Les troubles du sommeil et le manque de sommeil concernent une large part de la population : plus d’un tiers des Français se disent insatisfaits de leur sommeil et près de la moitié dorment moins que la durée recommandée, ce qui peut altérer la qualité du sommeil et la santé globale. Mais alors, quel spécialiste consulter ? Ces consultations et les traitements sont-ils remboursés par la Sécurité sociale ou la mutuelle ? La prise en charge des troubles du sommeil dépend de plusieurs facteurs que nous détaillerons dans cet article.

Quel est le remboursement des spécialistes des troubles du sommeil ?

Pour traiter les troubles du sommeil, il est important d’en comprendre l’origine. Un premier rendez-vous chez un médecin généraliste est essentiel pour identifier les causes de vos troubles, vous prescrire un examen sanguin et vous rediriger si besoin vers d’autres spécialistes (cardiologue, psychiatre, pneumologue…).

En faisant appel à votre médecin traitant, vous bénéficiez du parcours de soin et vous êtes remboursé par l’Assurance maladie à hauteur de 70 % pour les consultations, sur la base du tarif conventionné. La mutuelle peut prendre en charge le complément. La participation forfaitaire reste à votre charge (2 euros par consultation). 

Si un spécialiste est consulté en dehors du parcours de soin, le montant des remboursements diminue  (généralement à 30 % du tarif conventionnel) et le ticket modérateur est majoré, ce qui augmente le reste à charge. 

Pour connaître précisément le montant du remboursement dont vous bénéficierez de la part de la Sécurité sociale ou de votre mutuelle, utilisez notre simulateur de remboursement. Gratuit, il vous permet de calculer le reste-à-charge et de savoir précisément ce qu'il vous restera à payer.

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La prise en charge psychologique

Lorsque les troubles du sommeil sont liés à un stress important (deuil, perte d’emploi,…) ou à l’anxiété, une prise en charge psychologique est souvent nécessaire pour retrouver une vraie qualité de sommeil.

Un psychiatre peut effectuer un premier diagnostic et orienter son patient vers une thérapie comportementale, une psychothérapie ou la prescription d’un traitement médicamenteux (antidépresseurs, anxiolytiques).

Stéphanie Le Guillou
Stéphanie Le Guillou
Pharmacienne et docteure en biologie
Sur le terrain, la prise en charge psychologique est souvent discutée lorsque le patient exprime une tension persistante liée à un évènement marquant ou à une charge mentale élevée. Les équipes médicales observent qu’une thérapie cognitivo-comportementale peut améliorer l’endormissement en modifiant les pensées automatiques qui entretiennent l’insomnie. Le recours à un psychiatre est envisagé lorsque les symptômes deviennent envahissants ou lorsqu’un traitement médicamenteux doit être évalué. Cette démarche graduée aide à orienter vers l’accompagnement adapté.

Concernant le montant des remboursements :

  • Psychiatre : La consultation est remboursée par l’assurance maladie à hauteur de 36,50 euros (70% de 55 euros - participation forfaitaire de 2 euros) pour les professionnels conventionnés de secteur 1 ou secteur 2.
  • Psychologue : Les consultations chez un psychologue ne sont pas prises en charge par l’Assurance maladie en routine. Toutefois, dans le cadre du dispositif « Mon soutien psy », certaines séances réalisées par des psychologues conventionnés peuvent être remboursées, dans une limite annuelle de séances. Par ailleurs, une complémentaire santé peut prévoir le remboursement de plusieurs séances par an selon le contrat.

Une prise en charge de l’Assurance maladie à hauteur de 70 % chez un psychiatre est possible en dehors du parcours de soin pour les jeunes âgés de 16 à 25 ans, à condition d’avoir déclaré un médecin traitant. 

Les centres du sommeil

Un centre du sommeil est un centre de diagnostic et de traitement des troubles du sommeil et de l’éveil. Il en existe plusieurs en France, situés le plus souvent au sein d’un hôpital ou d’une clinique. Certains d’entre eux sont spécialisés dans des troubles précis comme l’apnée du sommeil ou la prise en charge des patients hypersomniaques.

Prescrits par le médecin traitant, les consultations en centre du sommeil sont remboursées à 70% par l’Assurance maladie. Votre mutuelle ou votre assurance santé peuvent couvrir le complément selon votre formule.

Les cures thermales

Dans le cas de troubles du sommeil liés à une maladie psychosomatique ou neurologique, le médecin généraliste peut prescrire une cure thermale. Un programme de soins adaptés est alors mis en place pour chaque patient (massages, bains bouillonnants, ateliers d’éducation thérapeutique…) pour favoriser une baisse de l’anxiété et une détente nécessaire au rétablissement d’un bon sommeil.

Pour bénéficier d’une prise en charge, la cure thermale doit être prescrite par un médecin traitant et respecter certaines conditions. Les frais de soins (forfait thermal et surveillance médicale) sont remboursés selon des taux réglementaires. Certains éléments, comme les indemnités journalières et éventuellement la prise en charge de frais de transport ou de séjour, dépendent en revanche de vos ressources et de votre situation personnelle. Les frais médicaux liés à votre cure thermale comprennent :

Les frais médicaux liés à votre cure thermale comprennent :

  • Le forfait de surveillance médicale : Le forfait de surveillance médicale est remboursé à 70 % sur la base d’un tarif fixé nationalement, dont le montant varie selon l’orientation thérapeutique de la cure et le secteur du médecin.
  • Le forfait thermal : Le forfait thermal est remboursé à 65 % sur la base d’un tarif fixé nationalement, dont le montant varie selon l’orientation thérapeutique et le type de soins réalisés.

Les médecines douces sont-elles remboursées en cas de trouble du sommeil ?

