La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit un gel des tarifs des complémentaires santé. Pourtant, la quasi-totalité des assurés interrogés par Que choisir ensemble (ex UFC Que choisir) affirme avoir subi une hausse de cotisation.

Les parlementaires voulaient protéger le pouvoir d’achat des Français face à l’envolée du coût des complémentaires santé. Dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, un article prévoyait ainsi un principe clair : les cotisations des mutuelles ne devaient pas augmenter par rapport à 2025. Pourtant, sur le terrain, la réalité semble tout autre. Selon une enquête menée par l’association Que Choisir Ensemble, et publiée le 28 avril,  les hausses tarifaires restent massives malgré cette interdiction légale.

L’organisation de défense des consommateurs a recueilli plus de 4 200 témoignages entre janvier et mars 2026. Résultat : 98,52 % des répondants (dont la moyenne d’âge est de 66 ans) déclarent avoir payé plus cher leur complémentaire santé cette année. L’augmentation moyenne atteint 106 euros par an pour une personne seule et près de 200 euros pour un couple. Que Choisir dénonce ainsi des augmentations “en violation des dispositions légales”.

Les complémentaires les plus citées par les répondants sont Harmonie Mutuelle, la MGEN, Apicil et Groupama. Mais les augmentations de cotisations les plus élevées sont à retrouver chez April,  qui affiche une hausse annuelle moyenne de 195 euros, devant Apicil (170 euros) et Groupama (116 euros).

Les retraités particulièrement touchés

Ces hausses frappent surtout les seniors. Les retraités supportent seuls le coût de leur mutuelle, sans participation financière de l' employeur contrairement aux salariés. Or les tarifs des complémentaires santé sont déjà très élevés pour cette catégorie d’âge. L’association rappelle d’ailleurs que les plus de 66 ans déboursent souvent plus de 1 500 euros par an pour être couverts correctement.

Pour les organismes complémentaires, la situation serait toutefois plus complexe qu’il n’y paraît. Les mutuelles expliquent que leurs hausses avaient été décidées avant le vote définitif de la loi. Elles mettent également en avant l’augmentation continue des dépenses de santé, le vieillissement de la population et les nouvelles taxes imposées au secteur. Certaines fédérations contestent même juridiquement le gel des tarifs, estimant qu’il porte atteinte à leur liberté tarifaire.

Une bataille juridique désormais engagée

Face à ces augmentations, les associations de consommateurs réclament désormais des contrôles et des sanctions. Que Choisir critique notamment “l’absence de contrôle du gouvernement” et estime que la loi a été largement ignorée. Pour aider les assurés, l’organisation a même publié une lettre type permettant de contester une hausse de cotisation auprès de sa mutuelle. La démarche peut déboucher sur une “régularisation”, s’est félicitée l’association.

Le dossier devrait donc désormais se jouer devant le Conseil d’État. Le gouvernement a d’ailleurs saisi la plus haute instance administrative pour établir si le gel tarifaire imposé aux complémentaires santé est légal, a expliqué BFM Business. Les complémentaires santé espèrent faire annuler ou assouplir la mesure de gel des cotisations.