Catastrophes naturelles : l'ACPR annonce une flambée des primes d’assurance d’ici 2050

Publié le 05 mai 2021 par Antoine Fruchard 
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Des primes d’assurance habitation 130 à 200 % plus chères d’ici 2050 ? C’est ce que met en avant le dernier rapport de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution suite à un exercice pilote climatique réalisé sur 30 ans. L’ACPR met en garde : il est urgent de réagir.

Avec le réchauffement climatique, les catastrophes naturelles se font de plus en plus fréquentes, en France comme ailleurs. Preuve en est : les terribles inondations dans les Alpes-Maritimes en octobre dernier. Or, avec ce phénomène se pose la question du coût croissant de l’assurance habitation, aussi bien pour les sociétaires que pour les assureurs.

C’est dans ce cadre que l’ACPR a publié les résultats de son premier exercice pilote climatique sur 30 ans dont l’objectif est d’évaluer l’impact du changement climatique sur les risques financiers. Une étude menée avec la participation volontaire de “9 groupes bancaires et 15 groupes d’assurance”, tient à souligner Jean-Paul Faugère, vice-président de l’ACPR.

En savoir plus : Télécharger le rapport complet de l’ACPR.

Multiplication par 5 des sinistres climatiques d’ici 2050

Inondations, sécheresse, submersions marines… Ce sont les menaces climatiques sur lesquelles l’ACPR a concentré son étude. Et celle-ci, menée avec l’aide de la Caisse centrale de réassurance (CCR), indique une multiplication par 2 voire 5 des catastrophes naturelles sur le territoire français d’ici 30 ans, et ce, particulièrement dans le Sud-Ouest.

Problème, pour compenser cette sur-sinistralité, les établissements d’assurance comptent bien revoir leurs primes à la hausse. Celles-ci augmenteraient ainsi de 130 à 200 % d’ici 2050, soit une flambée de 2,8 à 3,7 % par an. Une dynamique extrêmement préjudiciable puisque “les risques ne seraient pas couverts et la frontière de l’assurabilité pourrait reculer”, alarme Jean-Paul Faugère, vice-président de l’ACPR.

Réagir face à l’urgence climatique

Face à ces résultats, les parties prenantes de l’étude appellent à une réaction. Pour Denis Beau, sous-gouverneur de la Banque de France, banques et assureurs “doivent amplifier dès aujourd’hui leurs actions en faveur de la lutte contre le changement climatique, en intégrant les risques induits par ce dernier dans leur processus d’évaluation des risques financiers”.

L’ACPR encourage elle aussi l’ensemble des acteurs concernés à s’emparer du sujet et à contribuer à l’élaboration de réflexions supplémentaires sur l’évaluation des risques climatiques. Dans ce contexte, de nouveaux stress-tests climatiques devraient être menés en France en 2023. Hors hexagone, la Banque d’Angleterre entend s’inspirer des travaux de l’ACPR pour mener sa propre étude cette année. Idem pour la Banque centrale européenne en 2022.

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