offre reçue ? Cela va vous permettre de confronter les différentes formules et de voir laquelle convient à vos besoins. Mais c’est aussi indispensable pour être en position de négocier votre rachat de crédit avec votre banque actuelle ou d’aller signer ailleurs si les conditions y sont plus intéressantes.

Grâce à notre comparateur de rachats de crédit, retrouvez en un coup d’oeil toutes les meilleures offres du marché et les taux les plus intéressants. En tant que courtier indépendant, nos propositions sont totalement objectives.

Faire appel à un courtier peut donc s’avérer intéressant. Grâce à son accompagnement et ses partenariats, il pourra vous aider à identifier et négocier les conditions idéales pour votre rachat de crédit. Avant de faire appel à ses services, vérifiez qu’il est bien agréé : il doit avoir le statut d’intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement (IOBS) et être inscrit à l’ORIAS. Cela parait être du bon sens, mais c’est toujours bon de le rappeler : privilégiez l’écoute attentive et des honoraires raisonnables. Il faut tout de même que les gains obtenus soient supérieurs au coût de votre rachat de crédit !

Depuis janvier 2018, les emprunteurs ont la possibilité de changer chaque année leur assurance de prêt. Cela vous laisse des marges de manœuvre ultérieures pour négocier une assurance à un taux plus bas que celle souscrite avec votre rachat de crédit.

Piège n°3 : miser sur le rachat de crédit pour sortir du surendettement

De nombreux emprunteurs sollicitent un rachat de crédit pour sortir d’une situation difficile voire du surendettement, c’est une grosse erreur. Pourquoi ? Tout simplement parce que le rachat de crédit ne va pas effacer vos problèmes de trésorerie par magie. Il s’agit là d’une vision à court terme : les factures et les dettes vont pouvoir être payées, le montant de l’échéance pourra éventuellement être ramené à la baisse, mais leur durée va s’allonger. La tentation est tout aussi grande de négocier un délai supplémentaire de trésorerie avec son rachat de crédit pour sortir du surendettement mais cela risque surtout de vous fragiliser davantage. Il est recommandé de réserver cette trésorerie supplémentaire pour un projet spécifique ou pour anticiper un éventuel coup dur.

C’est pourquoi il est préférable d’être dans une situation stable avant de s’engager dans un rachat de crédit, surtout quand une trésorerie supplémentaire est sollicitée. Avant de vous lancer, faites le point : quel est votre projet ? Votre revenu est-il fixe ? Sachez qu’il existe des organismes de crédit spécialisés pour les fonctionnaires. Êtes-vous solvable ou régulièrement à découvert ? Si vous démontrez que vous êtes en capacité d’assumer le remboursement de ce rachat de crédit jusqu’à son terme, alors tous les signaux sont au vert. Mais si vous rencontrez d’ores et déjà des difficultés, n’attendez pas d’être dépassé par les événements. Sachez qu’en cas de fichage FICP et de dossier de surendettement à la Banque de France, vous ne pourrez plus faire marche arrière : il sera alors impossible d’obtenir un rachat de crédit.

Piège n°4 : céder à un rachat de crédit dans l’urgence

Il faut absolument se méfier des offres de regroupement de crédit trop alléchantes et ne pas céder à un besoin urgent. Un projet de rachat de crédit mérite réflexion, voici a minima quelques questions à vous poser :

  • pourquoi faire regrouper vos crédits ?
  • les taux d’intérêt, et plus particulièrement le TAEG sont-ils avantageux actuellement ?
  • quelles sont les incidences du rachat de crédit sur vos échéances et leurs durées ?

Il est important que votre projet soit réfléchi car de nombreux établissements de crédit profitent parfois de la fébrilité de certains emprunteurs pour leur vendre des crédits inadaptés ou à des tarifs élevés. C’est le cas des taux variables qui sont vivement déconseillés pour leur volatilité. Il ne s’agit pas non plus de grappiller quelques euros sur vos mensualités, c’est pourquoi il est conseillé de se lancer dans un rachat de crédit uniquement si la différence de taux est significative. Lorsque l’on est dans une situation difficile ou urgente, le piège est de croire qu’économiser quelques euros est forcément une aubaine. Bien au contraire, car cela peut vous coûter plus cher sur le long terme si le TAEG et les frais de dossier n’ont pas été négociés. Ainsi, soyez prudents et ne sautez par exemple pas sur les offres de rachat de crédit « sans justificatifs » sans bien lire toutes les mentions relatives au rachat !

Pourquoi faire une demande de rachat de crédit ? 

Solliciter un rachat de crédit permet avant tout de simplifier son budget, voire même de faire quelques économies. Souvent on cherche à améliorer ses finances et diminuer son endettement grâce à une baisse des mensualités et des taux d’intérêt moins élevés. Cela permet également aux emprunteurs de simplifier le suivi de leur budget en regroupant plusieurs crédits en cours (prêt immobilier, crédit à la consommation, etc.) sous une seule mensualité et avec un interlocuteur unique, pratique !

Lorsque l’on sollicite une trésorerie en sus, c’est généralement pour réaliser un nouveau projet ou disposer d’une épargne de sécurité en cas de coup dur. Ainsi, l’ajout d’une trésorerie dans un rachat de crédit permet à l’emprunteur de ne pas souscrire à un second crédit. Cependant, une demande de trésorerie reste limitée à 15 % du montant total du rachat de crédit.

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