Troubles du sommeil : quelle prise en charge ?

Mis à jour le 18 mai 2021 par Antoine Fruchard 

Les troubles du sommeil touchent près d’un français sur deux : difficultés à s’endormir, insomnie, fatigue excessive, narcolepsie ou somnambulisme, peuvent nuire à la qualité du sommeil et avoir des répercussions sur notre santé.  Mais alors, quel spécialiste consulter ? Ces consultations et les traitements sont-ils remboursés par la Sécurité sociale ou la mutuelle ? La prise en charge des troubles du sommeil dépend de plusieurs facteurs que nous détaillerons dans cet article.

Quel est le remboursement des spécialistes des troubles du sommeil ?

Pour traiter les troubles du sommeil, il est important d’en comprendre l’origine. Un premier rendez-vous chez un médecin généraliste est essentiel pour identifier les causes de vos troubles, vous prescrire un examen sanguin et vous rediriger si besoin vers d’autres spécialistes (cardiologue, psychiatre, pneumologue…).

En faisant appel à votre médecin traitant, vous bénéficiez du parcours de soin et vous êtes remboursé par l’assurance maladie à hauteur de 70 % pour les consultations, sur la base du tarif conventionné, et de 65 % sur les médicaments. La mutuelle peut prendre en charge le complément.

Si un spécialiste est consulté en dehors du parcours de soin, le montant des remboursements diminue :

  •  De 40 % pour un montant inférieur ou égal à 25 €, dans le cadre d’une consultation chez un médecin généraliste de secteur 1, par exemple.
  •  De 10 € pour tout acte de plus de 25 €, chez un médecin spécialiste de secteur 1, par exemple.

Pour connaître précisément le montant du remboursement dont vous bénéficierez de la part de la Sécurité sociale ou de votre mutuelle, utilisez notre simulateur de remboursement. Gratuit, il vous permet de calculer le reste-à-charge et de savoir précisément ce qu’il vous restera à payer.

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La prise en charge psychologique

Lorsque les troubles du sommeil sont liés à un stress important (deuil, perte d’emploi,…) ou à l’anxiété, une prise en charge psychologique est souvent nécessaire pour retrouver une vraie qualité de sommeil.

Un psychiatre peut effectuer un premier diagnostic et orienter son patient vers une thérapie comportementale, une psychothérapie ou la prescription d’un traitement médicamenteux (antidépresseurs, anxiolytiques).

Concernant le montant des remboursements :

  • Psychiatre : La consultation est remboursée par l’assurance maladie à hauteur de 31,69 € pour les professionnels conventionnés de secteur 1, ou de 70 % du tarif de base de 39 € pour ceux conventionnés de secteur 2.
  • Psychologue : Il n’est pas remboursé par l’assurance maladie, mais la mutuelle peut prévoir le remboursement de quelques séances par an dans son contrat.

Bon à savoir : Une prise en charge de l’Assurance maladie à hauteur de 70 % est possible en dehors du parcours de soin pour les jeunes âgés de 16 à 25 ans. 

Les centres du sommeil

Un centre du sommeil est un centre de diagnostic et de traitement des troubles du sommeil et de l’éveil. Il en existe une cinquantaine en France, situés le plus souvent au sein d’un hôpital ou d’une clinique. Certains d’entre eux sont spécialisés dans des troubles précis comme l’apnée du sommeil ou la prise en charge des patients hypersomniaques.

Prescrits par le médecin traitant, les consultations en centre du sommeil sont remboursées à 70% par l’Assurance maladie. Votre mutuelle ou votre assurance santé peuvent couvrir le complément selon votre formule.

Les cures thermales

Dans le cas de troubles du sommeil liés à une maladie psychosomatique ou neurologique, le médecin généraliste peut prescrire une cure thermale. Un programme de soins adaptés est alors mis en place pour chaque patient (massages, bains bouillonnants, ateliers d’éducation thérapeutique…) pour favoriser une baisse de l’anxiété et une détente nécessaire au rétablissement d’un bon sommeil.

Pour bénéficier d’une prise en charge, la cure thermale doit être prescrite par un médecin traitant et respecter certaines conditions. La demande doit être effectuée auprès de votre caisse d’assurance maladie et son montant dépend de vos ressources, votre situation personnelle et votre affection.

Les frais médicaux liés à votre cure thermale comprennent :

  • Le forfait de surveillance médicale : remboursé à 70 % sur la base d’un tarif conventionnel de 80€ pour un médecin conventionné et 6,86 € pour un médecin non conventionné.
  • Le forfait thermal : remboursé à 65 % sur la base d’un tarif conventionnel variable selon le type de forfait et l’orientation thérapeutique de la cure.

Les médecines douces sont-elles remboursées en cas de trouble du sommeil ?

Les traitements par médecines douces comme la sophrologie, l’ostéopathie ou encore l’hypnose ne sont pas considérées comme des spécialités médicales. Ils ne bénéficient généralement pas de remboursement de la part de la Sécurité sociale.

Dans certains cas, si les consultations de médecines alternatives sont assurées par un médecin conventionné, une prise en charge partielle de l’Assurance maladie est possible.

