Une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale prévoit la création d’un prêt à taux zéro pouvant atteindre 100.000 euros pour les familles avec enfants. Elle sera examinée le 28 mai.
Comment favoriser à la fois la natalité et la construction de logements ? La députée Constance de Pélichy (Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires) a sa petite idée.
Elle souhaite instaurer un nouveau prêt à taux zéro (PTZ) destiné aux familles qui souhaitent acheter ou agrandir leur résidence principale. Déposée à l’Assemblée nationale le 14 avril 2026, cette proposition de loi prévoit un crédit sans intérêts pouvant atteindre 100.000 euros. Le texte entend répondre à une difficulté de plus en plus fréquente : le manque de logements adaptés pour accueillir un enfant.
Contrairement au PTZ classique, réservé aux primo-accédants respectant un plafond fiscal précis, ce nouveau dispositif serait accessible “sans conditions de revenus”, dès la déclaration de grossesse et jusqu’aux cinq ans de l’enfant. Le prêt pourrait financer l’achat d’un bien plus grand ou des travaux d’agrandissement. Selon l’exposé des motifs de la proposition, ce mécanisme constitue “une aide concrète aux familles pour accueillir un enfant”.
Un contexte démographique critique
La mesure s’inscrit dans un contexte démographique critique pour la France. En 2025, 651 000 décès ont été enregistrés, contre seulement 645 000 naissances.
Plusieurs parlementaires considèrent désormais le logement comme un frein majeur aux projets familiaux. Le rapport parlementaire présenté cette année sur la natalité évoque notamment la difficulté, pour de nombreux ménages, de déménager vers des logements plus spacieux lorsque la famille s’agrandit.
La députée évoque cet obstacle dans sa proposition de loi, citant notamment un sondage Odoxa. D’après l’étude, 20 % des ménages renoncent à avoir un bébé en raison de leur logement.
Le texte prévoit que ce PTZ familial puisse être cumulé avec les aides existantes à l’accession à la propriété. L’idée serait donc de compléter le prêt à taux zéro déjà en vigueur, et non de le remplacer. Aujourd’hui, le PTZ classique permet déjà de financer une partie d’un achat immobilier neuf ou ancien sous certaines conditions.
“Une naissance, c'est souvent au minimum 10 à 15 mètres carrés supplémentaires dont on a besoin.”
Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, s’est dit “philosophiquement favorable” à cette idée sur BFM Business, tout en rappelant que son coût devra être évalué. Le dispositif pourrait ainsi faire l’objet d’ajustements lors de son examen parlementaire.
“Une naissance, c'est souvent au minimum 10 à 15 mètres carrés supplémentaires dont on a besoin. Mais ces quelques mètres carrés ont un coût réel, souvent sous-estimé.”
C’est ce qu’a déclaré Brice Cardi, président du réseau immobilier l'Adresse, dans un communiqué. Il salue cette proposition de loi, qui permettrait selon lui d’abaisser le coût d’acquisition du logement.
Un autre réseau, Era, estime que l’universalité de ce nouveau PTZ constitue un réel atout, s’il était voté par les parlementaires.
“Aujourd’hui, beaucoup de ménages passent entre les mailles des aides existantes alors qu’ils rencontrent de vraies difficultés pour acheter un logement plus grand ou financer un projet familial.”
C’est ce qu’a indiqué Eric Allouche, directeur exécutif du réseau ERA Immobilier.




