Le volume de crédits immobiliers octroyés par les banques a augmenté de 33% en 2025, selon le bilan dressé par la Banque de France. Les primo-accédants en ont majoritairement bénéficié. 

Un net “rebond”. La Banque de France a publié le 9 février son bilan de la production de crédits immobiliers en 2025. L’année dernière, le volume de crédits à l'habitat (hors renégociations) a bondi de 33% par rapport à 2024. Plus précisément, les ménages ont souscrit 146,5 milliards d’euros, contre seulement 118,8 milliards en 2024 et 139 milliards en 2023. Cependant, les volumes de crédits accordés en 2025 restent bien inférieurs aux records constatés en 2022. Cette année-là, près de 235 milliards d’euros avaient été distribués par les banques, une tendance portée par des taux de crédits au plus bas. A noter que pour obtenir ces statistiques, la Banque de France s’est appuyée sur les données fournies par les 12 plus grandes banques françaises, représentant 90% de l’encours total des prêts.

Les primo-accédants, principaux bénéficiaires

La reprise de la distribution de crédit s’appuie de fait sur une conjoncture favorable. Le taux moyen des prêts immobiliers (toujours hors renégociation) a nettement chuté l’année dernière. En douze mois, il est passé de 3,32% à 3,08%. En comparaison du pic des taux atteint en janvier 2024, la décrue est encore plus marquée, avec une baisse de 1,09 point. Attention ; ces taux sont dits nominaux. C'est-a-dire qu’ils ne comprennent pas les éventuels frais de dossier, d’assurance, de garantie ou encore la rémunération du courtier.

Ces chiffres étant des moyennes, la reprise du crédit a-t-elle profité majoritairement aux ménages les plus aisés ? Non, affirme la Banque de France qui rappelle que le nombre de prêts accordés aux emprunteurs primo-accédants (ceux devenant propriétaires pour la première fois) ”augmente plus rapidement” que celui de l’ensemble des emprunteurs. Pour accéder à un prêt, ils sont cependant contraints de s’endetter sur des durées toujours plus longues : 23 ans et 10 mois en moyenne. En 2015, la maturité moyenne des crédits pour les primo-accédants s’élevait à seulement 21 ans.

Une augmentation des taux en 2026

Reste encore à savoir si cette tendance pourrait se poursuivre en 2025. Ce ne sera probablement pas le cas, comme l’a souligné l’Observatoire Crédit Logement CSA, dans son dernier rapport trimestriel. La croissance modérée de l’économie française (moins de 1% en 2026) et l’instabilité politique ne permettront pas de renforcer une demande immobilière “hésitante”. “La remontée des taux des crédits immobiliers va se poursuivre en 2026, puis en 2027, avertit l’Observatoire. (...) La prudence occupe une place de plus en plus large dans la stratégie des établissements distributeurs”

Les prédictions de Crédit Logement sont pessimistes : les taux devraient s’élever en moyenne à 3.41 % en 2026, et même 3,55% sur le dernier trimestre. Et 2027 s’annonce sur des hypothèses encore moins favorables, les taux tutoyant 4% en fin d’année.