Après un trimestre de stabilisation, les taux des crédits immobiliers ont de nouveau progressé en mai. L’Observatoire Crédit logement évoque sa crainte d’un “durcissement supplémentaire” des conditions de crédit dans les mois prochains.
Après trois mois de stabilité, les taux des crédits immobiliers ont repris leur marche en avant. En mai 2026, le taux moyen des prêts accordés par les banques, toutes durées confondues, s’est établi à 3,25 %, contre 3,23 % en avril, d’après les données publiées le 4 juin par l’Observatoire Crédit Logement CSA. Un prêt sur 20 ans, la durée la plus souscrite, est assorti d’un taux de 3,34%.
Cette progression moyenne de seulement 0,02 point pourrait sembler anecdotique. Pourtant, derrière cette évolution modérée se cache une remontée plus marquée des barèmes bancaires sur la durée. Entre mai 2025 et mai 2026, les taux moyens sont ainsi passés de 3,09% à 3,25%.
L’Observatoire rappelle que le taux moyen était resté bloqué à 3,23 % entre février et avril, après la hausse enregistrée au début de l’année. Mais depuis mars, les taux pratiqués sur certaines durées ont nettement augmenté. Ceux des crédits sur 20 ans ont ainsi gagné 13 points de base, tandis que les prêts sur 25 ans ont progressé de 10 points de base. “La remontée des taux est rapide et non négligeable”, souligne l’étude.
Moins de long prêts
Cette apparente contradiction s’explique par l’évolution de la production bancaire. Les prêts les plus longs, généralement les plus coûteux, sont devenus moins nombreux. La part des financements d’une durée de 25 ans et plus est tombée à 44 % en mai, contre près de 49 % au début de l’année. Ce rééquilibrage vers des durées plus courtes contribue à limiter la hausse du taux moyen affiché.
Les raisons de ce retournement sont avant tout économiques. Au cours du premier trimestre, les banques avaient accepté de contenir leurs taux afin de ne pas faire fuir les aspirants à la propriété dont le pouvoir d’achat immobilier était déjà affaibli. Le communiqué indique même que les établissements de crédit avaient “différé les ajustements des taux rendus nécessaires face à la brutale détérioration des marchés obligataire et boursier français”.
Vers de nouvelles hausses de taux
Cette remontée intervient alors que le marché montre déjà des signes d’essoufflement. Après une légère amélioration au début de l’année, les banques sont moins enclines à octroyer des prêts. En mai, la production de crédits, c’est-a-dire la masse d’argent prêtée par les banques, recule de 6,5 % sur un an, tandis que le nombre de prêts accordés diminue de 1,1 %. Les ménages doivent également composer avec une inflation qui repart à la hausse et un coût des logements progressant plus vite que leurs revenus.
Pour les prochains mois, l’Observatoire se montre prudent. L’organisme évoque “la crainte d’un durcissement supplémentaire” si la crise liée à la guerre au Moyen-Orient devait se prolonger. Dans ce contexte marqué par l’incertitude économique et le ralentissement de la demande, les banques pourraient rester prudentes et ne pas multiplier les prêts. Une perspective qui laisse entrevoir des conditions d’emprunt moins favorables qu’au cours des derniers mois. Cette intuition de l’Observatoire est d’ailleurs confirmée par le courtier Finance Conseil, qui a reçu les barèmes des taux bancaires pour le mois de juin. Toutes les durées - 15, 20 et 25 ans - affichent des augmentations de taux.




