L’offre locative montre quelques signes d’amélioration mais ne permet pas d’enrayer la spirale de hausse des loyers, avec de fortes disparités selon les villes.
Au printemps 2026, le marché locatif français donne l’impression de se stabiliser… mais les chiffres racontent une autre histoire. D’après le dernier baromètre publié le 20 avril par SeLoger, les loyers repartent à la hausse, progressant de 2,5 % sur un an. Une évolution d’autant plus notable qu’elle dépasse l’inflation, estimée à +1,9 % en mars 2026. Autrement dit, se loger coûte à nouveau plus cher, et plus vite que le reste du panier de consommation.
Cette dynamique intervient pourtant dans un contexte paradoxal. La demande locative recule sur un an (-16 %), mais demeure 42% supérieure à son niveau d’il y a 5 ans. En face, l’offre s’améliore légèrement, avec une hausse du stock de biens disponibles de 17 % sur un an. Mais ce rebond reste insuffisant pour détendre réellement le marché. “La tension sur le marché locatif reste élevée. Malgré un recul de la demande, les niveaux demeurent très au-dessus de ceux d'avant 2022, et le stock de biens disponibles reste structurellement faible. Les hausses de loyers que nous observons en sont la résultante directe”, analyse Alexandra Verlhiac, économiste chez SeLoger
L’anomalie parisienne
Cette tension se reflète particulièrement dans les grandes villes. À Paris, la situation se dégrade davantage. Les loyers y progressent de 3,5 % sur un an, soit plus rapidement que la moyenne nationale. Dans le même temps, le stock de biens disponibles recule encore de 15 % sur un an et… 67% depuis 2021, signe que la capitale reste un marché extrêmement contraint. “La tension reste plus forte qu’au niveau national”, note SeLoger.
En région, la situation apparaît plus contrastée. Certaines grandes métropoles bénéficient d’un léger regain d’offre, ce qui contribue à limiter la hausse des loyers. C’est le cas à Bordeaux, ville où les loyers ne progressent que de 1% sur un an et 5,1% en 5 ans. À Nantes, le stock de logement dépasse de +82 % son niveau de 2021.
Des prix du simple au double
A l’inverse, “le cas de Toulouse est particulièrement représentatif” insiste SeLoger. La quantité de logements disponibles a été divisée par deux en 5 ans, alors que la demande a “plus que doublé sur la même période”. A Nice, les loyers flambent de 5,4% sur un an, faute de logements disponibles. À Marseille, le “stock disponible” a dégringolé de -48 % depuis 2021 entraînant une hausse des loyers de 3,9 % en un an.
Comment ces chiffres généraux se traduisent-ils ? Au 1er avril 2026, sur la base d'un deux-pièces de 50 mètres carrés, la moyenne des loyers se situe à 858 euros par mois hors charges, soit 17,16 euros par mètre carré. A Paris, les prix doublent à 1 662 euros par mois (33,24 euros par mètre carré). A noter que plus le logement est petit, plus le prix au mètre carré est élevé. Un quatre-pièce sera proportionnellement deux fois moins chers (12 euros par mètre carré) qu’un T1 (24 euros).




