Raphaël Vullierme de Luko : pour une assurance habitation 100 % digitalisée et éthique

Publié le 02 octobre 2020 par Antoine Fruchard 

Nous nous sommes entretenus avec Raphaël Vullierme, CEO et co-fondateur de Luko, néo-assureur lancé en 2016, spécialisé dans l’assurance habitation. Leur créneau : dépoussiérer le secteur en proposant un parcours entièrement digitalisé, de la souscription du contrat habitation, à sa gestion.

raphael vullierme

Bonjour M. Vullierme, vous êtes CEO et co-fondateur de la start-up Luko. Pouvez-vous nous en parler ?

Bonjour, en effet j’ai co-fondé Luko en 2016 avec Benoît Bourdel, CTO. Au commencement, Luko produisait des capteurs permettant de suivre sa consommation énergétique et de détecter les anomalies. Nous commercialisions ces capteurs auprès des compagnies d’assurance et notre ambition était de rendre la domotique accessible et d’aider les gens à être bien chez eux, en commençant par mieux les protéger.

Mais nous avons vite compris que nous pourrions protéger bien plus efficacement les foyers e proposant notre propre assurance habitation, que nous avons lancée en 2018.

Luko se présente comme une néo-assurance. Quel est son « plus » face aux assureurs ayant davantage d’ancienneté ?

Contrairement au secteur bancaire, l’assurance n’est pas encore entrée dans le 21ème siècle. Bien souvent, il faut encore se rendre dans une agence physique pour souscrire un contrat et, quand la souscription se fait en ligne, c’est au moment de déclarer un sinistre qu’il faut envoyer… un courrier recommandé.

Nous avons donc entrepris de digitaliser l’assurance habitation, de la souscription du contrat au remboursement en passant par la déclaration de sinistre : il suffit de 2 minutes pour souscrire en ligne et par la suite, la gestion du contrat se fait également entièrement en ligne.

L’application mobile quant à elle permet de déclarer son sinistre en vidéo, de faire une visio-expertise si besoin et de suivre l’avancée de son dossier.

luko

Pouvez-vous nous en dire plus sur la répartition des primes d’assurances chez Luko ?

Quand un assuré verse sa cotisation, nous en prélevons 30 % pour financer nos frais de gestion (nos locaux, le service client, nos salaires ou encore, nos coûts de R&D). Les 70 % restants sont placés dans un pot commun à tous les assurés et servent exclusivement à rembourser les sinistres.

Ainsi, les assurés savent où va leur argent et comment il est utilisé : c’est totalement transparent. Et surtout, cela change radicalement du fonctionnement des assurances traditionnelles, qui font du profit en plaçant les cotisations des assurés sur les marchés. Difficile dans ces compagnies de savoir comment sont utilisées les primes d’assurances, d’autant plus que ces assureurs se retrouvent en plein conflit d’intérêt car rembourser leurs assurés nuit à leur profit.

Une formule inédite permet à Luko de redistribuer une partie de l’argent non-utilisé en vue de rembourser les sinistres au bénéfice d’associations. Pouvez-vous nous en parler ?

Bien sûr, ce système s’appelle le Giveback. Concrètement, tout au long de l’année, nous indemnisons nos assurés lorsqu’ils ont un pépin, en prélevant dans le pot commun destiné au remboursement des sinistres (les fameux 70 %). À la fin de l’année, nous faisons les comptes : s’il reste de l’argent dans cette cagnotte après avoir remboursé tous nos assurés, nous le reversons aux associations qu’ils ont choisies.

Pourquoi choisissez-vous d’utiliser ces bénéfices ainsi ?

Pour deux raisons. La première, c’est que le secteur de l’assurance souffre d’un manque criant de transparence et de confiance. Nous avons décidé de mettre en place le mécanisme du Giveback pour pallier cela. En fonctionnant sur ce modèle, nous n’avons aucun intérêt à mal rembourser nos assurés car dans tous les cas, l’argent ne va pas dans notre poche à la fin de l’année. C’est une manière de mettre fin au conflit d’intérêt dans lequel se trouvent de nombreuses compagnies d’assurances aujourd’hui, et de garantir à nos clients qu’ils seront remboursés correctement et rapidement.

La seconde raison, c’est que ce modèle nous permet d’avoir un impact positif sur la société. Cela fait partie intégrante des valeurs que nous souhaitons transmettre. Notre engagement éthique n’est pas qu’une déclaration de bon sentiments, il est gravé dans notre modèle économique, et c’est la preuve qu’il est possible d’allier croissance et impact !

Comment faites-vous pour rester compétitif, en ayant les frais de gestion les plus bas du marché, tout en assurant proposer des garanties qui protègent au mieux les assurés ?

Il faut savoir que les frais de gestion ne reflètent pas le niveau de service mais les frais de fonctionnement d’une entreprise. Nous avons choisi d’être entièrement en ligne car cela nous permet d’être plus efficace, de mieux répondre aux besoins de nos clients mais aussi car ne pas avoir d’agence physique nous permet d’avoir une structure de coûts beaucoup plus légère. Et cela se ressent sur les frais de gestion qui s’en trouvent réduits.

En plus de cela, nous mettons à profit le meilleur des technologies à notre disposition aujourd’hui pour être encore plus compétitif. Par exemple, l’expertise en visio-conférence nous évite de devoir faire déplacer un expert sur place, et nous permet de proposer un rendez-vous à nos assurés beaucoup rapidement, ce qui accélère considérablement la gestion de leur dossier.

Avez-vous déjà pu déterminer un profil type de l’assuré Luko ?

À notre lancement, nous avons suscité la curiosité de nombreuses personnes plutôt urbaines et locataires, intéressées par les nouvelles technologies et le monde des start-ups. Naturellement, le bouche à oreille a fait qu’une grande partie de nos assurés collent à ce profil.

Malgré tout, au fil de notre développement, notre assurance a su séduire un public plus varié et le profil type de l’assuré Luko est maintenant autour d’une personne de 35-40 ans, vivant en agglomération ou proche agglomération, souvent propriétaire.

Comptez-vous développer d’autres produits d’assurances ?

L’ambition de Luko est d’être un expert du foyer. Nous souhaitons aider nos assurés à être bien chez eux, à rendre leurs maisons plus responsables tout en ayant la tranquillité d’esprit d’être bien accompagné en cas de pépin. Nous avons déjà diversifié nos produits en lançant par exemple une assurance pour les propriétaires non occupants, et d’autres assurances dans la verticale du foyer sont prévues.

Le marché international est-il dans les projets ?

Je précise ce que j’ai dit tout à l’heure : l’ambition de Luko est d’être un expert du foyer en Europe.

D’une certaine manière, Luko a déjà un pied à l’international car nous sommes une des seules assurances habitation en France à avoir traduit intégralement notre site en anglais. Cela nous permet de toucher une clientèle d’étrangers anglophones résidant en France.

La prochaine étape est donc d’aller chercher de nouveaux clients directement à l’étranger, et c’est prévu pour 2021 : nous allons lancer Luko dans 2 nouveaux pays mais pour savoir lesquels, il faudra suivre l’actualité de Luko !

Merci Raphaël Vullierme pour le temps que vous nous avez accordé, très bonne continuation !

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