Les pratiques telles que la sophrologie, l’ostéopathie ou l’hypnose ne sont généralement pas reconnues comme actes médicaux ouvrant droit à remboursement, sauf lorsqu’elles sont réalisées par un médecin dans un cadre médical précis.

Enfin, selon le contrat souscrit, une complémentaire santé peut proposer des forfaits annuels couvrant vos séances de médecines douces. Pour trouver la mutuelle la plus adaptée à vos besoins et à vos budgets, vous pouvez utiliser notre comparateur de mutuelles. Il vous permet de comparer, gratuitement et anonymement plus de 20 offres disponibles sur le marché.

Quels médicaments sont remboursés contre les troubles du sommeil ?

Le traitement des troubles du sommeil et de l’insomnie commence par le changement de quelques règles d’hygiène de vie. Quand ces mesures ne suffisent pas, le médecin traitant peut prescrire certains médicaments qui ne guérissent pas les troubles, mais peuvent traiter leurs symptômes.

Stéphanie Le Guillou
Stéphanie Le Guillou
Pharmacienne et docteure en biologie
En pratique, les troubles du sommeil sont souvent révélés lors d’un échange informel à l’officine, à l’occasion d’un renouvellement d’ordonnance ou d’un achat de médicament contre l’anxiété. Les patients décrivent des difficultés d’endormissement, un réveil précoce ou une sensation de sommeil non réparateur. Le professionnel de santé peut alors rappeler les facteurs aggravants, comme l’usage d’écrans en soirée ou la prise tardive de stimulants, et proposer un réajustement progressif de l’hygiène de sommeil. Cette première étape permet fréquemment de repérer une situation nécessitant l’avis du médecin traitant.

La mélatonine

La mélatonine peut être utile pour certains troubles du rythme veille-sommeil, notamment les syndromes de retard de phase. Cette hormone existe sous deux formes : en libération prolongée ou en libération immédiate.

Les médicaments à base de mélatonine comme le « Circadin » sont délivrés seulement sur ordonnance. Les compléments alimentaires à base de mélatonine peuvent être achetés librement, sans prescription médicale. Dans les deux cas, ils ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale. 

Les benzodiazépines

Les benzodiazépines et apparentés sont parmi les hypnotiques fréquemment prescrits. Mais leur utilisation est strictement encadrée en raison du risque de dépendance. Compte tenu de leur fort potentiel de dépendance et du fait qu’ils ne guérissent pas les causes de l’insomnie, ces hypnotiques sont classés dans la liste des médicaments à service médical faible.

Leur remboursement par l’Assurance maladie est à hauteur de 15% du tarif forfaitaire de responsabilité (TFR).

Les antihistaminiques

Les antihistaminiques sont principalement utilisés dans le cadre de manifestations allergiques ou de certains troubles psychiques. Certains d’entre eux sont néanmoins prescrits contre les insomnies à cause de leur composante sédative.

Une grande partie de ces médicaments ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie. C’est le cas du Donormyl par exemple, du Doxylamine et du Lidène. 

Les antidépresseurs

Certains antidépresseurs peuvent être prescrits contre l’insomnie, en remplacement des hypnotiques. Ils sont en partie remboursés par l’Assurance Maladie, en fonction du « service médical rendu » (SMR), un critère déterminant dans la prise en charge des dépenses pharmaceutiques. En effet, plus le SMR est élevé et mieux le médicament est remboursé. Une mutuelle santé peut couvrir une partie ou le reste du coût.

La phytothérapie

Des traitements médicaux plus doux à base de plantes peuvent être proposés pour soulager les troubles du sommeil. Ils sont composés de plantes aux propriétés sédatives comme la passiflore, la valériane, la mélisse ou l’aubépine. On les retrouve sous forme de médicaments, de gélules, de comprimés ou encore d’infusions. La phytothérapie n’est cependant pas prise en charge par l’Assurance maladie.

Quelle est la prise en charge des traitements non médicamenteux des troubles du sommeil ?

Certains troubles du sommeil peuvent nécessiter des traitements non médicamenteux et des accessoires. Une prise en charge est possible, notamment dans le cas de l’apnée du sommeil.

Apnée du sommeil : traitement par PPC

Le traitement de l’apnée du sommeil demande l’utilisation d’un dispositif médical à pression positive continue (PPC). Il consiste à propulser de l’air sous pression dans les voies respiratoires, au moment du sommeil. Les dispositifs de PPC sont pris en charge en tant que dispositifs médicaux inscrits à la liste des produits et prestations remboursables (LPPR), selon des modalités spécifiques.

La prise en charge doit être renouvelée chaque année et elle est acceptée sous deux conditions :

  • L’appareil doit être utilisé au minimum 3 heures par nuit sur une période de 24 heures.
  • L’efficacité du traitement par ventilation nocturne PPC doit être constatée.

Apnée du sommeil : l’orthèse avancée mandibulaire

Les propulseurs mandibulaires, que l’on appelle aussi « orthèses d’avancée mandibulaire »  sont prescrits dans le cadre d’apnées du sommeil de gravité moyenne, en l’absence de maladie cardiovasculaire. Ils peuvent être utilisés pour une apnée du sommeil sévère, après l’échec ou l’intolérance d’un traitement par PPC.

Une prise en charge est assurée après entente préalable remplie par le médecin traitant lors de la première prescription et pour chaque renouvellement. Le renouvellement est possible au bout de deux ans, sous réserve d’une nouvelle entente préalable et d’une évaluation confirmant l’efficacité du dispositif.  

À noter : La prise en charge d’une orthèse avancée mandibulaire exclut la possibilité de remboursement d’un traitement par pression positive continue. Si le traitement par orthèse est un échec, un traitement par PPC peut être proposé. 

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