Comment bien administrer vos impôts en 2021 ?

Publié le 13 avril 2021 par Antoine Fruchard 
bien gerer ses impots

Si vos revenus évoluent (chômage partiel, prime exceptionnelle, etc.), vous pouvez adapter votre prélèvement à la source à votre nouvelle situation. Réassurez-moi détailler pour vous les modalités à connaître selon le type de ressources.

Le prélèvement à la source est devenu le principal mode de collecte de l’impôt sur les revenus en France. Depuis le 1er janvier 2019, le décalage d’un an entre la perception du revenu et son imposition n’existe plus. L’impôt s’ajuste automatiquement à la hausse comme à la baisse, à la variation de votre revenu. Ce n’est pas le cas du taux d’imposition et des acomptes qui ne s’ajustent pas automatiquement à votre changement de situation. Heureusement, si votre situation financière a évolué, vous pouvez demander à tout moment un ajustement de votre taux à l’administration fiscale. Selon l’origine de vos revenus, il existe plusieurs moyens pour faire évoluer votre imposition.

En plus d’ajuster votre taux d’imposition, assurez-vous également de vous renseigner sur les différentes façons de réduire vos impôts. Pour vous aider dans cette démarche, Réassurez-moi a compilé toutes les informations à connaître et comment les mettre en œuvre :

Salariés : modulez votre taux de prélèvement

Votre employeur prélève tous les mois l’impôt que vous devez au fisc sur la rémunération qu’il vous verse. Il est tenu d’appliquer le taux d’imposition que lui a communiqué Bercy. Taux neutre, taux du foyer ou taux individualisé, tout dépend de l’option que vous avez retenue lors de votre dernière déclaration de revenus. Avec le prélèvement à la source, vos impôts s’ajustent automatiquement à une baisse ou à une hausse de vos revenus. Ainsi les personnes qui ont connu une baisse de leur revenu en 2020 ont vu automatiquement leur impôt diminuer. Si l’impôt s’ajuste à la variation de revenu, ce n’est pas le cas du taux de prélèvement à la source, calculé à partir des derniers revenus que vous avez déclarés, ceux perçus avant la hausse ou la baisse de votre rémunération. Le taux d’imposition applicable risque de ne plus correspondre à votre situation.

Heureusement, en informant l’administration fiscale de votre changement de situation, elle actualisera votre taux de prélèvement. Pour en faire la demande, il suffit de vous connecter à votre espace personnel sur le site impots.gouv.fr. Suivez ensuite les étapes indiquées dans l’espace « Gérer mon prélèvement à la source ». Pour obtenir une modification du taux, vous devez donner une estimation précise des revenus que vous comptez percevoir. Une fois cette information renseignée, vous obtenez instantanément le nouveau taux. Une fois validé, il sera automatiquement transmis à votre employeur. Ce dernier a alors un délai de 2 mois pour appliquer le nouveau taux.

La modulation à la baisse n’est possible que si elle permet une économie d’impôt d’au moins 10 %. Bon à savoir : si vous modifiez votre taux de prélèvement à la source en cours d’année, la modification s’arrête à la fin de l’année civile.

N’oubliez pas de renouveler votre changement de taux si nécessaire. Ainsi si vous avez modifié votre taux en 2020, le taux applicable à compter du 1er janvier 2021 est celui calculé à partir des revenus 2019 que vous avez déclarés au printemps 2020. Si vous ne modifiez pas votre taux, le fisc régularisera la situation durant l’été qui suit la déclaration de vos revenus.

L’actualisation permet d’éviter, à ceux qui subissent une baisse de revenus, de faire une avance de trésorerie à l’État. Elle offre aussi la possibilité à ceux qui ont la chance de voir leurs revenus augmenter, d’éviter un rattrapage d’impôt l’été suivant.

Indépendants : contactez l’administration fiscale

Certaines professions supportent le prélèvement à la source sous la forme d’acomptes. C’est le cas des professions libérales, des commerçants et des artisans. En l’absence de tiers collecteurs de l’impôt, l’État a décidé de prélever directement l’impôt sur le compte bancaire des contribuables percevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), des bénéfices non commerciaux (BNC) ou des bénéfices agricoles (BA). L’impôt prend la forme d’un acompte mensuel ou trimestriel fixe, calculé sur les derniers revenus déclarés.

Contrairement aux salariés, le prélèvement à la source ne s’ajuste pas automatiquement aux variations de revenus. Si vous êtes fleuristes, coiffeurs, libraires et plus généralement commerçants ou indépendants, vous continuez à payer des impôts même si vos revenus diminuent ou disparaissent. Heureusement vous pouvez intervenir et demander un report de vos acomptes.

La solution la plus adaptée reste la voie dématérialisée. Il vous suffit de vous connecter, muni de vos identifiants au site impots.gouv.fr. Vous trouverez dans votre espace personnel la rubrique « Gérer mon prélèvement à la source » qui vous permettra d’accéder à la gestion de vos acomptes.

Un acompte mensuel peut être reporté au mois suivant et jusqu’à 3 fois pour une même année. S’agissant des acomptes trimestriels, vous n’avez droit qu’à 1 report par an. Toute demande réalisée avant le 22 de chaque mois est prise en compte le mois suivant. Par exemple, en reportant l’acompte du mois de mai, il sera dû en juin, en même temps que l’acompte du mois de juin.

Face à la pandémie, Bercy a même précisé que dans les situations les plus difficiles, il était possible de supprimer temporairement l’acompte. L’impôt reste dû, mais le paiement peut être différé. Une fois la conjoncture assainie, les contribuables pourront régulariser leur situation. Pour supprimer l’acompte, il vous suffit de cliquer sur l’onglet en rouge « Supprimer ». Comme les salariés, vous pouvez aussi demander une révision de votre taux pour ajuster vos impôts au plus juste.

Bailleurs : reportez vos acomptes

Les bailleurs subissent le même traitement fiscal que les commerçants ou les professions libérales. L’État ponctionne un acompte sur leur compte bancaire tous les mois (ou tous les trimestres) en fonction des derniers revenus déclarés. Malheureusement, si le locataire ne paie plus, le propriétaire bailleur continue à payer de l’impôt sur un loyer qu’il ne perçoit pas.

Heureusement, les bailleurs peuvent, tout comme les indépendants, ajuster à la hausse ou à la baisse leurs acomptes Pour cela, ils doivent suivre les mêmes formalités. L’administration recalcule alors automatiquement les acomptes (prélèvements sociaux inclus) en fonction de l’estimation des loyers que vous lui communiquez. C’est le cas également concernant vos revenus générés via Airbnb.

Si votre bien n’est plus destiné à la location, n’oubliez pas de l’indiquer dans votre future déclaration de revenus dans la case 4BN de la 2042. Vous éviterez ainsi les prochains acomptes.

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