[Étude] - Une mutuelle santé qui pourrait augmenter de 2147 euros par an d'ici 2030 en raison de la croissance des risques pandémiques

Mis à jour le 6 janvier 2022 par Delphine Bardou 

L’Organisation mondiale de la santé rapporte que le changement climatique est responsable d’au moins 150 000 décès par an, chiffre qui devrait doubler d’ici à 2030. 

Maladies infectieuses liées à la prolifération des insectes, vagues de chaleur, asthmes et autres maladies respiratoires, fragilisation de la sécurité alimentaire, toutes ces problématiques sanitaires devraient s’accroître dans les prochaines décennies, avec l’augmentation des températures. 

Le réchauffement climatique, à l’origine de ces déséquilibres sur la biodiversité, va prendre de plus en plus d’ampleur à en croire les conclusions alarmantes du dernier rapport du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat) paru en Août 2021.

Or, les crises pandémiques ont un coût humain mais également financier comme observé pendant la crise du Covid. Les dépenses peuvent être significatives pour diverses parties prenantes : l’Etat, les assureurs et par conséquent les particuliers. La hausse des tarifs mutuelles se font d’ailleurs déjà sentir depuis la rentrée 2021.

Dans ce contexte, nous avons voulu appréhender l’addition future de tels phénomènes. Comment ces coûts vont-ils se répercuter sur le budget des ménages français ? 

Les analystes et experts de Réassurez-Moi se sont questionnés.

Pour ce faire, nous choisissons de nous placer dans 3 scénarios envisageables sur un horizon à 10 ans : le scénario optimiste (avec une augmentation des températures de +1,5 °C – Accords de Paris), le scénario alarmiste (+4°C) et le scénario intermédiaire. Ces scénarios sont basées sur l’étude du GIEC :

Scénario 1Scénario 2 Scénario 3
Nom scénario GIECSSP1 – 1.9SSP2 – 4.5SSP5 – 8.5
ActionsRéduction drastique des émissions de CO2Réduction sévère des émissions de CO2
Aucun effort consenti pour réduire les émissions de CO2

SourceVirage politique et social radicalPrise de conscience sérieuseNous continuons sur la tendance actuelle
ProbabilitéFaibleDifficile mais pas impossibleNiveau actuel
Evo Temp °C+ 1,5+ 2+ 4

Une augmentation des dépenses de santé de 173 milliards d’euros est attendue

Les risques pandémiques croissent avec l’augmentation des températures. Au niveau national et à horizon 10 ans, les maladies vectorielles pourraient croitre de +59% dans le scénario optimiste et de +71% dans le scénario catastrophe. Les soins et par conséquent les dépenses seront forcément impactées si un tel phénomène venait à se vérifier. Alors que les dépenses de santé s’établissaient à 208 milliards en 2009 selon l’INSEE, nous estimons qu’elles pourraient atteindre 382 milliards sur l’année 2030 dans le scénario 3, soit + 173 milliards d’euros versus 2019 :

Mais qui prend en charge ces coûts ? Ces dépenses sont supportées par différentes parties prenantes. A date, nous constatons la répartition suivante :

Ainsi, sur les 382 millards d’euros dépensés en 2030, les compagnies d’assurance devraient en supporter 53 millards.

In fine, que ce soit l’État ou les assurances, le budget des particuliers se cache toujours derrière.

Des disparités régionales sont attendues 

Les risques liés aux changements climatiques créeront des disparités inter-régionales. En effet, certaines zones seront plus exposées que d’autres à l’aggravation des risques sanitaires comme le montre la cartographie ci dessous :

Alors que la région Ile-de-France semble préservée, l’Occitanie verrait ses risques sanitaires croitre de + 126%, tout comme la Corse.

Des cotisations mutuelles qui pourront grimper de 2147 euros par an dans certaines régions 

Ainsi, en prenant en compte :

  • une augmentation des dépenses de santé et notamment celles concernant les assurances ;
  • les disparités régionales présentées ci dessus.

Les analystes de Réassurez-Moi ont étudié l’augmentation potentielles des cotisations mutuelles d’ici 2030 selon 3 profils (retraité, travailleur indépendant et famille de 4 personnes) par région.

Voici les résultats obtenus (nous nous positionnons dans le scénario catastrophe) :

Profil Retraité :

Profil Travailleur Indépendant :

Profil Famille de 4 personnes :

Ainsi, comme le montre les graphiques ci dessus, certains ménages verront leur cotisation de mutuelle santé augmenter drastiquement. Prenons l’exemple d’un profil retraité vivant en Corse par exemple, nous estimons que sa cotisation mensuelle en 2030 s’élèvera à 321 euros en moyenne, ce qui lui fera grimper la facture de 2147 euros par an pour une personne (en prenant la moyenne constatée à date). Ceci est l’augmentation la plus significative en France Métropolitaine. Les régions des DOM TOM quand à elles pourraient voir la facture grimper de 2576 euros par an.

Ainsi, nous sommes amenés à nous questionner.

À l’heure ou notre système de santé est endetté, et où les compagnies d’assurances voient leurs dépenses augmenter, conserverons-nous un équilibre sain ? Tous les français, même les plus modestes, accéderont-ils aux soins ? Seront nous tous égaux face à ces changements : parisiens, marseillais, retraités, asthmatiques, cardiaques ? Nous pouvons en douter…

Des réflexions mêlant Etat et compagnie d’assurances devront pour sûr être menées dans les prochaines années.

Notre méthodologie

  • Nos projections se sont appuyées sur 3 scénarios sur un total de 5 scénarios envisagés par le GIEC (le scénario optimiste, le scénario catastrophe, et le scénario médian). 
  • La croissance des dépenses de santé s’appuie sur une base de 2019 publiée par la DREES. Ces dépenses, après étude ont été scindées en 2 : les dépenses impactées par la croissance des maladies vectorielles, et les autres.
  • Un coefficient multiplicateur a été appliqué sur la première catégorie, coefficient dont la source s’appuie sur une étude de l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel) sur la croissance attendue des maladies vectorielles projetée sur 2050 que nous avons actualisé sur 2030. 
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