Réforme de l’assurance chômage : gouvernement et partenaires sociaux se rencontrent à nouveau mardi

Publié le 01 mars 2021 par Antoine Fruchard 
assurance chomage

Contestée, négociée, repoussée, depuis près de 2 ans, la réforme de l’assurance chômage, portée par la ministre du travail Élisabeth Borne, se profile. Mardi matin, gouvernement et partenaires sociaux se rencontrent à nouveau pour en discuter. Discussion qui s’annonce d’ores et déjà houleuse alors que les principaux syndicats français s’opposent à la réforme.

Demain matin 9 heures, la ministre du travail Élisabeth Borne rencontre une énième et supposée dernière fois les partenaires sociaux (5 organisations syndicales et 3 organisations patronales) afin de discuter de la réforme de l’assurance chômage. Après plusieurs mois de tractations, l’objectif de cette réunion est d’entériner une bonne fois pour toutes la réforme de façon à ce qu’elle entre en vigueur à l’été 2021.

Durcir les conditions d’affiliation au chômage

Initiée pour la première fois en juillet 2019 sous le gouvernement Édouard Philippe, le but de cette réforme était d’économiser entre 1 et 1,3 milliards d’euros par an en durcissant les conditions d’indemnisation chômage et en taxant le recours jugé « abusif » aux contrats courts. La réforme a depuis été maintes fois repoussée, notamment à cause de la Covid-19 et d’une conjoncture économique compliquée.

Mais, le gouvernement souhaite aujourd’hui faire avancer la réforme et, après plusieurs mois de concertations, entend proposer demain un décret en 4 points : modification de la durée d’affiliation pour ouvrir des droits au chômage (6 mois travaillés sur les 24 derniers mois, au lieu de 4 mois actuellement), dégressivité de l’allocation, taxation des contrats courts avec un système de bonus-malus et modification du mode de calcul de l’indemnisation chômage.

C’est notamment ce dernier point qui pose problème. D’après l’Unedic, « quatre allocataires sur dix, soit environ 850 000 personnes verront leur allocation baisser de 22 % en moyenne ». Une précarité jugée « inacceptable » par les organisations syndicales.

Face à la réforme, les syndicats font bloc

Une fois n’est pas coutume, les 5 principaux syndicats français (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et FO) se sont accordés dans un communiqué commun pour exprimer leur « profond désaccord » avec le « principe fondateur » de la réforme de l’assurance chômage. Une déclaration qui laisse présager des discussions difficiles demain matin. 

Malgré cela, le gouvernement reste motivé. Selon Élisabeth Borne, cette réforme de l’assurance chômage est « nécessaire pour lutter contre la précarité et dissuader les entreprises de recourir de façon excessive à des contrats courts ». Fin janvier, le gouvernement avait annoncé que l’entrée en vigueur de la réforme pourrait être conditionnée par un « retour à bonne fortune ». Autrement dit, sa mise en place évoluera en fonction de la santé du marché de l’emploi. Reste à savoir si cela suffira à trouver un accord demain.

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