Faut il prendre une assurance Mobile ? Annulation ? Vol ?

Le 08/10/2018

De la SNCF à EDF en passant par les opérateurs de téléphonie mobile, beaucoup de monde vend des assurances en complément de ses services ! Vol de carte bancaire, de chéquier ou de mobile, train raté, voyage annulé, facture impayée, canalisation éclatée… les assurances en tout genre prospèrent et prolifèrent. Le problème, c’est que toutes ces assurances cumulées finissent par avoir un coût considérable, que les Français sous-estiment. Les particuliers ont à l’esprit les gros contrats comme l’assurance habitation, la mutuelle et l’assurance auto. Ils perdent apparemment de vue une multitude de petites polices qui finissent par coûter cher sans toujours être indispensables, car souvent déjà couverts ! On vous explique :

 

Sachez déterminer l’utilité du contrat d’assurance

UFC-Que Choisir s’est déjà élevée contre le montant injustifié de certaines assurances incontournables, notamment les complémentaires / mutuelles santé. Selon une étude réalisée pour l’association par un cabinet spécialisé, le coût de la mutuelle d’un retraité de 65 ans est passé de 545 euros en 2001 à 1 039 euros en 2009, en moyenne. L’augmentation est liée aux désengagements successifs de l’assurance maladie, mais aussi à la hausse des résultats des mutuelles !
Selon les profils (jeunes ou âgés, actifs ou retraités), certaines cotisations pourraient aujourd’hui diminuer de 10 à 15 % sans compromettre l’équilibre du système.

C’est également vrai pour l’assurance emprunteur, un marché où les banques dictent leurs conditions aux clients. Ces derniers ont peu de chances d’obtenir un prêt s’ils refusent de souscrire l’assurance qui l’accompagne. Or, elle est en général peu attractive puisque, sur 100 euros de primes, la banque en garde 40 au titre des « bénéfices techniques et financiers », le tout pour une couverture plombée par les exclusions et les chausse-trappes.
L’assurance emprunteur du Crédit social des fonctionnaires (CSF), par exemple, prend en charge les mensualités du prêt en cas d’incapacité temporaire totale de travail, au « prorata de la perte de revenu ». Une clause qui ne doit pas lui coûter très cher, les fonctionnaires, qui constituent l’essentiel de sa clientèle, continuant à percevoir leur traitement de base pendant leur période d’incapacité…

À côté de ces contrats critiquables mais indispensables, il existe un vaste assortiment de petites assurances dont l’utilité est sujette à caution. Elles ne sont pas très chères, mais la sécurité qu’elles offrent est, au mieux, psychologique.
Cas typique, le contrat d’assistance voyage couvrant le rapatriement sanitaire. Le plus souvent, il est déjà compris dans le forfait que vous payez pour votre carte bancaire, type Visa ou Mastercard (de la même manière, l’assurance scolaire est souvent incluse dans la multirisque habitation). Une assurance couvrant l’annulation du voyage est un peu plus utile, mais elle comporte souvent une franchise assez élevée, de 20 à 50 % du prix du voyage.
Par ailleurs, à en croire les témoignages reçus à Que Choisir, il n’est pas toujours facile de se faire indemniser, certains voyagistes connaissant l’art et la manière de balader leurs clients !
Plusieurs voyagistes proposaient ainsi des couvertures annulation pour cause de virus H1N1 dès septembre 2009 ! Bel effet d’annonce masquant des franchises astronomiques. Chez Nouvelles Frontières, par exemple, elle représente 20 % du prix du voyage, avec un plancher de 100 euros. Faute du moindre élément concret sur l’ampleur de l’épidémie, les assureurs parent à toute éventualité. C’est dans la nature de leur métier.