Enfin, selon le contrat souscrit, une complémentaire santé peut proposer des forfaits annuels couvrant vos séances de médecines douces. Pour trouver la mutuelle la plus adaptée à vos besoins et à vos budgets, vous pouvez utiliser notre comparateur de mutuelles. Il vous permet de comparer, gratuitement et anonymement plus de 20 offres disponibles sur le marché.

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Quels médicaments sont remboursés contre les troubles du sommeil ?

Le traitement des troubles du sommeil et de l’insomnie commence par le changement de quelques règles d’hygiène de vie. Quand ces mesures ne suffisent pas, le médecin traitant peut prescrire certains médicaments qui ne guérissent pas les troubles, mais peuvent traiter leurs symptômes.

La mélatonine

La mélatonine est efficace lorsque les insomnies sont liées à un retard de phase de sommeil ou un faible taux de mélatonine. Cette hormone existe sous deux formes : en libération prolongée ou en libération immédiate.

Les médicaments à base de mélatonine comme le « Circadin » sont délivrés seulement sur ordonnance. Les compléments alimentaires à base de mélatonine peuvent être achetés librement, sans prescription médicale. Dans les deux cas, ils ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale. 

Les benzodiazépines

Les benzodiazépines, comme le Diazépam ou le Valium, sont des anxiolytiques qui agissent sur les troubles du sommeil. Ils font partie des somnifères les plus utilisés.

Compte tenu de leur fort potentiel de dépendance et du fait qu’ils ne guérissent pas les causes de l’insomnie, ces hypnotiques sont classés dans la liste des médicaments à service médical faible. Leur remboursement par l’Assurance maladie est à hauteur de 15% du tarif forfaitaire de responsabilité (TFR).

Les antihistaminiques

Les antihistaminiques sont principalement utilisés dans le cadre de manifestations allergiques ou de certains troubles psychiques. Certains d’entre eux sont néanmoins prescrits contre les insomnies à cause de leur composante sédative.

Une grande partie de ces médicaments ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie. C’est le cas du Donormyl par exemple, du Doxylamine et du Lidène. Seuls le Phénergan et la Théralène sont pris en charge contre l’insomnie à hauteur de 15% du tarif forfaitaire de responsabilité.

Les antidépresseurs

Certains antidépresseurs peuvent être prescrits contre l’insomnie, en remplacement des hypnotiques. Ils sont en partie remboursés par l’Assurance Maladie, en fonction du « service médical rendu » (SMR), un critère déterminant dans la prise en charge des dépenses pharmaceutiques. En effet, plus le SMR est élevé et mieux le médicament est remboursé. Une mutuelle santé peut couvrir une partie ou le reste du coût.

La phytothérapie

Des traitements médicaux plus doux à base de plantes peuvent être proposés pour soulager les troubles du sommeil. Ils sont composés de plantes aux propriétés sédatives comme la passiflore, la valériane, la mélisse ou l’aubépine. On les retrouve sous forme de médicaments, de gélules, de comprimés ou encore d’infusions. La phytothérapie n’est cependant pas prise en charge par l’Assurance maladie.

Quelle est la prise en charge des traitements non médicamenteux des troubles du sommeil ?

Certains troubles du sommeil peuvent nécessiter des traitements non médicamenteux et des accessoires. Une prise en charge est possible, notamment dans le cas de l’apnée du sommeil.

Apnée du sommeil : traitement par PPC

Le traitement de l’apnée du sommeil demande l’utilisation d’un dispositif médical à pression positive continue (PPC). Il consiste à propulser de l’air sous pression dans les voies respiratoires, au moment du sommeil.

Il existe divers appareils et masques : masques narinaires, masque qui couvre le nez, masque couvrant le nez et la bouche. Ces traitements sont remboursables par l’Assurance maladie au même titre qu’un médicament, sous demande du médecin prescripteur.

La prise en charge doit être renouvelée chaque année et elle est acceptée sous deux conditions :

  • L’appareil doit être utilisé au minimum 3 heures par nuit sur une période de 24 heures.
  • L’efficacité du traitement par ventilation nocturne PPC doit être constatée.

Apnée du sommeil : l’orthèse avancée mandibulaire

Les propulseurs mandibulaires, que l’on appelle aussi « orthèses d’avancée mandibulaire »  sont prescrits dans le cadre d’apnées du sommeil de gravité moyenne, en l’absence de maladie cardiovasculaire. Ils peuvent être utilisés pour une apnée du sommeil sévère, après l’échec ou l’intolérance d’un traitement par PPC.

Une prise en charge est assurée après l’entente préalable remplie par le médecin traitant lors de la première prescription et pour chaque renouvellement. Le remboursement du renouvellement de ce dispositif est accepté au bout de deux ans, sous deux conditions :

  • L’efficacité du traitement doit être démontrée par l’amélioration des symptômes de l’apnée du sommeil et la diminution d’au moins 50% de l’indice d’apnée/hypopnée.
  • La prescription doit être bien suivie.

À noter : La prise en charge d’une orthèse avancée mandibulaire exclut la possibilité de remboursement d’un traitement par pression positive continue. Si le traitement par orthèse est un échec, un traitement par PPC peut être proposé. 

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