 

 

Assurez-vous de bien lire les contrats d’assurance

Dans un sondage commandé par les Mutuelles du Mans et publié en mai 2009, les consommateurs évaluaient à 1 277 euros, en moyenne, le montant de leurs primes d’assurances annuelles. Or, selon une étude du cabinet Fact et Figures basée sur les résultats financiers des compagnies d’assurances, la dépense réelle serait plutôt de 2 270 euros par an…

Prenons un exemple : l’assurance des téléphones portables semble, elle aussi, bien souvent superflue. Facturée 2 à 10 euros par mois, elle est vendue par les opérateurs ou les distributeurs. Selon les opérateurs, beaucoup de clients y souscrivent, incités par des vendeurs de téléphone rémunérés à la commission. Les assurés lisent-ils, avant de signer, ces conditions générales qui imposent des franchises incompressibles de 50 euros, et qui excluent les vols sans violence ? Il est permis d’en douter.
Il est certain, en revanche, que l’assurance rapporte gros. La police a enregistré 156 600 déclarations de vols de mobiles en 2008 (elles sont en baisse de 10 %), pour 58 millions d’appareils en circulation. Un peu de calcul : si chacun de ces téléphones dérobés a été indemnisé à hauteur de 200 euros (ce qui serait considérable), les assureurs ont remboursé au maximum 31 millions d’euros en 2008. Mais si 10 % des abonnés sont assurés pour 3 euros par mois, ces mêmes assureurs ont encaissé 208 millions d’euros de primes. Soit une marge de 85 % sur l’assurance téléphones portables…
Enfin, il n’est pas impossible que votre contrat d’assurance habitation contienne une garantie téléphone ! Ce serait avoir une double assurance…

 

 

Vérifiez bien les exclusions de vos contrats d’assurance

Impossible de connaître la marge du contrat Doméo proposé par Veolia à ses abonnés, mais elle aussi doit être coquette. Pour 5,49 euros mensuels, Doméo couvre les interventions d’urgence sur les canalisations d’alimentation extérieure d’eau. Autrement dit, le tuyau qui va de votre compteur à votre maison. C’est peu. Le contrat stipule que Doméo rembourse jusqu’à « 3 000 euros TTC par an pour l’eau perdue », mais mentionne dans les exclusions de garantie « les coûts de l’eau perdue ». Selon le service clientèle de Doméo, il s’agit d’une « erreur sur un courrier ancien qui a été rectifié depuis longtemps ». Il a pourtant été reçu le 10 août 2009… Autre exclusion, celle-là sans ambiguïté, les dégâts causés par la fuite et la réfection des sols qu’il faudra défoncer pour faire les réparations. Les « dysfonctionnements du réseau d’eau » ne sont pas non plus couverts. Si votre canalisation lâche par surpression, par exemple, Doméo est inopérant. Mais qui, en dehors de Veolia, sait s’il y a eu ou non « dysfonctionnement » ? Il suffit donc au distributeur de prétendre qu’il a commis une erreur pour suspendre l’assurance.

EDF fait presque aussi fort avec Assurélec, une assurance qui prend en charge l’intégralité de vos factures d’électricité en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès. Elle coûte 2,33 % de la consommation annuelle. Interdit aux 65 ans et plus, Assurélec fonctionne seulement en cas de perte totale et irréversible d’autonomie ou d’incapacité temporaire totale de travail, avec un délai de carence de 90 jours. On est donc en présence d’ennuis de santé lourds, d’ordinaire longs à soigner. Or, la prise en charge des factures est limitée à douze mois ! Par ailleurs, Assurélec exclut les problèmes de dos (hors opération chirurgicale), les douleurs articulaires, les troubles neurologiques et les troubles psychiques. Il est vrai qu’ils sont difficiles à expertiser.
Mais le meilleur est à venir. EDF, ou plutôt son partenaire Cardiff, précise que « l’appréciation par l’assureur des notions d’incapacité temporaire totale de travail ou de perte totale et irréversible d’autonomie est sans lien avec la décision de la Sécurité sociale, du médecin du travail ou de tout autre organisme ». Autrement dit, personne, en dehors de Cardiff, ne sait ce que couvre Assurélec. Interrogée, EDF explique que le contrat est inspiré de l’assurance emprunteur… dont l’UFC-Que Choisir dénonce depuis longtemps les tarifs exorbitants et les exclusions trop rigoureuses ! Reprendre ces mêmes exclusions pour de simples factures d’électricité semble totalement démesuré. Assurélec devrait imiter DolceVita, son équivalent chez GDF. Il n’est peut-être pas parfait, mais il accepte les clients jusqu’à 85 ans, prend en charge les troubles psychiques ayant donné lieu à hospitalisation et explique sans ambiguïté la manière dont l’incapacité ou l’invalidité doivent être établies.

 

 

L’assurance proposée par les transports

Vendus à petits prix, les billets Prem’s de la SNCF ne sont ni échangeables ni remboursables, à moins de souscrire une assurance sur mesure. Elle ne coûte pas très cher : 2,60 euros par billet. L’option est précochée pour les Prem’s sur le site voyages-sncf.com, et les centaines de milliers de voyageurs qui y souscrivent chaque année le font probablement sans lire les détails du contrat. À tort, car il contient des perles. Vous serez, par exemple, indemnisé si un accident ou un problème de transport en commun vous a fait rater votre train, à condition d’avoir pris vos dispositions pour vous trouver à la gare… une heure avant le départ. Incompréhensible, dans la mesure où la SNCF recommande officiellement aux voyageurs d’arriver 20 minutes à l’avance, afin d’éviter l’encombrement des gares ! En cas de souci, vous devez vous signaler auprès de voyages-sncf.com uniquement par Internet, et dans le délai maximal de 60 minutes après l’heure de départ du train que vous avez raté. Si vous êtes coincé avec vos valises sur les bras, sans ordinateur équipé d’un accès Wi-Fi, tant pis pour vous. Sans parler de quelques zones de flou dans le contrat. Les annulations pour cause « d’émeutes » dans la ville de destination sont acceptées, mais les « mouvements populaires » sont exclus. Comprenne qui pourra.
Sollicité sur les bizarreries de son contrat, Voyages-Sncf.com a fait amende honorable et promis de réécrire ses conditions générales très rapidement. Le délai de signalement devrait être porté à 24 heures au lieu d’une heure, et il suffira d’avoir pris ses dispositions pour arriver à la gare une demi-heure avant le départ pour être indemnisé en cas de problème.

Banquiers, voyagistes, opérateurs de téléphonie ou fournisseurs d’énergie ont beau jeu de faire valoir « qu’on ne sait jamais ». Questionné, chacun jure d’ailleurs que son assurance rembourse de nombreux sinistres, qu’elle lui rapporte peu, quand elle ne lui coûte pas. Personne, pour autant, ne communique le chiffre qui mettrait fin à la discussion : le ratio prestation/cotisation. Combien d’euros remboursés pour cent euros encaissés ?
L’hebdomadaire Marianne du 29 août dernier a produit à cet égard un document édifiant. Il s’agit d’une note interne du Crédit agricole datant de 2007, qui détaille la rentabilité de Sécuricompte. Cette assurance coûte 2 euros par mois et permet de racheter la franchise de 150 euros due par le client en cas d’usage frauduleux de sa carte de paiement (au-delà de cette somme, les remboursements sont pris en charge par le GIE carte bancaire). À en croire la note, pour 194,5 millions d’euros de cotisations encaissés en une année, le Crédit agricole avait remboursé seulement 8 millions d’euros de sinistres, soit un taux de rentabilité de 95 %. Les conditions générales de Sécuricompte ne recèlent pas pour autant de mauvaise surprise. Les clients surestiment simplement le risque de se faire voler leur carte ou leur chéquier.

 

 

Bien choisir son contrat d’assurance habitation

L’assurance habitation est née pour couvrir les risques lourds : incendie, dégâts des eaux, vol à votre domicile… Elle est donc obligatoire pour tous les locataires et très conseillée pour les propriétaires, selon qu’ils habitent leur logement ou non.
L’intérêt de cette assurance, c’est qu’elle est composée de garanties qui couvrent les dommages que vous pourriez causer à autrui (c’est la garantie de l’assurance habitation Responsabilité Civile), mais aussi qu’elle peut couvrir, via l’ajout de certaines garanties d’assurance habitation, une multitude de situations à risques.
Ainsi, en cas de sinistre concernant nombre de domaines (téléphone, scolaire…), vous ne pourriez avoir à contacter qu’un seul assureur (et donc à n’avoir qu’un seul contrat d’assurance)

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